‹ ŒuvresChapitre 105 sur 336 · CHAPITRE ry · texte numérisé non relu

CHAPITRE ry

Qes lois sompQiakes dans les monarchii..

« Les SuipnSy nation germanique, rendent hon- « nçur aux nchesses, dit Tacite ', ce qui &it qu'ils « vivent sous le gouvernement d'un seul. » Cela signifie bien que le luxe est singulièrement propre aux monarchies, et. qu'il n'y faut point de lois somptuaires.

Comme, P^r*îf^ constitution des monarchies, les richesses y sont inégalement parts^ées, il Wt bien qu'il y ait du luxe. Si les riches n'y^dépensent pas beaucoup, les pauvres mourront de faim; il faut même que les riches y dépensent à proportion de l'inégalité des fortune^^ et que, comme nous avons dit, le luxe y augmente dans cette proportion. Les richesses particulières n'ont augmenté que parce qu'elles ont ôté à une partie des citoyeil^ le nécessaire physique ; il faut donc qu'il leur soit rendu.

Ainsi, pour que l'état monarchique sç sou,1iennç> le luxe doit aller en croissant, d^ l^bouretir à l^rtisan , au négociant, aux nobles , ^ux magistrats , aux grands seigneurs, aux traitants principaux, aux princes, sans quoi tout seroit perdu.

' De moribns GcrmanoFum.

igS DE l'esprit dés lois.

Dans le sénat de Rome^ composé de graves ma gistrats, de jurisconsultes^ et d'hommes pleins dh ridée des premiers temps , on proposa, sous Auguste, la coirection des morars et du* luxe des femmes. Il est curieux de voir dans Dion ' avec quel art il éluda les demandes importunes de ces sénateurs, Cest qu'il foncloit une monarchie et dîssolvoit une république.

Sous Tibère, les édiles proposèrent dans le sénat le rétablissement des anciennes lois soinptuaires*. Ce prince, qui avoit des lumières, s'y opposa, ce L'état ne pourroit subsister, disoit-il, 4c dans la situation où sont le; choses. Comment a Rome pourroit-elle vivre ? comment pourroient a vivre les provinces? Nous avions de la frugalité ce lorsque nous étions citoyens d'une seule ville, a aujourd'hui nous consommons les richesses de « tout l'univers; on fait travailler pour nous les « maîtres et les esclaves. » Il vbyoit bien qu'il pe falloit plus de lois somptuaires.

Lorsque , sous le même empereur, on proposa au sénat de défendre aux goùvei^neurs de mener leurs femmes dans les provinces, à cause des dérèglements qu'elles y apportoient, cela fût rejeté. On dit « que les exemples de la dureté des an- <c ciens avoient été changés en une façon de vivre

* Dion Cassias, liv; lit.

■ Tacite, Annal, , Ht. iti.

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