‹ ŒuvresChapitre 106 sur 336 · LIVRE VII, GHAPITRE V, JO · texte numérisé non relu

LIVRE VII, GHAPITRE V, JO

« plus agréable ', » On sentit qa'îl Éalloit d'autres

mœurs. .

Le luxe est donc nécessaire dan^i les états pio-

narchiques; il l'est encore dans les états despo-. tiques. Dans leà premiers, c'est un usage que l'on fait de ce qu'on possède de libertéj dans les autres, c'est un abus qu'on fait des avantages de sasiervitude, lorsqu'un esclave choisi par son maître pour tyranniser ses iiutres enclaves, incertain pour le lendemain de la fortune de chaque jour, n'a d'autre félicité que' celle d'assouvir Forgueil ^ Jes désirs, et les voluptés de chaque jour.

. Tout ceci mène à une réflexion. Les répuUiques finissent par le luxe; les mquarchies par la pauvreté ». ; ^

CHAPITHE V.

Dans quels cas les lois somptiiaires sont utiles d^ns une

monarchie.

Ce fut dans l'esprit de la république, ou /(Jans quelques cas particuliers, qu'au ipilieu du treç^ièq%e siècle on fit, en Aragon, des lpis;.so{np|;t|^^. Jacques I" ordonna que le roi, ni aucun de ses sûr

' Multa dnsitiei yeterum meliatf et latins muuta. Tacher Annal, , liv. iir.

< Opulentia parhura mox egestatem. ï^loriu » lib. m.

aOO DE L^ESPRIX DES LOIS;

jets ne pourroient manger plus de deux sortes de viandes à chaque repas, et que chacune neseroit préparée que d'une seule manière , à moins que ce ne fut du gibier qu'on eûtrtué ^oi-même '..

On a fait aussi de nos jours , en Suède , des lois somptuaires; mais elles ont un objet différent de celles d'Aragon.

Un état p^ut faire des lois somptuaires dans l'objet d'une. frugalité absolue; b'est l'esprit des lois somptuaires des républi^^ues ; et la nature de Ja chose fait voir que ce fut l'objet de celles d'^ra^g^a.

Les lois somptuaires peuvent avoir aussi pour objet une frugalité relative, lorsqu'un état, sentant que des marchandises étrangères d'un trop haut prix demanderoient une telle exportation des siennes qu'il se priveroit plus de ses besoin^ p^r celle-ci qu'il n'en satisferoit par celle-là , en défend absolument l'entrée ; et c'est l'écrit des lois que Ton a Élites, de nos jours , en Suède '. iÇè spnt les seules lois somptuaires qui conviennent aux monarchies.

En général , plus un état est pauvre , plus il es ruiné par son luxe relatif, et plus par conséquent il lui iaut de lois somptuaires relatives. Plus un état est ricte, plus son Juxe relatif l'enrichit; et

« Gonititmion de Jacques I"", de Tan i»34, art. vi, daxu Afcrca kispanica, pag. 14^9.

? On a défendu les rlns exqaîs et antres marcbandisfes |irédeuses.

uiTHs vu y GHAPiraE VI. ao I

il laut bien se garder d'y Ëdre des lois aojofiptuaires relatives. Nous expliquerons mieux ced dans le livre sur le. commercé '. Il n'est ici question que du hixe sdisolu.

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