‹ ŒuvresChapitre 126 sur 336 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De ta corriiptton dti principe de la motiarcliie.

Comme les démocraties se perdent lorsque le peuple dépouille le sénat, les magistrats: et }es juges, de leurs fonctions, les monarchies se corrompent lorsqu'on ôte peu à peu les prérogatives des corps ou les privilèges deâP^villes. Dans le premier cas on va au despotisme dé toiis, dans Tautre au despotisme d'un seul^

« Ce qui perdit le$ dynasties de Tsin et de Souï, « dit un auteur chinois, c'est qu'au lieir dé setôrner, ce comme les anciens^ à une inspècition générale, « seule digne du souverain, les princes voulurent « gouvemertoiltimniédiatementpar ëiix-^mêmes '.i> L'auteur chinois nous donne ici la cause de la corruption de presque toutes les monarchies.

La monarchie se perd lorsqu'un prince croit qu'il montre plus sa puissance en changeant Tordre des choses qu'en le suivant; lorsqu'il ôte les fonctions naturelles des uns pour les donner arbitrairement à d'autres , et lorsqu'il est plus amoureiix de ses fantaisies que de ses volontés.

La monarchie se perd lorsque le prince ^ rappop-

' Compilatioii d'ouvrages faiu sous les Ming, rapportés par lepère Du Halde.

aaS DE l'esprit des lois.

tant tout unic|uemént à lui, appelle l'état &.8a ca»

pitale y là capitale à sa cour , et sa cour à sa seul«

personne.

Enfin elle se perd lorsqu'un ^prince mécoimolt son autorité y sa* situation , l'amour de ses peuples, et lorsqu'il ne sent pas bien qu'un monarque doit se jilger en sûreté , comme un despojfce doit se ctoitê en péril. ,

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