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CHAPITRE XI

Effets naturels de là bonté et de la corruption des principes.

liorsque les principes <lu gouvernement sont une fois corrompus ^ les meilleures lois devîénnenl mauvaises et se tournent contre Fétat; lorsque les principes en sont sains., les ^mauvaises ont» l'effet des bonnes : la force du prinèipe entraihe tout.

Les Cretois, pour tenir les premiers magistrats dans la dépendance des lois, employoientun moyen bien singulier ; c'étoit celui de f insurrection. Une partie des citoyens se soulevoit * , mettoit en faite les magistrats, et les obligeoit de rentrer dans la condition privée. Cela' étoit censé Êiit en conséquence de la loi. Une institution pareille , qui établîssoit la sédition pour empêcher Tabus du pouvoir, sembloit devoir renverser quelque république que ce fut : elle ne détruisit pas celle de Crète. Voici pourquoi *.

Lorsque les anciens voulaient parler d'un peuple qui avoit le plus grand aniour pour la patrie, ils citoient les Cretois. La .patrie, disoit Platon ^, nom

' Aristote. Politique, liy. ii, chup. x.

* On se réonissoit toujours d'abord contre les ennemis du dehors , ce qui s'appeloit syncrétisme, "PluXarqoidf Moral. , pag. 88.

* République, \iY. tx.

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