‹ ŒuvresChapitre 133 sur 336 · CHAPITRÉ XII · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ XII

Continuation du même sujet

On prenoit à Xtonje les juges dans l'ordre' des sénateurs. Les Gracques transportèrent cette prérogative aux chevaliers. Dnisus la donna aux sénateurs et aux chevaliers; Sylla aux sénatevirs seuls; Cotta ^ux sénateurs , aux chevalier^ et aux trésoriersde l'épargne. César exclutces derniers. Antoine fit des décuries de sénateurs , de dhevaliers et de centurions.

Quand une répiibUque est (^orrpmpue, on ne peut remédier à aucun des maux qui naissent qu'en ôtant la corTilption et en rappelant les prin* cipes : toute autre correction est ou inutile ou un nouveau mal. Pendant que Rome conserva ses principes^ les jugements purent être, ssms abus entre les mains des sénateurs ; mais quand elle fut corrompue y à quelque cdrps que ce fut qu'on transportât les jugements , aux sénateurs , aux chevaliers, aux trésoriers de l'épargne, à deux de ces corps, à tous, les trois ensemble, à quelque autre corps que ce fut, on étoit toujours mal. Lés chevaliers n'avoient pas plus de vertu que les sénateurs, les trésoriers de l'épargne pas" plus que les chevaliers , et ceux-ci aussi peu que les centurions.

^a36 ' DE l'esprit dbs. loi».

X^orsque le peuple de • Rome eut obtenu qu'il fturoit part aux magistratures patriciennes, il étoit naturel, de penser que ses flatteurs alloient être les arbitres du gouvernement. Non : Ton vit ce peuple, qui rendoit les magistratures communes^ aux plébéiens, élire toujours des patriciens. Parce qu'il étoit vertueux, il étoit magnanime; parce qu'U étoit libre, il dédaignoit le pouvoir. Mais lorsqu'il eut perdu ses principes, plus il eut de pouvoir moinsr il eut de ménagement ;. jusqu'à ce qu'enfin, devenu son propre tyran ètson^propre esclave, il perdit la force de la liberté pour tomber dans la foiblesse de la licence.

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