‹ ŒuvresChapitre 148 sur 336 · LIVRE IX, CUAPITIIK TI. aSy · texte numérisé non relu

LIVRE IX, CUAPITIIK TI. aSy

Mais lorsqu'un vaste état, tel que la Perse , est attaqué, il faut plusieurs mois pour que \e^ troupes dispersées puissent s'assembler; et oh rie force pas leur marche pendant tant de temps, comme on fait pendant quinze jours. Si l'armée qui est sur la frontière est battue , elle est sùrenient dispersée , parce que ses retraites ne sont pas prochaines. L'armée victorieuse , qui ne trouve pas de résista;iice , s'avance à grandes journées , pàroit devant la capitale et en forme le siège , lorsqu'à peirië les gouverneurs des proîviiiCes peuvent être avertis d'envoyer du secoiirs. Ceut qui jugfetit là révolution prochaine^ la hâtent en n'obéissant pas ; car des gens fidèles, uniquement parc€i que là punition est proche, né lé sont plus dès qu'elle est éloignée; ils travaillent à leurs intérêts particuliers. L'empiré se dissout, la capitale est prise, et le conquérant dispute les provinces avec les gouverneurs.

La vraie puissance d'un prince ne consiste pas tant dans la facilité qii'il y a à conquérir que dans la difficulté qu'il y à à l'attaquer, et, si j'ose parler ainsi, dans l'immutabiUté de sa condition. Mais Tagrandissement des états leur &it montrer de nouveaux côtés par où on peut les prendre.

Ainsiy comme les monarques doivent avoir de la sagesse pour augmenter leur puissance , ils ne doivent pas avoir moins de prudence afin de là

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a 58 BK l'esprit des lois.

borner. En faisant cesser les inconvénients de la petitesse, il faut qu'ils aient toujours l'œil sur les inconvénients de la grandeur.

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