LIVRE xi , ' CHAPlTIiB XI
roïques, les trois pouvoir» ^toient mal distribués. Ces monarchies ne pouvoient Subsister : car 'dès que le peuple aVoit la législation, il poiivoit au moindre câpricQ anéantir la royauté , comme il fit parto^ut.
Chez un peuple libre et qui avoit le pouvoir législatif; chez un peuple renferijié dans une ville, où tout ce qu'il y a d'odieux devient plus odieux encore ,. le chef-d'oeuvre de la législation est de savoir bten placer la puissance de juger.*Mais elle ne le pouvoitétre plus mal que dans les mains de celui qui avoit déjà la puissance exécutrice. Dès ce moment le monarque deyenoit terrible; mais en même temps , comme il n'avoit pas la législation , il ne pouvoit pas se défendre contre la législation; il avoit trop dé pouvoir, et il n'en avoit pa^ assez.
On n'avoit pas encore découvert que la vraie fonction du prince étçit d'établir des juges, et non pas déjuger lui-même. La politique contraire rendit le gouvernement d'un seul insupportable* Tous ces rois furent chassés. Les Grecs n'imaginèrent point la vraie distribution des trois pouvoirs dans le gouvernement d'un seul; ils ne l'imaginèrent <Jue dans le gouvernement de plusieurs, et ils appelèrent cette sorte de constitution police *. >
« Voyez Aristote, PolU,^ Hv. ir, chap. tiii.
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