LIVRE ;^I, CHAPITRE XVII. 33 ï
Rome y dont la passion étoU de commander, dont râmbition éloit de tout soumettre, qui avoit toujours usurpa, qui^usurpoit encore , avoit côntinuclleinent de grandes affaires; ses ennemis conjuroient contre elle/ ou elle conjuroit contre ses ennemis. ' ' .
Obligée de. se conduire d'un côté avec un cpu- ' r^ge héroïque , et de Tautre avec une. sages9e consommée, l'état des choses demandoit que le sénat ei^t la direction des affaires. Le peuple disputait au sénat toutes les branches de la puissance législative, parce qu'il étoit jaloux dé sa liberté; il iie lui. disputoit point les branches de la puissance exécutrice, parce qi^'il étoit jaloui^ de sa gloire.
La part que le sénat prenoit à la puissance exécutrice étoit si grande , que Polybe ' dit que les étrangers pensoient tous que. Rome étoit une ans-
tocr^tie. Le sénat disposoit des deniers publics et donnoit les revenus à ferme; il étoit l'arbitre des affaires des alliés ; il déèidoit ^e la guerre et de la paix , et dirigeoit à cet égard les consuls ; il fixoit le nombre des troupes romaines et des troupes alliées, distribuoit les provinces et les armées aux consuls ou aux préteurs, et l'an du commandement expiré, il pouvoit leur donner un succes- . seur; il décemoit les triomphes; il recevoit les
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ambassades, et en envoyoit; it.nommoît lés rois,
les récompensoit, les punissoit ^ les jugeoit^ leuv dbnnoit ou leur faisoit perdre le titre d'alliés du peuple romaine
Les consuls fais<t>ien€ la levée des troupes qu'ils dévoient knener à la guerre ; ils commandoieiit les armées de terre on de mèr^'disposoientdés aUiés; ils Sivorent dans les provîntes toute la puissance de là république; ils dotmoient la paix^ aux peuples vaincus , leur eç iàiposèrent Tes conditions , ou les renvôyoient au sénat.
Dans les premiers temps , lorsque le peuplé pte^ noit quelque part aux affaires de la guerre ^t de la paix, il exerçoit plutôt sa 'puissiance législative que sa puissance exécutrice : il ne faisoit guère que confirmer ce que les rois , et après eux les consuls ou lé sénat, avoîent Êiit. Bien loin que le peuple £ut l'arbitre de la guerre , nous voyons que les consuls ou le sénat la faisoient souvent malgré ToppositioM: de ses tribuns. Mais, dans l'ivresse des prospérités, il augmenta sa puissance exécu* trice. Ainsi ' il créa lui-même les tribuns des légions, que les générai^x ay oient nommée jusqu'alors; et, quelque temps avant la première guerre
>-L'«a deiloi^444. Tit«-Live» f Déca^^,\xf.v^. La gaerre coBtre Pentée paroûsant périlleuse, ua iéixatai-coBsnhe ordonna que cette loi sèroit lospendue, et le peuple y consentit. t*ite-Liye, 5" Décade f liv. ii.