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CHAPITRE X

Que la grandeur des tributs dépend de la nature

du gouvernement.

Les tributs doivent être très légers dans le gouvernement despotique. Sans cela, qui est-ce qui voudroit prendre la peine d'y cultiver les terres? et de plus, comment payer de gros tributs dans un gouvernement qui ne supplée par rien à ce que le sujet a donné ?

Dans le pouvoir étonnant du prince et l'étrange foiblesse du peuple , il faut qu'il ne puisse y avoir d'équivoque sur rien. Les tributs doivent être si faciles à percevoir et si clairement établis, qu'ils ne puissent être augmentés^i diminués par ceux qui les lèvent : une portion dans les fruits de la terre, une taxe par tête, un tribut de tant pour cent sur les marchandises , sont les seuls convenables.

Il est bon, dans le gouvernement despotique, que les marchands aient une sauvegarde personnelle , et que l'usage les fsisBe respecter ; sans cela ils seroient trop foibles dans les discussions qu^îls pourroient avoir avec les officiers du prince.

LIVBE XlIIy CHAPITRK XI. 4^^

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