‹ ŒuvresChapitre 25 sur 336 · LIVRE m y GHAPiniE III · texte numérisé non relu

LIVRE m y GHAPiniE III

trésor public ; . mais pour lors le trésof public devient le patrimoine des particuliers. La republi<jue est une dépouille; et sa force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous.

Athènes eut dans son sein les mêmes forces pendant qu'elle doinina iivèc tant de gloire , et pendant qu'dUe servit avec tant de honte. Elle avoit vingt mille citoyens* lorsqu'elle défendit les Grecs contre les Perses , qu^elle disputa l'empire à Lacédémone , et qu'elle attaqua là Sicile ; elle en avoit vingt mille lorsque Démétrius de Phalère les dénombra^ comme dans un marché l'on compte les esclaves. Quand Philippe osa dominer dans la Grèce , quand il parut aux portes d'Athènes ^^ elle n'avoit encore perdu que le temps. On peut voir dans Détnosthène quelle peine il fallut pour la réveiller : on y craignoit Philijppe, non pas comme l'ennemi de la liberté, mais des plaisirs^. Cette ville j qui avoit résisté à tant de défaites , qu'on avoit vue renaître après ses destructions j fut vaincue à Chéronée, et le fut pour toujours. Qu'importe que Phflippe renvoie tous les prison-

' Platarqae , in PericU ; Platon , in Critia,

* Il s*y trouva !|i,ooo citoyens, ^0,000 étrangers» 4oo,6oo es' claves. ^oy«z Athénée, liv. VI.

3 Elle avoit aoyooo citçyens. ^cyez Démoathène , in jâristog,

4 Ils avoient fait une loi pour punir de 'mort celui qui propoMKoit de convertir aux usages de la guerre l'argent destiné pour les théâtres.

64 i>B l'esfrit des lois.

niers? fl ne renvoie pas des hommes ; il étoit toujours aussi aisé de triompher des forces d'Athènes qu'il étoit difficile de triompher de sa vertu.

Comment Carthage auroit-elle pu se soutenir? Lorsque Annîbal , deyenu préteur, voulut empê* cher les magistrats de piller la république , n'allèrent-ils pas l'accuser «devant les Romains ? Malheureux , qui vouloient être citoyens sans qu'il y eût de cité, et tenir les richesses de la main de leurs destructeiu^ ! Bientôt Ronfé leur demanda pour otages trois cents de leurs principaux citoyens ; elle se fit livrer les armes et les vaisseaux, et .ensuite leur déclara la guerre. Far les- choses que fit le désespoir dans Carthage désarmée ' , on peut juger de ce qu'elle auroit pu £sure avec sa vertu lorsqu'elle avoit ses forces.

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