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CHAPITRE IL

Cbmbien les hommes sont différents dans les divers climats.

L'air froid ' resserre les extrémités des fibres extérieures de notre corps; cela augmente leur i*essorty et favorise le retour du sang des extrémités vers le coBin* : il diminue la longueur * de ces mêmes fibres; il augmente donc encore par là leur

> Cela paroît même à la yue : dans le froid on paroîtplus irinigre*

* On sait qu'il racconrcit. le fer.

4l20 DE l'esprit des LOIS.

force. L'air chaud au confire relâche les extré^ mités des fibres et les allonge; il diminue donc leur force et leur ressort.

On a donc plus de vigueur dans les climats froids. L'action du cœur et la réaction des extrémités des fibres s'y font mieux , les liqueurs sont mieux en équilibre , le sang est plus déterminé vers le cœur^ et réciproquement le cœur a plus de puissance. Cette force plus grande doit produire bien des effets; par exemple, plus de confiance en soi-même , c'est-à-dire plus de courage ; plus de coniioissance de sa supériorité , c'est-à-dire moins de désir de la vengeance; plus d'opinion de sa sûreté, c'est-à-dire plus de franchise, moins de soupçons, dp politique et de ruses : enfiin cela doit Eure des caractères bien différents. Mettez un homme dans un lieu chaud et enfermé; il souffrira, parles raisons que je viens de dire , une dé- Êdllance de cœur très grande. Si dans cette circonstance on va lui proposer une action hardie, je crois qu'on l'y trouvera très peu disposé; sa foiblesse présente mettra un découragement dans son ame : il craindra tout , parce qu'il sentira qu'il ne peut rien« Les peuples des pays chauds sont timides comme les vieillards le sont ; ceux des pays froids sont courageux comme le sont les jeunes gens. Si nous faisons attention aux dernières '

' Celles pour la tuccestion d'Espagne.

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