‹ ŒuvresChapitre 42 sur 336 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De Uéducadon dans le gouyemement républicain. ^'' "^

C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation. La crainte des gouvernements despotique$ naît d'ellemême parmi les menaces et les châtiments ; l'bonheur des monarchies est favorisé par les passions , et les favorise à son tour : mais la vertu politique * est un renoncement à soi-même, qui est toujours une chose très pénible.

I On peut définir cette vertu l'amour des lois et

86 DE l'espaiv des lois.

de la psttrie. Cet almour, demandant une préférence continuelle de l'intérêt publi:^ au sien proore donne' toutes les vertus particulières ; elles ne sont que cette préférence.

Cet amour est singulièrement a£fecté aux déïnocraties. Dans elles seules le gouvernement est confié à chaque citoyen. Or le gouvernement est comme toutes les dioses du monde; pour Jie con* server, il faut Taimer.

On n'a jamais ouï dire que les rois n'aimassent pas la> monarchie y et que les despotes haïssent le despotisme.

Tout dépend donc d'établir dans la république cet amour ; et c'est à l'inspirer que l'éducation doit être attentive. Mais, pour que les enfant i puissent l'avoir, il y a un moyen sûr, c'est que lefl pères l'aient eux-mêmes. /

On est ordinairement le maître de donner à ses en&nts ses connoissances ; on l'est encore plus de leur donner ses passions.

Si. cela n'arrive pas, c'est que ce qui a été fait dans la maison paternelle est détruit par les impressions du dehors.

Ce n'est point le peuple naissant qui dégénère ; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus.

LIVBE rv, CHAPITRE VI. 87

Page 1