‹ ŒuvresChapitre 54 sur 336 · LIVRE V, CHAPITOE V. / loS · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITOE V. / loS

Pour maintenir ce partage des terres dans la démocratie y c'étoit uue bonne loi que celle qui voulpit qu'un père qui avoit plusieurs enfants en choisît un pour succéder à sa portion ', et dopnât les autres en adoption à quelqu'un qui n'eut point d'enfants, afin que \e nombre des citoyens puttoujours se maintenir égal à celui des partages,;

.Phaléas de Ghalcédoine ^. avoit imaginé une façon de rendre égales les fortunes, dans une république où elles ne l'étoient pas, Il vouloit que les riches donnassent des dots aux pauvres et n'en re-. çussentpasy et que les pauvres reçussent d^ l'argent pour leurs filles et n'en donnassent pasi. Mais je ne sache.point qu'aucune l'épubhque se soit ac*. commodée d'un règlement pareil. Il met les citoyens sous des conditions dont les différences sont si frappantes , qu'ib h^roient cette égalité même que l'on chercheroit à introduire.- Il est bon quelquefois que les lois ne paroissént^pas aller Si directement au but qu'elles se proposent.

Quoique dans la «démocratie l'égalité réelle soit l'ame de l'état , cependant elle est si difficile» à établir, qu'une exactitude extrême à. cet égard ue conviendroit pas toujours. Il suffit que. l'on établisse un cens^ qui réduise ou fixe les différences.

> Platon fait une pareille loi , liy* m d«8 Lois,

'Aristote, Politique, hv. ii, chap. yii.

^ Solon fit quatre classes : la première, de ceux qui a voient cinq

ro6 DE L^ESPRIT DES LOIS.

à lin certain point; après quoi c'est à des lois particulières à égaliser, pour ainsi dire, les inégalités par les charges qu^èlles imposent aux riches , et le soulagement qu'elles accordent aux pauvres. Il n'y a que les richesses médiocres qui puissent donner ou souffrir ces sortes de compensations ; car, pour les fortunes immodérées, tout ce qu^oh ne leyr accorde pas de puissance et d'honneur, elles le regardent comme une injure.

Toute inégalité dans la démocratie doit être tirée dé la nature de la démocratie et du principe même de l'égalité. Par exemple, on y peut craindre que des gens qui auroient besoin d'un travail continuel pour vivre ne fassent tlt)p a|ipauYris par une ïnagistrature , ou qu'ils n'en négligeassent les fonctions ; que des at^tisan^ ne s*enorgueillisseht ; que dés affranchis tt^ôp nombreux ne dévinssent plus puissailts qire les anciens citoyens. Dans des casy{ régsdité eàtre le» citoyens ''peut être ôtée dans fe démocratie pour l'utilité de la démocratie. Mais ce n'est qil'une égalité apparenté que l'on ôte : car un homme ruiné par une magistrature seroit dans une pire condition que lés autres citoyens ; et ce

oents mines de revenu, tant en grains qn*en fruits liquides; la se» conde, dé ceux qui en avoient trois cents, et pou voient entretenir un cheval; la troisième, de ceux qui n*en avoient que deux cents ; la quatrième , dé tous ceut qui vivoient de leurs bras. Plutarque , Vie de SoloOf >

* Selon exclut des chaires tous ceux an quatrième cens.

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