LIVRE V,, CHAPITRE XIV. l
ne se trouvent pas faire une malh^reii^ partie de la succession do perlé.
Dans les états où il n^ a point de lois fondaùentaleSj la «ilccession à l'empire ne saurait être fixe. La couronne y est élective par le prince, dans^aa famille ou hors de sa Êunille. £n vadn seroit-il étabti que l'diné succéderoit/ leiprince en pO|irroit toujours choisir un autre.'Le 'successeur, est' d^ claré par le prince lui-même ,vou par.'ses ministres , ou par une guerre civile. Ainsi cet étàt^a usie laison de dissolution de plus qu'une inoôiarchie.
Chaque prince de la' famille recale ayant une égale capacité pour être élu, il arrive que celui qui monte sur le trône fait d'abord étrangler ses frères, comme en Turquie, ou les fait aveugler, comme en Perse, ou les rend fous^xomme chez le Mogol; dh, si l'on ne prepd point ces précautions, comme à Maroc, chaque vacance de trône est suivie d'une affreuse guerre civile.
Par les constUutions de Moscovie < le czar peut dbioisir qui il veut pour son successeur, soit dans sa ianiîlie,NSoit hors de sa &mille. Un tel établissement de succession cause niille révolutions, et rend le trône aussi chancelant que la succes^on est arbitcaire. L'ordre de succession étant une des choses qu'il importe le pius au peuple de savoir, le meilleur est celui qui frappe le plus les yeux,
■ rityezles dîfféreotes eonsticutions/ surtout «elle (le 1729.
1 34 i>E l'esprit des lois.
comme la naissance et un. certain ordre de naissance. Une telle disposition arrête les brigues, étouffe l'ambition; on ne captive plus l'esprit d'un prince foible , et l'on ne fait point parler les mourants.
Lorsque la succession est établie par une loi fondaQientale, un seul prince est le successeur, et sçs frères n'ont aucun droit réel ou apparent de lui disputer la couronne. On ne peut présumer ni faire valoir une volonté particulière du. père. Il n'est donc pas plus question d'arrêter ou d^ faire mourir le frère du roi que quelque autre sujet que ce soit.
Mais, dans les états despotiques, ou les frères du prince sont également ses esclaves et ses rivaux, la prudence veut que l'on s'assure de leurs personnes, surtout dans les pays mahtjmétans, où la religion regarde la victoire du le succès comme un jugement de Dieu; de sorte que personne n'y est souverain de droit, mais seulement de fait.
L'ambition est bien plus irritée dans des états où des princes du sang voient que , s'ils ne montent pas sur le trône, ih seront enfermés ou mis à mort; que parmi nous, où les princes du sang jouissent d'une condition qui, si elle n'est pas si satisfaisante pour l'ambition , l'est peut- être plus pour les désirs modérés.
JLiCs princes des états despotiques ont toujours
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abusé du mariage. Ils prejment ordinairement plusieurs femmes, surtout dans la partie du monde, où le despotisme est pour ainsi dire neutralisé , qui est l'Asie. Ils en , ont tant d'enfants qu'ils ne peuvent guère avoir d'affection pour eux, pi ceuxci pour leurs frères.
La famille régnante ressemble à l'étfit; elle est trop ibible, et son chef est trop fort; elle paroît étendue, et elle se réduit à rien. Artaxerifès ^ fit mourir tous ses enfants pour avoir conjuré contre loi. Il n'est pas vraisemblable que cinquante enfants conspirent contre leur père, et encore mpins qu'ils conspirent parce qu^il'n'a pas voulu céder sa concubine à son fils aîné. U est plus simple de croire qu'il y a là quelque intrigue de ces sérails d'Orient, de ces lieux où l'artifice^ la méchanceté, la rnse^ régnent dans le silence, et se couvrent d'une épaisse nuit; où un vieux prino^, devenu tous ie& jjours plus imbécille, est le premier prison* nier du palais.
Après tout ce que nous venons de dire il sembleroit que la nature humaine se.soulèveroit sans cesse contre le gouvernement despotique; niiais, malgrél'amour des hommes pour la libei^téyioalgré leur haine contre la violence, la plupart des peuples y sont soumis : cela est aisé à comprendre. Pour former un gouvernement modéré il faut comb^-