INFLAMMATION
DO
TESTICULE
Le mot heruie humorale a été habituellement employé pai- les chirurgiens pour exprimer l'état inflammatoire de cet organe. Mais cette dénomination est évidemment fondée sur des vues de physiologie faussés et sur des principes de pathologie erronés. La palhologLe humorale a fait place à des opinions pathologiques mieux définies et plus saines; et les maladies sont à présent attribuées plutôt h une altération de l'action des solides qu'à une altération dans la nature des liquides. Cependant les modernes sont peut-être tombés dans une exagération opposée, et ont trop perdu de vue le rôle des fluides dans les modifications morbides de l'économie.
En efi'et, il est évident que les fluides sécrétés sont souvent assez altérés dans leur nature, pour devenir capables do produire des maladies, et pour devenir même de véritables poisons, comme le mucus de l'urètre dans la gonorrhée , la matière d'un chancre, la sécrétion d'une pustule variolique et le fluide d'une vésicule de vaccin. Mon ami, M. Coleman, a aussi
démontré qu'en injectant le sang d'un cheval affecté de morve dans les veines d'un autre cheval sain, oh détermine la même maladie chez ce dernier, et il prouve ainsi, par une expérience directe, que dans celte maladie les liquides sont aussi bien affectés que les solides , car le sang , le mucus de la membrane nasale, les sinus des os du crâne et de la face, et enfin les poumons eux-mêmes , sont dans un état morbide.
Quoi qu'il en soit, le terme de hernie humorale est appliqué très-improprement à l'inflammation du testicule, car, quoique cette maladie soit le résultat d'une gonorrhée , elle n'a rien de gonorrhéïque dans son caractère et de vénérien dans sa nature ; et si je ne craignais de montrer de l'affectation, je lui donnerais le nom de Testite.
Lors même que son origine est lympathiquC, l'inflammation du testicule ressemble par sa marche et par sa terminaison à une inflammation ordinaire, etpeut.être appelée testite aiguë ou chronique.
SYMPTÔMES DE l'inFLAMMATION AIGUË DU TESTICULE,
Le premier symptôme ide cette affection, quand elle est le résultat sympathique d'une maladie de l'urètre, est une irritation des portions membraneuse ou prostatique de ce canal , irritation qui détermine la sensation de quelques gouttes d'urine qui resteraient encore dans le commencement du canal ; à ce premier symptôme succèdent la sensibilité du cordon spermatique au niveau de l'anneau, et le gonflement douloureux de l'épididyme.
Ensuite le testicule se gonfle, atteint bientôt deux ou trois fois son volume naturel, et devient tellement douloureux que la seule pression de l'organe contre la cuisse devient presqu'intoléràble.
Son t)oids augmente aussi sensiblemeiit, et il exerce un tiraillement douloureux sur le cdriâdii spermatique, de telle sorte que le malade éprouve uii grand soulagement quand il soutient l'organe malade avec ses mains.
ta dûtilét^r est dbtilsë et moii^ supportable
gu'iine douleur qui serait plus aiguë ; elle ressemble à celle que déternaine la compression du testicule, et, à la vérité, elle naît de la même cause ; car la substance glandulaire se tuméfie , tandis que la tunique qui est tendineuse, et par conséquent inextensible, ne cède point au gonflement intérieur, mais résiste à ce gonflement et comprime le parenchyme très-sensible du testicule, donnant lieu ainsi à cette douleur sourde, gravative et poignante dont se plaint le malade.
La douleur et la tuméfaction se propagent le long du cordon spermatique dans le canal inguinal, déterminent une gène très-douloureuse dans l'aine, dans l'épine iliaque, la hanche et la partie interne de la cuisse du côté affecté , et enfin se fixent d'une manière spéciale dans la région lombaire. Ce siège delà douleur s'explique anatomiquement quand on se rappelle que les rameaux neiTeuxspermatiques ont leur principale origine dans les nerfs rénauxetlombaires.