INFLAMMATION AIGUË DU TESTICULE
et astringentes. An^si , violent , il provoque le vomissement à l'instant
'ections irritantes quand ou emploie les injections dans la blennorrhagie, le malade doit-il comprimer l'urètre à deux pouces de son orifice pour empêcher le liquide de pénétrer au-delà vers la portion membraneuse ou prostatique.
L'introduction des bougies ou de la sonde dans la portion membraneuse et dans la portion prostatique de l'urètre produit souvent l'inflammation du testicule; mais elle arrive rarement quand l'instrument n'est introduit qu'à trois ou quatre pouces. Les bougies caustiques produisent fréquemment le même effet lorsqu'elles sont introduites jusqu'à la portion membraneuse de l'urètre. Souvent on emploie ces instrumens sans nécessité; car, si on se bornait à un traitement adoucissant , et si l'on n'introduisait pointd'instrument dans l'urètre, les rétrécissemens qui sont le résultat d'une inflammation temporaire disparaîtraient.
Observation 373'. — M. B. avait uneblennorrhagiequi durait depuis six mois, pour laquelle il avait fait usage d'injections très-actives, et qui avait, disait-il , produit un rétrécissement de l'urètre. Pour détruire l'obstacle à l'écoulement de l'ui'ine, on introduisit une bougie. Celle-ci détermina une inflammation de la vessie, circonstance qui obligea à suspendre l'emploi de ce moyen de traitement. Pendant dix-huit mois , il ne survint aucun autre symptôme; mais, au bout de ce temps, il se manifesta une irritation de la portion membraneuse de l'urètre. En urinant, le malade rendit une certaine quantité de sang, et, le jour suivant, il fut pris d'une inflammation du testicule qui bientôt disparut. Mais, au bout de trois semaines , après un violent exercice , il eut une rechute : depuis cette époque , il n'ci^t resté aucun signe de rétrécissement , quoique le testicule soit encore légèrement douloureux.
Toutes les lésions de la prostate peuvent avoir pour résultat l'inflammation du testicule, comme on le voit quelquefois après l'opération de la lilhotomie. Un homme, occupant un rang élevé dans la magistrature , a souffert considérablement par cette cause , pendant sa convalescence, à la suite d'une opération de taille, et a éprouvé des souffrances considérables tenant à la circonstance dont il vient d'être question.
L'accroissement de volume de la prostate, qui semble presque pouvoir être considéré comme le partage constant de la vieillesse, est qtKilquefois accompagné de l'inflammation du testicule.
L'inflammation du col delà vessie détermine rinflîimmation du testicule; et un calcul qui appuie sur l'orifice interne de l'urètre, ou une concn'-tion engagée dans l'urelère , peuvent, ainsi qu'on en a des cxempics, l'occasionner , bien que cette dernière cause ne produise en général que le spasme du crémaster.
Un coup sur le testicule est une cause fx'éqnente de l'inflammation du testicule; s'il est
même , et en quelque sorte sous la main qui a exercé la violence. Ce dernier phénomène, quand il survient , est immédiatement suivi d'une inflammation intense.
Observation 374", '— je fus consulté pa,r un individu atteint d'inflammation du testicule. Deux mois auparavant, étant sorti précipitamment , et étant obligé de traverser une chambre , il s'était heurté violemment le testicule contre un tiroir ouvert. Le lendemain matin, il ne pouvait plus uriner. Et , comme il souffrait horriblement, il fit appeler un chirurgien pour le sonder. Celui-ci remarqua très-judicieusement que le cathétérisme augmenterait très-probablement les symptômes , et prescrivit des fomentations qui amenèrent du soulage men t. Sous l'influence de ces moyens, ilparvint, vers deux heures de l'après-midi , à uriner. JDe ce moment , le testicule s'enflamma , et il s'écoula , de temps en temps , un mélange de pus et de sang par l'urètre.
Parmi les causes de lésion du testicule , on doit signaler comme la plus fréquente la pression à laquelle il est soumis dans l'exercice du cheval, lorsque le cavalier est porté violemment sur le pommeau de la selle. Les testicule? sont contondus ; il se forme , dans le scrotum , un épanchement sanguin par suite de la riiptmre des vaisseaux. La déchirure des parties peut être considérable ; et il en résulte une vive inflammation.
Une plaie du testicule ne produit pas toujours la douleur et les phénomènes inflammatoires que l'on pourrait craindre de voir se développer. En effet , j'ai observé plusieurs cas dans lesquels une lancette , et même un trocart avaient pénétré dans la substance de cet organe. Cette blessui'e fut suivie d'une douleur accoir.paguée de défaillance. Mais le malade guérit, et la petite plaie se cicatrisa promptement, sans suppurer. Cependant, chez un malade dans le testicule duquel un trocart avait été enfoncé deux fois , il se développa une inflammation violente , suivie de suppuration.
Un testicule qui n'est point descendu dans le scrotum est exposé à de fréquentes lésions et à des accidens inflammatoires.
Observation 375*. — M. Pott a rapporté le cas d'un jeune homme qui tomba sur une pièce de bois , et chez qui il survint dans l'aine , après sa chute, une tumeur accompagnée de douleurs excessives, de défaillance, de constipation et de sensibilité dans l'abdomen. Il avait une ancienne hernie pour laquelle il portait un bandage. Des lavemens et des purgatifs firent cesser les symptômes les plus pressans. Des fomentations et des cataplasmes diminuèrent la tuméfaction de l'aine. On découvrit alors que le testicule n'était point descendu dans le scrotum , qu'il était seulement à la région inguinale, et qu'il aval tété heurté dans cette chute.
Un testicule , dans cette position anormale , peut être pris pour une hernie , ou bien ce
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Vice de position peut coïncider avec cette dernière maladie: dans les deux ca$ , un bandage herniaire , portant sur le testicule , peut y déterminer une douleur trùs-viye suivie d'inflammation. Ces accJdens sont le résultat de la négligence du chirurgien qui, n'ayant pas remarqué que le scrotum de ce côté est vide , recommande l'emploi d'un bandage dont l'application est intempestive et dangereuse.
Le scrotum est sensible aux variations de la température autant qu'aucune autre partie du corps; aussi ces variations peuvent-elles déterminer l'inflammation du testicule, au moins par sympathie. Les effets du refroidissement sur le scrotum ressortiront dans l'observation suivante :
Observation 376'. — Un malade de l'hôpital de Guy, qui se trouvait à la retraite de l'armée du duc d'Yorck , et qui avait été exposé à un froid excessif, eut le scrotum gelé. Cet organe fut frappé de sphacèle. La tunique vaginale et letendon dumuscle crémaster furent dénudés. Ce dernier était couvert de bourgeons charnus, quand le malade entra à l'hôpital. Mais il ne se forma point un nouveau scrotum ; et , comme les bourgeons charnus ne jouissaient
d'aucune sensibilité , j'en conclus qu'ils s'élevaient du crémaster plutôt que de la tunique. La surface de la plaie ne rendait qu'une petite quantité de pus. La gangrène s'était étendue à l'aine, et avait divisé les vaisseaux absorbans du pénis qui était énormément tuméfié. Un dessin de ce sujet, fait par M. Lewis , chirurgien à Mark-Lanne , est conservé dans le muséum de l'hôpital St-Thomas. J'ai en ma possession une excellente copie de ce dessin.
Le changement soudain de vêtemens, quand on en quitte un très-chaud pour en prendre de beaucoup plus légers, est une cause d'inflammation des testicules.
Les mêmes accidens sont produits lorsqu'on se lave les parties génitales avec de l'eau froide, dans le moment où le corps est échauffé et dans un état de relâchement, ou lorsqu'on prend un bain froid , après un exercice violent.
Une excitation vénérienne, avec l'impossibilité d'y satisfaire à l'instant même , produit une vive douleur sur-le champ ; et, comme conséquence de la grande distension des tubes séminifères et de la nature inextensible de la tunique albuginée , l'inflammation s'allume chez les personnes très-irritables.