DIAGNOSTIC DE LA MALADIE ENKYSTÉE DU TESTICULE
Cette maladie est souvent confondue avec l'hydrocèle. Et je crois que l'expérience la plus consommée, non plus que les recherches et les explorations les plus délicates et les plus minutieuses, ne peuvent moJtre complètement à l'abri d'une erreur de cette espèce ; car il faut avouer que ces deux maladies présentent dans l'ensemble de leurs symptômes uue ressemblance frappante.
Je suis convaincu que parmi les chirurf^^ens attachés aux grands hôpitaux de Londres , il n'en est pas un seul qui ne convienne que les premières fois que son expérience a été mise à l'épreuve à ce sujet , il a été induit en erreur.
Il y a, je le sais, des personnes qui n'avouent jamais une erreur , mais qui livrent à la publicité tous leurs succès , cachant avec soin leurs revers. Elles font, par là, croire à ceux qui débutent dans la carrière que notre profession est beaucoup plus heureuse qu'elle ne l'est réellement ; ce procédé est peu honorable. C'est seulement de la comparaison des succès et des insuccès, qu'on peut tirer des conclusions légitimes. «Vous avez tort, me disait un jour un chirurgien, de faire connaître vos insuccès ; le public les découvrira assez vite. » J'aurais pu lui répondre : «Vous, monsieur, vous manquez de délicatesse en ne faisant connaître que vos succès ; car vous donnez à votre pratique un vernis mensonger. »
Pour moi, je dois confesser que deux ou trois
fois\je suis tombé dans l'erreur, et ,'que fai enfoncé la lancette dans la partie , attendant l'issue de la sérosité, tandis qu'il ne sortait que quelques gouttes de sang.
Au reste , je dois convenir qu'il n'y a rien de pénible pour moi dans cet aveu, et qu'il n'est résulté rien de fâcheux de cette méprise. J'ai même pour habitude, dans les cas douteux , de recommander de faire une petite incision à la tunique vaginale, afin de s'assurer par la ponction si elle contient du liquide ou non. Eu agissant ainsi, on ne peut en rien blesser le testicule , et l'on sait au juste à quoi s'en tenir sur l'existence de l'hydrocèle.
Quoi qu'il en soit , voici les caractères distinctifs de ces deux maladies :
1" Dépressibilité, plutôt que fluctuation.
2° Tumeur plus t)esante.
3° Conservation de la forme générale du testicule, bien qu'il soit un peu plus pyrlforme que dans l'état naturel.
4' Absence entière de transparence.
5° Sensation de constriction du testicule quand la compression est considérable.
6° Etat variqueux des veines du cordon et du scrotum.
7" Dans l'hydrocèle le testicule peut être senti, quoique d'une manière obscure, à la partie inférieure et postérieure de la tumeur.