TRAITEMENT DE LA MALADIE ENKYSTÉE DU TESTICULE
Je n'ai jamais vu aucun traitement général ni local avoir la plus légère efficacité contre eette maladie; et il fautenconvenii', quand on examine le caractère de cette affection, et les altérations de structure qu'elle occasionne, on ne peut attendre aucun avantage réel d'un traitement soit général , soit local.
Le seul moyen de gUérison est l'ablation de l'organe; cette opération est désirée parle malade, à cause des inconvéniens qui résultent du poids de la partie, deJa douleur qu'elle détermine en tiraillant le cordon spermatique, de la difformité désagréable d'une tumeur si volumineuse et qui ne peut être cachée , ainsi que de l'accroissement continuel de la tumeur. Les moyens propres à amener de la déplétion , et l'abstinence , doivent être employés pendantune semaine, pour préparer le malade à l'opération. C'est une affection dans le traitement de laquelle l'opération est toujours couronnée de succès , du moins , c'est ce que j'ai constamment observé. On peut donc assurer au malade en toute confiance, si la maladie est simple, d'une part, qu'elle n'aura jamais aucune influence fâcheuse sur les parties environnantes, et, d'une autre part, que l'opération amènera une cure radicale. Toutefois, on doit observer que les altérations fongoïdes et enkystées peuvent exister simultanément dans le même testicule, et qu'alors l'issue peut être malheureuse. Mais ceci ne pouvant être constaté que par la dissection de la partie enlevée , ce ne sera qu'après l'opération qu'on pourra porter un pronostic favorable dans le cas de kyste , et un pronostic nécessairement fâcheux dans l'autre cas.
Dans les observations qu'on va lire , il n'y a que peu de symptômes et peu de variétés dans le caractère de la maladie. J'ai noté les suivans quand ils se sont pi'ésenlés.
Observation 398' — Charles Demby, âgé de liQ ans, entra à l'hôpital de Guy, le 23 mai 180/1, ayant un gonflement de testicule. La maladie avait débuté deux ans auparavant par une diminution du testicule gauche, accompagnée d'un sentiment de faiblesse de ce côté. Ce testicule devint graduellement plus voluminf.ux que celui du côté opposé, et neuf mo s après l'époque où il s'était aperçu de celte augmentation de volume, Charles Demby s'adressa à un chirurgien extrêmement habile, qui exerce dans les environs de Londres. Ceui-ci iuti'oduisit dans le testicule un trocart au moyen duquel il donna issue à de l'eau , mais en quantité très-peu considérable. Il diagnostiqua aussitôt deshydalides du testicule. La maladie faisant des progrès continuels, le malade se fit admeltre à l'hôpital de Guy, le 29 mai. Je pratiquai l'ablation du testicule. Lors-
ue j'en fis la dissection , je trouvai dans quel- »|ue9-uns des kysles un liquide mucoso-purulont et des altérations variées dont j'ai conservé la figure.
Parmi ces kystes, les uns étaient transparétis, les autres opaques. Quelques-uns étaient distendus par la sérosité, d'autres remplis de mucus, d'autres enfin renfermaient une sérosité limpide contenant peu de matière animale.
La plaie se cicatrisa rapidement, et le malade sortit de l'hôpital de Guy après une guérison complète obtenue dans un très-court espace de temps.
Observation 399% — Un jeune homme de 20 ans vit se développer , sans cause appréciable , une tumeur à l'une des extrémités du testicule, mais sans qu'il ait pu affirmer si c'était à l'extrémité supérieure ou h l'inférieure. Cette tumeur était d'abord indolente, molle au toucher. Elle augmenta gradtielletoent, et elle Offrit habituellement peu de résistance ; elle devenait parfois très-dure ; elle devenait aussi quelquefois extrêmement douloureuse. Son ablation fut pratiquée au bout d'un an.
Le cordon spermatique ayant été lié trop lâchement , on vit , trois jours après , naître de l'extrémité du cordon des bourgeons exubérans qui devinrent assez volumineux pour exiger une seconde ligature.
En divisant le testicule , on le trouva compose de kystes nombreux , variables dans leur volume et dans leur forme, contenant les uns de la sérosité , les autres un liquide semblable à du blanc d'œuf. Dans un endroit, le testicule offrait beaucoup de densité. La suppuration paraissait imminente.
Observation 400*. — Bartholomew Luper, matelot italien, âgé de 30 ans, fut admis à l'hôpital de Guy, en avril 1809, pour un engorgement du testicule, qui, d'après son récit, avait commencé quatre ou cinq ans auparavaat. Il ignorait la cause de cet engorgement ^ mais il supposait qu'il avait pu être déterminé par un refroidissement dû à des vèlemens mouillés. Les veines du scrotum étaient distendues; celles du cordon étaient variqueuses. Cet homme éprouvait dans les reins une vive douleur causée par le poids de la tumeur. J'enlevai le testicule , et le trouvai, à la dissection, rempli de kysles de différentes grosseurs.
Observation 401°. — Un jeune médecin s'adressa à moi pour un engorgement du testicule qui avait sept fois le volume qu'il présente dans son état normal. Il n'y avait aucune douleur : la tuméfaction s'était opérée très-graduellement. Le poids de l'organe me paraissait considérable, et le malade éprouvait aussi la sensation d'un grand poids. La fluctuation était extrêmement obscure et la transparence était nulle. La santé générale était bonne. Le malade étant venu pour me consulter sur l'opportunité de l'opération , je la lui conseillai après avoir inutilement essayé quelques autres moyens de traitement. M. Guthrie se char-
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gea de celte opération 'après laquelle je fis cicatrisation se fit graduellement, et le sujet
l'examen du testicule. Je reconnus qu'il prd- est maintenant en parfaite santé, sentait l'altération hydatique ou enkystée. La