HYDATIDES ANIMALES DU TESTICULE
Je n'ai jamais rencontré cette altération sur dans laquelle elle était contenue. Cette hyda-
le vivant. Je n'en connais non plus aucun tide était remplie d'un liquide aqueux,
des symptômes. Mais M. Davie qui était autre- Le testicule était un peu plus volumineux
fois préparateur de mes leçons à l'hôpital St- qu'à l'ordinaire ; mais c'est tout au plus s'il
Thomas , m'apporta un jour, à l'issue de ma avait d(ux fois son volume naturel,
leçon, un testicule dont l'épididyme contenait II semble que le germe de ces productions
un kyste dans l'intérieur duquel se trouvait animales vivantes soit déposé dans une partie
une hydatide ressemblant à une perle , et qui circonscrite du corps et qu'il s'y développe, était parfaitement libre , détachée de la poche
0{iï). On vient de voir que sir A. Cooper emploie l'expression de maladie 7ij)rdati<fue ^our désigaer les kystes du testicule. 11 donne le nom A'hydatides animales aax kystes acéphalocistes, {Note des trad.)
lî^FLAMMATION SCROPHULEUSE
TESTICULE
Après avoir décrit l'inflammation chronique simple du testicule, il me reste encore à exposer les piiénomènes propres à l'inflammation scrophuleuse de cet organe.
L'état scrophuleux, pour en donner une définition aussi simple et aussi concise que possible, est l'effet d'une débilité congénitale et originelle; cet état de l'économie se révèle par des caractères spéciaux, dans la conformation externe et dans la structure intime des parties.
Le caractère extérieur de la constitutionscrophuleuse a son siège dans la peau qui offre une finesse et une délicatesse de structure toute particulière. Sa couleur est semblable à celle de la peau des sujets blonds ; mais celte circonstance est loin d'être générale. Quelquefois, en effet, la peau est très-brune. Dans les deux cas, si on la pince légèrement , on la trouve excessivement mince, comparativement à celle d'un enfant fort et bien portant. Comme cette délicatesse du tissu cutané dénote une organisation analogue chez les divers sujets qui la présentent, elle devient un indice évident de la complexion générale.
La finesse et la délicatesse des tégumens expliquent pourquoi les joues présentent souvent une coloration vermeille habituelle , qui , aux yeux d'un observateur superficiel , est considérée comme une grandebeauté, mais qui, pour l'homme éclairé, n'est qu'un signe de débilité constitutionnelle. Cette coloration provient de ce que le sang contenu dans les artères est visible à travers le tissu délicat de leurs tuniques et de l'enveloppe cutanée. Cette texture lâche du tissu cutané permet de voir les veines se ramifier dans le tissu cellulaire; et la teinte plombée située au dessous de l'œil, qui, par l'effet d'une indisposition légère, se retrouve si constamment chez les sujets qui offrent cette organisation, est due à la congestion veineuse , et à la difficulté du retour i-u sang.
Le peu d'énergie du système vasculaire a pour effet une sorte de stagnation du sang dans tous les tissus riches en vai.>seaux; de là, l'épaisseur des lèvres. La finesse de la peau laisse apercevoir la vascularité des glandes du cartilage tarse, à travers les bords et la surface des paupières. Des cheveux d'un blond analogue à la filasse, ou fins comme la soie , accompagnent souvent cet état de la peau. Los snjcis dont les cheveux sont rougos ont une prédisposition marquée aux maladies socopliulenses.
. Des cheveux noirs et la peau brune sontordinaii-ement le signe extérieur d'une bonne coiislitution^iWaissi la pca-i cstiulnce, sa cou-
leur ne prouve point que l'on soit à l'abri des . affections scrophuleuses.
Les enfans d'une constitution saine, ceux qui possèdent la complexion la plus robuste, peuvent, par la privation d'un air salubre, d'une nourriture saine et de l'exercice, contracter des maladies d'un caractère grave ; mais dans les conditions qui viennent d'être indiquées, leurs affections x-evètent le caractère des affections chroniques de l'âge adulte, plutôt que ceux de l'inflammation qui nait chez un sujet primitivement scrophuleux.
Chez les individus affaiblis par les circonstances défavorables dont il vient d'être question , ^'''1 nesse de la peau se rencontre dans chacuneC^^c s parties qui constituent cette membrane. L'épiderme se fend et s'écaille par l'impression de l'air froid; la chaleur du soleil le dessèche et le gerce. Si le sujet est exposé au froid, puis à la chaleur, la peau s'enflamme facilement, les vaisseaux lymphatiquess'irritent, et l'inflammation s'empare des ganglions. On observe fréquemment cet effet à la peau du visage et à celle de l'oreille ; quand ces parties ont été exposées à un vent froid , et qu'ensuite l'enfant s'approche du feu , cette chaleur qui agit brusquement suffit pour en déterminer l'inflammation. Les lymphatiques de la peau participent à cette inflammation et la propagent à leurs ganglions ; de là l'origine des fréquens engoi'gemens du cou.
Telle est chez certains individus la structure de l'enveloppe cutanée, et si l'on étudie l'organisation intérieure du coi'ps , on trouve qu'elle présente les mêmes caractères.
L'estomac et les intestins sont minces au point d'être véritablement transparens; il résulte de là un accomplissement imparfait delà -digestion et de la chylification.
Les parois du cœur sont jnoins musculaires qu'à l'ordinaire, et la circulation est moins énergique.
Les tuniques artérielles sont si minces, qu'à la surface du corps, ainsi que je l'ai dit, le sang qui est contenu dans ces vaisseaux peut être vu plus facilement que chez un enfant sain ; et elles ont si peu de force de contraction qu'elles ne se vident point dans les derniers momens de la vie, comme elles ont coutume de le faire dans les circonstances ordinaires. Or, puisque ces vaisseaux favorisent la circulation, ne fût-ce que par leur élasticité, si ce n'est pas par leur texture musculaire, il en résulte qu'elles sont moins capables de remplir cet usage que dans im enfant doué d'une constitution différente.
INFLAMMAÏIOIN SCRUPH Les velues présentent probablement dans leur organisation le même affaiblissement que les vaisseaux lymphatiques; c'est à cet affaiblissement qu'est duc l'irritabilitc' de ces derniers et de leurs ganglions ; aussi sont-ils spécialement disposés à contracter des altérations morbides.
Les glandes sécrétoires ne subissent que faiblement l'influence de l'affection scrophuleuse; aussi remarque-t-on que les glandes salivaires, le foie, les reins et le pancréas sont rarement malades chez les enfans scrophuleux -. mais il y a une exception à cette règle pour les glandes muqueuses ; car celles des intestins grêles et des gros intestins sont souvent enflammées et ulcérées, et c'est par suite de l'irritation des vaisseaux lymphatiques de l'intestin et de leurs ganglions qu'est produite l'affection mésentériqui-, qui consiste dans un énorme développement de l'abdomen, des appétits et de évacuations irrégulières, suivies du dépérissement et de la mort; on trouve à la dissection les glandes muqueuses enflammées et ulcérées, et toute la masse des glandes méseutériques dans un état d'engorgement.
Le système nerveux présente des différences considérables chez les divers sujets qui présentent ce genre de constitution. Quelques-uns offrent une indolence remarquable , de lelle sorte qu'un gonflement articulaire commence et continue pendant des semaines sous la forme d'une tumeur indolente , et alors même que cette tumeur vient à suppurer, il y a quelques sujets chez lesquels l'ensemble de la constitution reste en quelque sorte étrangère à cet état, et semble à peine éprouver quelqueiufluence sympathique de l'état local, en sorte que les articulations, quoique énormément tuméfiées, ne produisent que peu de douleur locale et permettent le plus libre exercice des fonctions jusqu'à ce que la maladie se termine par la production d'une ankylose plus ou moins complète.
Dans ces cas , l'esprit, aussi indolent que le corps, ne conçoit aucune alarme.
Chez d'autres individus, par opposition à ceux dont je viens de parler, on rencontre un trèshaut degré d'irritabilité. Dès le début de la maladie, de violentes douleurs se fant sentir, et la plus légère excitation de l'organisme détermine un état général d'irritation très-vive et une extrême anxiété.
Souvent plusieui's articulations sont simultanément affectées , et alors il s'effectue souvent une métastase d'une articulation à une autre. Le moral est aussi impressionnable que le physique. Les motifs les plus légers suffisent pour déterminer de l'inquiétude ; l'irritation la plus faible est cruellement ressentie , et ces sujets sont souvent remarquables par une précocité de lalens qui fait l'objet de l'admiration des parens, mais qui devrait être pour eux un sujet de crainte plutôt que de satisfaction, et qui devrait les porter à redoubler de soins et de prévisions contre tout ce qui peut déterminer l'affection qui nous occupe. En effet , une lelle précocité des facultés intellectuelles est^plutôt
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le caractère d'une intelligence maladive que d'une intelligence saine el puissante. Et au lieu delà stimuler, comme les parenssont naturellement portés aie faire, on devrait plutôt réprimerson élan. Mais loin de là ; comme ces enfans apprennent et reliennent facilement , les parens ou les instituteurs se plaisent à profiter de cette aptitude pour activer encore l'accroissement de leurs connaissances.
Telles sont, sous le point de vue du système nerveux , les différences que présentent dans leur constitution les enfans qui sont disposés aux affections scrophuleuses ; mais ils présenleutles uns avec les autres ces ressemblances générales qui se rattachent à la délicatesse, à la faiblesse delà complexion.
Je me suis assuré que les glandes sécrétoires sont rarement affectées, dans cette maladie, d'altératious remarquables dans leur structure ; mais il y a quelques exceptions à cette règle générale , et l'on en trouve une entre autres pour le testicule.
Le testicule, même chez les enfans très-jeunes, se tuméfie quelquefois et devient très- dur, mais sans que cet état soit accompagné de douleur ou d'aucun autre accident. C'est par hasard que les parens ou les personnes à qui sont confiés les enfans s'aperçoivent de l'existence delà maladie, qui reste, dans cet état dégonflement indolent , pendant plusieurs semaines , plusieurs mois, plusieurs années : et alors, sous l'influence de l'amélioration générale de la santé, le gonflement se dissipe, et la glande reprend son état naturel.
Il arrive plus fréquemment que la tuméfaction s'accroisse à l'âge de la puberté, et à partii" de cette époque jusqu'à la vingtième année. Il n'est pas rare de voir la maladie se développer dans les deux testicules , s'y caractérisant par la même dureté etpar une indolence telle, que le sujet qui en est atteint laisse écouler un temps considérable avant de consulter un médecin.
La partie ne présente ni sensibilité à la pression, ni douleur; le scrotum n'est point altéré dans sa couleur , les veines ne sont point distendues et, à son volume près , qui est augmenté, il n'est, pour le malade , l'occasion d'aucun accident.
Mais l'inflammation peut aller , même chez les enfans, moins fréquemment, il est vrai, qu'à l'âge de la puberté, jusqu'à déterminer la suppuration, et c'est plus fréquemment leglobus major de l'épididyme qui est le siège de la suppuration, bien que ce soit aussi, dans d'autres cas, l'extrémité opposée ouïe globus minor.
Le corps du testicule est rarement le siège de la suppuration ; mais quand l'ulcération s'est emparée de l'épididyme , le testicule se prend, et le scrotum devient d'une couleur livide. Cette enveloppe s'ulcère aussi , et il se forme un abcès qui laisse échapper un pus mal élaboré et une petite quantité de semence , du moins lorsque l'individu malade a atteint l'âge de la pubei'té.
454 IWFIAMMATION SCROPHULEUSE DU TESTICULE.
L'ouvei-ture de l'abcès qui est extrêmement Observation ^02'. —M. S eut mi abcès
difïïcileàcicatriser, persiste peadant des mois, scrophuleux dans chaque épididyme, et les
et même pendant ckîs années chez quelques deux testicules s'atrophièrent. Deux ou trois
sujets. On voit successivement plusieurs abcès gouttes seulement d'un fluide clair s'e'chap-
se former, s'évacuer les uns après les autres , paient dans des éjaculations provoquées artifi-
et lorsqu'un testicule a suppuré , si l'autre tes- ciellement. Il avait des érections et ressentait
licule a^ ail contracté un état d'induration , il parfois l'appétit vénérien; mais il n'avait au-
s'y forme aussi une collection purulente qui se cune perte séminale nocturne. Sa maladie a
fait jour a l'extérieur, et qui donne lieu à un duré quatre ans, et un trajet fistuleux qui per-
écoulement fistuleux qui résiste, comme les siste encore dans chaque épididyme, donne is-
précédens, à tous les moyens de traitement, sue à une certaine quantité d'un liquide qui
pendant un espace de temps considérable. raidit le linge.
Enfin les testicules perdent peu à peu de leur Après l'orgasme vénérien, les fistules laissent
volume, ne sécrètent qu'une petite quantité de échapper une quantité beaucoup plus grande
semence , et continuent à s'atrophier jusqu'à de liquide. Dans un cas , un malade m'a
ce qu'il ne reste plus qu'une très-petite portion assuré que le liquide sortant par les trajets fis-
de leur substance , et que leur sécrétion soit tuleux prenait alors une couleur brunâtre,
presque complètement abolie. comme s'il eût été légèrement teint de sang.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE l'iNFLAMMAIION SCROPHULEUSE DU TESTICULE.
En examinant l'épidynie et le testicule chez des sujets qui avaient été atteints de cette maladie, j'y ai trouvé un point jaune entouré d'une zone inflammatoire; quand celte; tache suppure dans son centre , la matière qu'elle renferme n'est pas un pus homogène, mais elle est composée de fibrine et de sérosité avec une légère teinte jaune. J'ai rencontré cette disposition dans le glôbus minor , mais c'est dans le globus major qu'elle a le plus
souvent son siège. Dans le testicule on rencontre plusieurs taches semblables entourées de la même zone rouge. On trouve aussi plusieurs tractus jaunes au milieu de la substance tubuleuse.
Les abcès scrophuleux du testicule sont quelquefois accompagnés d'une tumeur granuleuse et*d' aspect fongueux , semblable à celle qui existe dans la simple inflammation Chronique. ' '
DIAGNOSTIC DE l'iNFLAMMATION SCROPHULEUSE DU TESTICULE.
Cette espèce d'inflammation se reconnaît genre de constitution que j'ai dépeint. Et enfin
d'abord par l'époque à laquelle elle se mon- elle peut encore être reconnue par sa coexi-
tre. C'est vei's le temps de la putierté ou stence avec d'autres affections de la même na-
avant cet âge. Il est rare, en effet, de la ture, siégeant dans d'autres organes, comme
rencontrer chez l'adulte. Elle est facile à dans les ganglions lymphatiques, dans les àrn;
distinguer aussi par sa coïncidence avec le culations, ou dans les poumons.
TRAITEMENT DE l'iNFLAMMATION SCROPHULEUSE DU TESTICULE.
Comme celte maladie a son principe dans un état de débilité congénitale, il devient nécessaire de retremper la constitution, de la soutenir contre les causes éventuelles d'affaiblissement et de la fortifier autant que possible.
Nous ne possédons aucun médicament spécifique propre à remplir cette indication, mais nous pouvons améliorer l'état du sujet en le plaçant dans le meilleur air possible, et celui des bords de la mer est en général le plus avantageux. Car plus l'air est pur, plus la circulation est énergique et plus le système nerveux a de fermeté.
L'énergie de la circulation est aussi accrue par l'exercice; mais, dans cette maladie, l'équitation, qui ordinairement est un exercice excellent , peut devenir une cause d'augmentation de l'altération locale. Le régime aliraenlaire doit être nourrissant et doit consister dans une alimentation animale, au moins à l'un des repas de chaque jour, avec une proportion convenable de végétaux. L'aie, le porter, le vin uni à l'eau sont les boissons dont on fera usage aux repas , à moins que ces boissons n'aient pour effet de déterminer de la rougeur à la face et
une chaleur fébrile. Le lait, le chocolat, le ca^ cao , l'arow-root, le sagou , nourrissent saris stimuler, et sont par conséquent d'un usage très avantageux. On doit aussi employer les bains d'eau de mer tièdes. '
On fera prendre tous les deux jours , le soir, une dose de la préparation liydrargyrum cam creta avec la rhubarbe, ou bien la poudre de Colombo, la rhubarbe etla soude deux fois par jour. Le vin chalybé , la teinture d'hydro-chlorate de fer, la teinture de fer ammoniacal, le carbonate de fer ou la poudre de rhubarbe en pilules sont très avantageux, La quinine avec l'infusion de rose et l'acide sulfurique étendu doivent aussi être employés. On peut essayer encore la liqueur de potasse ; mais si l'usage en est long-temps continué , elle affaiblit l'estomac. L'oxymuriate de mercure à petite dosé , avec la décoction composée de salsepai'eille ou combiné avec la teinture de quinquina ou de rhubarbe , est un médicament d'une efficacité remarquable. La décoction composée de salsepareille à l'état de concentration, amène aussi d'heureux résultats. Quant à la teinture d'iode, je l'ai vue déterminer des effets si fâcheux sur