‹ Œuvres chirurgicales complètesChapitre 146 sur 214 · INFLAMMATION SCUOPHULEUSB DU TESTICULE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION SCUOPHULEUSB DU TESTICULE

l'estomac el les ialestins , que je n'ose la conseiller.

On voit , d'après ce qui précède, qu'il faut avoir recours à une grande variété de médicamens, car toutes les médications ne convien-

qui a lieu dans le cas d'inflamuialion ordinaire.

On peut faire, dansle but d'obtenir les mêmes résultats, des lotions avec la solution d'acétate d'ammoniaque et d'alcool , ou la solution

nent pas également à chaque sujet; mais l'ob- de sous-acétate de plomb et d'alcool,

jet que l'on se propose principalement dans Si la maladie passe à l'état de suppuration

leur emploi est, d'un côté, de rétablir les s6- suivie d'ulcération, la fistule qui succède est

crélions si elles sont altérées ou supprimées, et, très difficile à guérir. Dans ce cas, on'doit faire

d'un autre côté, de donner plus d'énergie aux des injeclions ou des applications extérieures,

fonctions digestives, à la circulation et au sys- avec une solution composée d'un grain de sul-

tème nerveux.

Quant au traitement local de cette maladie , avant l'époque de la suppuration, on pourra faire des frictions sur la partie avec la pommade d'iode ou le Uniment mercuriel, ou l'emplâtre de mercure , dans le but d'activer la résorption des produits épanchés.

fate de cuivre dans une once d'eau, ou bien avec la préparation suivante,

Calomel fi j.

Eau de chaux 5 iv.

On peut faire avec avantage des injections de vin de Porto. J'ai vu employer une solution d» sublimé corrosif, et j'ai retiré quelques avan-

Mais il est à remarquer que les absorbans tages des injections faites avec la teinture dei n'ont guère qu'une action très-lente dans ce lytta ou une solution de nitrate d'argent, cas, lorsque l'on compare celte action à celle

mFLAMMATION SYPHILITIQUE

TESTICULE

Le virus vénérieu, lorsqu'il a été absorbé et porté dans le saug, affecte principalement trois parties du corps, la gorge, la peau, et le périoste avec l'os subjacent. Ces diverses parties sont ordinairement affectées dans Tordre suivant lequel je les ai énumérées, tandis qu'il y a d'autres tissus qui ne paraissent pas susceptibles d'être altérés par l'influence de ce virus; tels sont le cerveau et les viscères abdominaux et thoraciques. D'un autre côté, il y a quelques organes que le virus attaque plus rarement que les diverses parties indiquées plus haut. Au nombre de ces organes se trouvent l'œil et le testicule.

11 y a cependant des personnes qui croient que le testicule n'est pas susceptible de contracter une altération de nature syphilitique constitutionnelle, et qui sourient quand on propose l'emploi du mercure comme un moyen nécessaire àlaguérison de cette maladie. Mais j'ai vu si souvent cet organe tuméfié pendant l'existence des symptômes constitutionnels de la syphilis, surtout coïncidemment avec des affections vénériennes de la peau et du périoste , douloureux la nuit, présentant aussi pendantla nuit.etbienquele décubitus dorsal dût être une cause de soulagement, un redoublement du gonflement et de la douleur; j'ai vu céder si facilement cette affection du testicule devant un traitement mercuriel, etprécisément en même temps que les symptômes vénériens disparaissaient, que je regarde comme une opinion déraisonnable celle qui met en doutela susceptibilité du testicule à être affecté par le virus vénérien. Le gonflement du testicule qui survient dans la blenuorrhagie n'a rien de vénérien, et n'exige pas pour sa guérison l'action du mercure sur la constitution ; mais le virus de la blenuorrhagie et celui de la syphilis diffèrent dans leur nature, ainsi que dans leurs effets, et le gonflement du testicule dans le premier cas n'est que sympathique.

Quand le virus vénérien détermine une maladie du testicule , il est probable qu'il y affecte l'élément fibreux, par exemple la tunique albuginée; de là , il s'étend dans les prolongemens fibreux intérieurs , mais non dans la partie tubuleuse. J'accorde que cette proposition est hypothétique , mais je suis porté à admettre l'opinion que je viens d'exposer, en considérant la texture de cette membrane, qui est extrêmement ressemblante au périoste par sa nature fibreuse, et en ayant égard à la promptitude avec laquelle se rétablit complètement l'état sain de l'organe ; mais je désire

que l'on sache que je n'ai eu aucune occasion de disséquer des testicules affectés de cette maladie.

SYMPTOMES. — Le testicule et l'épldidyme acquièrent trois ou quatre fois leur volume naturel; la douleur n'est pas intense, mais elle s'exaspère dans la nuit. Quand un testicule est engorgé, l'autre est disposé à participer. à la maladie du premier, et je pense que dans la majorité des cas , l'affection attaque en commun les deux glandes. L'inflammation , dans ces cas , va rarement jusqu'à la suppuration; mais quand celle-ci a lieu , elle s'accompagne de l'apparition d'une tumeur granuleuse semblable à celle qui s'observe dans l'abcès chronique.

L'engorgement du testicule, comme résultat d'une infection syphilitique générale, se rencontre rarement quand il n'existe aucun autre symptôme vénérien constitutionnel , qu'un chancre de la gorge : mais cet engorgement accompagne fréquemment une éruption vénérienne de la peau ou l'inflammation du péi'ioste.

Le caractère qui distingue cette maladie de l'engorgement chronique simple du testicule, se déduit de ce qu'elle succède à des symptômes syphilitiques , de ce qu'elle vCoexiste fréquemment avec l'apparition des symptômes que j'ai mentionnés, et de ce qu'elle obéit à cette loi des affections syphilitiques , savoir : l'exacerbation noctui'ne.

Observation Z|03'. — Un individu avait une hydrocèle avec engorgement du testicule ; le chirurgien qui lui donnait des soins lui proposa l'amputation de cet org;ine. Ce chirurgien avait été conduit à lui conseiller l'amputation du testicule , parce qu'ayant vu , dans une tentative pour évacuer l'hydrocèle, qu'il avait enfoncé le trois-quarts dans le testicule et qu'il n'était point sorti de liquide , il en avait conclu que la maladie consistait seulement dans un engorgement compacte et non liquide du testicule. Ayant été appelé près de ce malade , j'appris de lui qu'il avait à la surface du tibia un gonflement accompagné de douleur» nocturnes ; je le priai alors de se déshabiller, et en examinant la peau , je découvris sur la poitrine et l'abdomen une éruption vénérie»ne. Je prescrivis un traitement mercuriel , et pendant que l'éruption vénérienne s'effaçait, le gonflement de l'os diminuait , les douleur nocturnes cessaient, et^l'engorgement dûtes-

INFLAMMATION SYPHILITIQUE l)V TK.STICULF,. 457

liculc finit par disparaître. Alors l'hydrocèle trouvé dans inos notes quelle avait clé la ler-

|)ut Cire traitée par l'injection, et le malade minaison de celle maladie. se guérit parfaitement. Depuis cette époque, il

s't^l marié et a eu plusieurs enfans. Observation liOl'. — A. U. eut, il y a Irois ans,

un chancre qui ne fnl p.'.s suivi de bubons; un

ObscrvationliOli'.— A. B., âgé ûe 52 nus, A\ait an après, il eut une lijdrocèle de la tunique

rOpididyme du côté droit considérablement vaginale du côté droit. Celle affection céda à

luiiiéfié et excessivement dur; cel engorge- l'usage du mercure el des lotions évaporantes,

mont était accompagné de douleurs à la tOte Sept ou huit mois après, il survint au lesli-

el dans les membres, s'exaspérant considéra- cule droit une luméfaclion qui a persisté. Le

blenient la nuit, de lelle sorte qu'il ne pouvait ieslicule est extréiuemenl dur, l'épididyme est

dormir, et que, suivant ses expressions, il en tuméfié, le scrolum est rouge; et il y a des

devenait presque fou. Lt même malade avait douleurs dans les reins et dans l'aine, eu aussi un gonflement douloureux du tibia

gauche et du coude. Observation Û08'. — C. T. avait les deux tcs-

<}ualre ans et demi auparavant, il avait eu ticules engorgés, sans rougeur du scrotum et

un chancre, pour lequel il n'avait pris qu'une sans beaucoup de douleur dans l'organe lua-

trèspelite quantité de mercure, parce que la lade. Cet engorgement m'ayant paru être de

maladie ayant disparu rapidement, il avait nature syphilitique, je prescrivis l'usage abon-

ccssé tout traitement. La santé ne fut en rien daut d'une décoction composée de salsepareille

altérée pendant quelque temps, mais il se dé- avec le deuto-chlorure de mercure. La guéri-

veloppa dans l'aine une tumeur qui ne tarda son a été parfaite, point à disparaître. Depuis ce temps, le malade

ressentit des douleurs ostéocopes, qui ont pré- Observation 409'.— Un domestique contracta, sente divers degrés d'intensité , suivant que le '1 Y «» un an, un chancre et un bubon ; depuis traitement était abandonné ou régulièrement ce temps , le testicule gauche avait commencé suivi. Il y a un an que dure le gonflement de à se tuméfier, était devenu dur. et cet engorl'épididyme et du testicule; d'abord ces parties gement s'était accompagné d'hydrocèle. Le ont été très-douloureuses : elles le sont beau- mercure a été employé , et le malade s'est parcoup moins maintenant. faitement guéri.

Observation 405'. — Un individu qui avait eu souvent à la gorge des ulcérations que je jugeai de nature vénérienne , vit survenir un gonflement indolent du testicule. L'organe avait pris une configuration pyriforme, et comme il était impossible de distinguer cette tumeur d'une hydrocèle, je fis pénétrer une lancette dans la tunique vaginale, mais il ne s'écoula que deux ou trois gouttes de sang. Je prescrivis le deuto-chlorure de mercure dissous dans la teinture de quinquina. L'emploi de ce médicament fut suivi d'une résolution prompte de l'engorgement du testicule.

Observation 406*. — Un homme vint me consulter en novembre 1807 pour une maladie du testicule. Cet organe avait la dureté du marbre. Quatre ans auparavant , le sujet de cette observation avait eu une maladie vénérienne suivie, au bout de quelques semaines, de l'engorgement des testicules. Sous l'influence du mercure, cet engorgement disparut dans l'espace d'un mois. Quatre mois après, l'engorgement se renouvela et disparut de nouveau au bout de deux mois sous l'influence du même traitement. Deux ans après l'époque où avait été contractée la maladie vénérienne , le testicule se tuméfia de nouveau , et fut de nouveau guéri ; dans le courant du printemps de 1806 , il s'engorgea encore une foisi A l'époque où je l'observai (au mois de novembre), il présentait un volume considérable. Le traitement consista dans l'usage du mercure porté jusqu'à salivation prolongée pendant un temps considérable. Je n'ai pas re-

Observation lilO'. Un individu , âgé de 32 ans. eut, il y a quatre ans, un chancre pour lequel il prit du mercure jusqu'à la cicatrisation de cette ulcération. Sa guérison parut complète. Quelques mois après, il éprouva dans les membres et dans la tête des douleurs qui furent suivies de gonflement du tibia. Il fit usage du mercure à plusieurs reprises, en quantité suffisante pour dissiper les symptômes, mais nonpour guérir la maladie. Il y a quatorze mois , le testicule droit fut pris d'un gonflement qui augmenta d'une manière graduelle : ensuite le testicule gauche devint douloureux et conserva un état d'induration jusqu'au moment où le malade me consulta. Je lui prescrivis le calomel et l'opium en quantité suffisante pour affecter la bouche, et je lui recommandai de continuer pendant au moins six semaines l'usage de ce médicament; je lui prescrivis en outre le décubitus dorsal, des applications de sangsues et des lotions avec une solution d'acétate d'ammoniaque et l'esprit de vin. Sous l'influence de ce traitement , le testicule se guérit complètement; mais lorsque ce malade quitta Londres après avoir cessé l'usage du mercure, la douleur de la jambe n'était pas encore entièrement dissipée. Depuis ce moment , je n'en ai plus entendu parler.

Je ne suis point disposé à discuter l'opinion de ceux qui prétendent que de telles affections ne sont point de nature syphilitique, et qui pensent qu'un trop long espace de temps s'est écoulé pour que le vii'us soit encore présent dans l'économie, que d'une autre part les symptômes ne sont pas assez décisifs pour ca-

Page 1