OSSIFICATION
DU
TESTICULE
La dépositioa de matière calcaire dans d'au. très tissus que celui d(!s os n'est pas un phénomène très-rare. On l'observe très-souvent dans les cartilages qui remplissent les fonctions d'os chez l'adulte, comme au larynx, à la trachée et aux cartilages des côtes: on observe aussi ce phénomène dans les tissus ligamenteux, comme dans le ligament de la symphyse pubienne, dans la symphyse sacro-iliaque et dans les ligamens du rachis. Quelquefois encore une matière calcaire se dépose dans les insertions tendineuses. Les membranes séreuses présentent assez fréquemment cette altération de tissu dans les vaisseaux artériels , où les dépôts calcaires sont l'apanage ordinaire de la vieillesse et sont placés enti-e les tuniques Interne et moyenne.
La plèvre présente quelquefois de larges plaques à la surface interne des côtes, le péiùcarde à sa surface intérieure sécrète parfois de grosses masses calcaires, et le péritoine en présente souvent aussi à la surface de la rate.
En disséquant des testicules tuméfiés et excessivement durs , j'ai quelquefois rencontré des dépôts calcaires en divers points.
La tunique vaginale devient dans certains cas le siège de cette altération ; une portion de cette membrane ossifiée m'a été donnée par M. Warner, chirurgien à l'hôpital de Guy, il y a AO ans.
Observation iilV. — M. Warner opérait un sujetqui avait une hydrocèle ancienne : il avait choisi le procédé par excision. Son bistouri fut arrêté par une matière calcaire existant dans une partie delà tunique; il parvint toutefois à enlever la portion de la tunique dans laquelle siégeait ce produit anormal. Je fis dessécher cette portion enlevée , et j'y trouvai plusieurs concrétions calcaires. Je la montrai, après une leçon de chirurgie, à M. Hunter, qui, après l'avoir examinée , me dit en plaisantant : Monsieur, je vous remercie ; et la mit dans sa poche.
On peut voir un magnifique exemple de cette altération de la tunique vaginale dans le musée de l'hôpital de Guy. Mais je reviendrai plus tard sur ce sujet, qui en ce moment ne rentre pas dans le cadre que je me suis tracé.
La tunique albuginée , qui a une structure tendineuse , est plus fréquemment que la tunique vaginale le siège de cette altération. On voit souvent de petites plaques cartilagineuses
et calcaires enlre la tunique vaginale et le testicule. Quelquefois la tunique albuginée est entièrement couverte de matière calcaire , en même temps qu'elle en est interslitiellement saturée.
On peut en voir un exemple remarquable dans la collection des préparations de l'hôpital de Guy.
Quand une induration est le résultat d'une inflammation chronique des deux extrémités de l'épididyme, la matière calcaire est quelquefois répandue sur le globus major ou le globus minor. C'eet en effet dans ce point qu'on l'observe le plus fréquemment.
Dans les testicules considérablement tuméfiés , au milieu des produits plus récemment épanchés qui en remplissent la substance, on trouve aussi des portions de cartilage au sein desquelles s'observe une certaine quantité de substance calcaire.
Un testicule soumis à l'influence d'une inflammation chronique simple peut quelquefois, à la faveur d'un long espace de temps et d'une certaine altération de la constitution, subir des modifications telles, qu'on peut y rencontrer les apparences vai-iées d'une matière pulpeuse, d'unkyste, d'un cartilage avec matière ossiforme, etc. L'observation suivante en est un exemple frappant.
Observation hl^". — James Verrail , âgé de 26 ans , musicien d'un théâtre , contracta , pour la quatrième fois , dans le printemps de 1823, une blennori'hagie qui donna lieu, après trois ou quatre semaines , à un engorgement inflammatoire du testicule, pour lequel il fit des lotions évaporantes et observa le repos ; sous l'emploi de ces moyens disparurent les symptômes inflammatoires, mais le testicule conserva sa dureté et un volume beaucoup plus considérable que celui qu'il présente dans l'état naturel.
Cet individu reprit ensuite son genre de vie, qui était très-irrégulier, et en octobre suivant le testicule acquit un volume encore plus considérable, surtout à la partie postérieure, puis il continua à augmenter de volume jusqu'à l'entrée du malade à l'hôpital Saint^homas, le 8 avril 1825 , dans le service de M. Tyrrel.
Voici l'exposé des symptômes qu'il pi-ésenlait à cette époque; son visage était pâle, sa santé générale profondément altérée; dans la partie affectée revenaient par intervalle des douleurs qui se propageaient au loin.