AFFECTION FONGOÏDE DE LA TUNIQUE VAGINALE
La tunique vaginale peut chez certains sujets devenir le siège d'une inflammation foingueuso : en \oici un exemple remarquable.
Observation Û33°. — M. T*** âgé de soixante ans, légèrement Icucophlcgmatique, d'une santé débile, remarqua, il y a quinze mois, dans lecôté gauche du scrotum, un gonflement indolent, qui coexisiait avec une collection de sérosité dans la tunique vaginale. S'étaut confié aux soins de M. Brodie, celui-ci lui prescrivit un traitement mercuriel, des applications de sangsues et le décubitus dorsal ; mais la tumeur n'éprouva sous l'influence de ce traitement qu'une diminution à peine sensible. Le liquide fut alors évacué au moyen de la ponction; sa qmnlité était d'environ deux onces: le traitement fut continué et la ponction pratiquée une seconde fois. Cependant la tuméfaction et l'inciui'ation persistèrent : je fus àlois consulté, et mon avis fut que l'on persévérât dans ce mode de traitement avec la plus grande constance et la plus rigoureuse exactitude. Au bout de quelijues semaines, il fut
convenu entre M. Brodie et moi, que la partie malade serait enlevée si la ponction nous donnait la certitude que le liquide n'esistait qu'eu petite quantité; une lancette fut plongée en trois endroits différens, et quoique la fluctuation parût manifeste, aucun liquide ne s'échappa.
Le testicule fut donc enlevé par M. Brodie, et à la dissection nous trouvâmes les altérations suivantes : le testicule était parfaitement sain, le con luit déférent ne put être injecté que jusqu'au commencement del'épididynie; celui-ci avait subi un alongement considérable par suite des tiraillemens qu'exerçait sur lui la tumeur; il s^était converti en un cordon membyaueux. La cavité de la tunique vaginale était remplie par une substance spongieuse, ayant tous les caractères d'un fungus qui est au début. Elle était épaissie et contenait une large plaque osseuse; le cordon spermatique était sain.
Le malade succomba à un érysipèle : l'examen de son corps ne fit découvrir aucune autre trace de maladie.
DE L'HÉMATOCELE.
L'hématocèle est un épanchemeut de saug dans la tunique vagiiiale.
Dans cette maladie, la tumeur est pyriforme et indolente comme dans l'hydrocèle ; elle ne s'accompag .e point de symptômes généraux ; la fluctuation y est obscure , mais il u'y a pas la moindre transparence.
Elle se distingue de l'hydrocèle par sa pesanteur plus graiide, par son défaut de transparence, par l'obscurité de sa fluctuation; mais, etsurtout, en ce qu'elle est ordinairement le résultat soudain d'un Coup sur la partie.
Observation ûSi*. — Un homme vint me consulter, pour un gonflement du scrotum qui, d'apiès sou l'écit, avait succédé à une violente contusion sur le pommeau de la selle, en montant achevai. Le sang qui était extravasé donnait à la tumeur des teintes marbrées. Elle offrait la figure pyriforme de l'hydrocèle; mais à une exploration altcntive , on reconnut manifestement qu'elle n'avait aucune transparence. Ayant pratiqué une incision à la tunique vaginale, j'en fis sortir une grande quantité de liquidfibrmu'itre, de sang et de caillots, dont la couleur (Hait altérée par un long séjour dans cette cavité; je prescrivis ensuite des cataplasmes pour favoriser la suppuration dans la tunique \aginale.
Dans h's cas de ce genre," on trouve, à la dissection , la tunique vaginale excessivement épaissie; le sang renfermé dans sa cavité offre la couleur du café, et, s'il s'y joint de la sérosité , la coloration de celle-ci est la même. On trouve le i»ag à trois étals diffé-
rens suivant les circonstances : 1° Il est entièrement coagulé. 2" Une certaine quantité de sang liquide accompagne les caillots, et alors la tumeur est extrêmement tendue; si on y pratique une ouverture , une hémorrhagie peut se faire par l'orifice du vaisseau, lorsqu'on a cessé la compression. 3° Quand la maladie s'est accompagnée d'inflammation ,il se mêle au sang de la sérosité.
Observation 435°. — M. V*** fut conduit chez moi par M. Hairis, chirurgien. Il avait, au scrotum une tumeur pyiiforme, ayant deux fois le volume du poing, et qui existait depuis dix sept années; cette tumeur n'avait jamais occasionné de douleurs et gênait seulement par son volumeet par son poids. Le malade l'attribuait à un coup qu'il avait reçu, à la chasse, contrôle pommeau de sa selle, et qui lui avait causé une douleur vive mais de très peu de durée. On pouvait sentir le testicule et l'épidid>me à la partie inférieure de la tumeur. Plus haut, on constatait la présence d'une substance solide, mélangée avec un liquide. La tumeur n'avait aucune transparence ; jamais le malade n'y avait éprouvé de douleur.
J'ouvris la tumeur en septembre 1822, et j'en fis sortir un sang liquide , couleur café , et une substance solide, jaune-biunâtre. La tunique vaginale élait épaissie et semblable au parchemin le plus dense. Je plaçai dans la plaie une mèche de coton, et le malade retourna en voiture â sa demeure, qui était distante d'environ trois milles. Le même jour , pendant qu'il était assis à son comptoir, il fut
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pris d'une hémorrhagie abondante (le la tunique La distension detcnninantuncvive douleur,
vaginale , hùuionlKigie qui produisit la syn- je pratiquai inirnedialemeut une incision qui
cope; on le plaça dans son lil. Le lendemain, donna issue i'i une grande quanlilé d'eau et
il y eut une violente réaction générale avec do sang coagulé. La tunique, examijiéc inté-
suppuration de la tunique vaginale. Le traitement consista dans l'application de cataplasmes chauds et l'usage d'une poliou composée avec le sulfate de magnésie et la solution d'acétate d'ammoniaque, trois fois par jour. Vers le troisième ou le quatrième jour, de gros caillots sanguins sortirent de la plaie et furent suivis d'une abondante suppuration. Les symptômes fébriles se dissipèrent.
La suppuration continua avec la même abondance et sans hémorrhagie. pendant une quinzaine de jours, après lesquels elle commença à diminuer. Pendant ce temps, il prit trois fois par jour la décoction de quinquina ,
rieureracnt au mojen de cette incision, piésenla une déchiiure longue d'un à deux pouces et recouverte par un caillot.
Observation Û39". — Le docteur Saunders , ancien professeur de médecine à l'hôpital de Guy, avait une hydrocèlc pour laquelle il réclama les soins de M. Lucas, mon collègue; la ponction fut pratiquée. Mais étant tombé en montant sur une chaise pour atteindre un livre, le scrotum porta, dans la chute, sur le dos de la chaise. Il en résulta une tumeur que M. Saunders considéra con^e une récidive de son hydrocèlc; ce qui le détermina au bout fi la dose de deux onces, avec dix gouttes dd quelques jours à prier lAI. Lucas de lui faire d'une solution d'acide sulfurique. Les cata- de nouveau la ponction. Mais à l'introduction plasmes furent continués pendant trois se- du tiocart, il ne sortit aucun liquide. M. Saunmaines; la partie fut maintenue, élevée par ders ayant ensuite consulté plusieurs chirurle rapprochement des genoux qu'on attacha giens, il fut décidé que M Cline pratiquerait ensensble, ce qui favorisa l'écoulement du une'incision à la tunique vaguiaîe ; celle-ci pus. Ensuite, on appliqua des bandelettes étant ouverte, on la trouva remplie de sang, d'emplâtre agglutiuLilif et de savon. Lorsque ce liquide eut été évacué, on appliqua
Six semaines environ après l'opération, le des cataplasmes, et la guérison ne se fit pas atmalade était parfaitement bien. tendre.
Observation Û36°. — L'hématocèle succède quelquefois à la ponction pratiquée pour l'hydrocèle, surtout si l'on se sert d'une lancette.' M. Sherwood de Picading m'a raconté que, dans un cas d'hydrocèle qu'il venait d'opérer par la ponction, il s'échappa un peu de sang après que la canule eut été retirée. Les l.èvres de la plaie furent réunies, et, quelque temps après, l'hydrocèle sembla s'être formée de nouveau. On se prépara à la traiter par l'injection. Mais, lorsque le trocart fut introduit, on reconnut quota tunique vaginale était remplie de sang. On y pratiqua une incision ; le sang fut évacué , et le malade a guéri.
Observation Û37*. — M. Lewis , chirurgien à MarkLane, donnait des soins à un malade , auquel il avait deux fois pratique la ponction pour une hydrocèlc. Deux mois environ après la dernière opération, le malade revint avec l'apparence d'une nouvelle récidive, à cela près seulement que la tumeur était un peu plus arrondie. M. Lewis renouvela l'opération et donna issue à une pinte d'un sang liquide et épais. Quinze jours aprèS;, la tumeur reparut, mais depuis celte époque on n'a pratiqué aucune opération, et la tumeur a disparu peu à peu par l'effet de la résorption.
L'hématocèle coexiste souvent avec l'hydrocèle et en est une conséquence.
Observation 438". — On amena à l'hôpital de Guy un homme qui portait une hydrocèlc ancienne, sur laquelle il avait reçu un coup \iolent, qui détermina une contusion du scrotum et une augmentation soudaine dans le volume de la tumeur.
Observation !i[iO. — M. A..., portant d(''jà une double hydrocèlc, se donna un coup contre le pommeau de sa selle, dans une chute que fit son cheval. Quoiqu'il eiit éprouvé h peine quelque douleur au moment même de l'accident, le scrotum commença aussitôt î^i se tuméfier et acquit dès le jour mêu), èun volume énorme , surtout dans les premiers iustans qui suivirent la chute.
La tumeur était d'abord molle et dépressible, mais le jour suivant elle devint solide et résistante, ce qui provenait évidemment de ce que le sang, d'abord liquide, s'était ensuite coagulé au bout de quelques heures. Le scrotum avait l'aspect ecchymose d'un œil meurtri.
Un chirurgien, consulté par le malade, prescrivit une application de sangsues, puis des cataplasmes dont j'ignore la composition. Il ordonna en outre des lotions évaporantes, et fit recouvrir la partie contuse avec un emplâtre résolutif.
Le malade me consulta en mars 1828, un mois après l'accident. A l'époque à laquelle je le vis pour la première fois, les deux tuniques vaginales étaient distendues : celle du côté di'oit contenait une masse en partie solide et en partie liquide; du liquide seulement était contenu dans celle du côté gauche.
Ayant plongé une- lancette dans la tunique vaginale du côté droit, j'évacuai un liquide qui présentait d'abord l'aspect ds sang veineux, mais qui, examiné avec plus de soin? était d'un? couleur bruu-ciiocolat. Un caillot volumineux resta dans la tunique vaginale, et je crus reconnaître, autant que j'en pus juger, qu'il y avait eu même temps un engorgement
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du testicule. Le liquide incolore fut évacué en totalité. Il n'avait aucune odeur désagréable ni fétide.
Voici, je pense, comment on peut se rendre compte des circonstances du fait qui vient d'être rapporté. Du sang s'étant extravasé se coagula d'abord en totalité ; ensuite il se sépara du caillot de la sérosité, qui devint de plus en plus abondante , tandis que , de sou côté, le caillot alla en diminuant peu à peu.
J'ai revu l'individu qui fait le sujet de cette observation plusieurs mois après l'accident. L'hydrocèle s'était reproduite des deux côtés; et quoique certainement la partie solide eiit diminué, cependant il en restait encore une quantité appréciable.
L'héniatocèle n'est pas toujours le résultat d'un coup.
Observation UliV. — J'ai donné des soins conjointement avec M. Hichs à un individu qui avait une tumeur pyriforme, volumineuse^ de la tunique vaginale gauche; jamais il n'avait ressenti de douleur dans cette partie : on y sentait une fluctuation ol)scure; la tumeur n'était pas transparente. J'y pratiquai en présence de M. Hichs, une incision qui donna issue à environ une pinte de sang liquide. Cette tumeur n'était point la suite d'un coup, mais M. Hichs l'attribuait aux exercices actifs auxquels ce malade avait l'habitude de se livrer.
Observation lihl'. — Il existe dans la collection de l'hôpital Saint-Thomas une hématocèle pour laquelle oa avait pratiqué, par suite d'erreur de diagnostic , l'ablation du testicule. La maladie avait présenté les symptômes et les signes physiques d'une affection du testicule, ce qui avait déterminé le chirurgien à pratiquer la castration. Ayant fait à l'hôpital Saint-Thomas la dissection delà tumeur, que l'opérateur n'avait pas même eu la curiosité d'examiner, je reconnus à l'ouverture de la tunique vaginale que cette membrane était extrêmement épaissie, remplie d'un sang coagulé, de couleur rouge-brun. Le testicule était situé à la partie postérieure et inférieure de la tumeur.
Traitement de l'hématocèle. — Le traitement de l'hématocèle doit varier suivant la manière dont s'est formée la maladie. Si elle est la suite d'un coup, et si elle n'est pas accompagnée d'hydrocèle, le meilleur traitement consiste dans le décubitus dorsal, les applications de sangsues, les purgatifs et même si la douleur est vive, la saignée de bras. Il faut en outre faire des Pnplications locales avec unesolutioii d'acéta* d'ammoniaque et d'alcool, de manière ;i maintenir lapartiedans un étal de refroidissement, afin de réprimer la tendance à l'hémorrhagie.
On peut, par l'emploi des moyens précédens,
prévenir l'inflammation, tandis que les vaisseaux absoi'bans sont excités à résorber le sang extravasé. Mais s'il existe en mêmetemps une hydrooèle, le meilleur mode de traitemens, à moins toutefois que l'inflammatioa n'ait beaucoup d'intensité, consiste à faire une Incision et à évacuer le liquide renfermé dans la tunique vaginale. Puis , sans introduire aucune substance étrangère, on abandonne la maladie aux suites naturelles de l'inflammation.
Quand l'hématocèle paraît spontanée, et quand elle ne peut être attribuée à aucune autre cause qu'aux efforts musculaires du malade, elle tient, selon toute apparenct-, à ce qu'il existe dans la constitution du malade quelque altération contre laquelle le chirurgien doit diriger un traitement aussi bien que contre la maladie locale. Dans les cas de cette nature, il existe ordinairement une lésion des viscères et plus spécialement du foie ; dans d'autres circonstances, la maladie est le résultat de la présence d'un obstacle à la circulation, obstacle ayant son siège dans la poitrine ; ce n'est que quand l'altération générale a été détruite sous l'influence des remèdes internes, que la guérison de la maladie locale peut avoir lieu sans l'incision de la tunique vaginale. Le décubitus dorsal est alors tout-àfait nécessaire pour prévenir le retour de l'exhalation sanguine, lorsque le liquide contenu dans la tunique vaginale a été résorbé.
Dans l'hématocèle, il est de première nécessité d'ouvrir la tunique vaginale afin de bien reconnaître l'état du testicule; la castration en effet, a quelquefois été pratiquée par suite de méprise, dans des cas où le testicule était parfaitement sain.
Quelquefois une réaction violente succède à l'incision de la tunique vaginale, dans cette maladie.
Observation ÛW. — M. H. .. portait une double hydrocèle. On évacua le liquide contenu dans celle du côté droit, au moyen d'une incision pratiquée avec la lancette; mais au bout de quelques jours la tumeur devint plus considérable que jamais, et beaucoup plus dure qu'auparavant. Deux ans après, le malade me consulta de nouveau. La tumeur du côté droit n'était point transparente, celle du côté gauclie l'était encore. Je soupçonnai qu'à la suite de l'opération, il s'était formé dans la tunique vaginale un épanchement sanguin. Ayant donc pratiqué une ponction, il s'écoula du sang liquide offrant la couleur du café et ne présentant aucun caillot. La tunique vaginale était extrêmement épaissie, mais le leslicule paraissait sain. Une réaction violente, et même inquiétante survint après cette opération , qui fut néanmoins suivie d'une terminaison heureuse.
MÀLIDIËS DES ENVELOPPES DU TESTICULE
DU VARICOCELE.
Par suite de la situation déclive des testicules, les veines spermatiques sont soumises à de grandes variations dans la quantité du sang qu'elles contiennent. Dans la station, par exemple, elles sont distendues pai-le sang, et dans le décubitus horizontal elles deviennent au contraire moins remplies : sous l'influence du relftchement et de l'épanouissement produit par la chaleur, ou par un état d'affaiblissement, elles se laissent distendre. Leurs tuniques cèdent à la pression de la colonne sanguine. Aussi les habitans des climats chauds sont-ils sujets au varicocèle.
L'obésité est encore une des causes de cette maladie. En effet, la graisse accumulée dans le mésentère et dans l'épiploon exerce une pression qui s'oppose au libre retour du sang dans les veines. La compression exercée parles vôtemens ainsi que celle qui résulte de l'application d'une ceinture autour de l'abdomen, constituant de même un obstacle à la circulation veineuse, peut encore devenir une cause de varicocèle.
Il n'est aucun observateur qui n'ait remarqué que le vaiicocèle existe plus souvent à gauche qu'à droite. La raison de ce phénomène se trouve dans le mode de terminaison de la veine spermatique gauche, comparée à celle du côté droit. De ce dernier côté, elle pénètre dans la veine cave inférieure presque dans un sens analogue à celui du cours du sang dans ce vaisseau, tandis qu'à gauche elle se termine dans la veine rénale presqu'à angle droit avec le courant veineux qui revient du rein, ce qui oppose quelque résistance à sa circulation. On peut assigner encore une autre cause à cette prédispositionplus marquée au varicocèle du côté gauche. En effet, le testicule gauche descendant plus bas que celui du côté opposé, la colonne de sang est pi us pesante et par conséquent les veines sont un peu plus distendues.
Quelles que soient au reste les causes de la prédisposition plus grande au varicocèle gauche, l'effet qui en résulte est l'augmentation de diamètre des veines, de telle sorte qu'elles deviennent plus tortueuses et augmentent d'épaisseur dans leurs tuniques, d'oîi il suit que le cordon spermatique est plus épais et plus plein de ce côté que de l'autre.
Le varicocèle mérite à peine le nom de maladie ; car, dans le plus grand nombe des cas, il ne produit ni douleur, ni gène, ni diminution des facultés génératrices.
Un de mes premiers collègues à l'hôpital avait une légère hydrocèle du côté droit et un varicocèle du côté gauche. Cependant il s'est marié et a eu de nombreux enfans ; dans un petit nombre de cas , le varicocèle détermine un sentiment de gêne dans les reins et dans le trajet du cordon spermatique. D'autres fois le malade s'en affecte ; il s'imagine être atteint d'une grave infirmité qui compromet sa viri-
lité. Cette crainte mal fondée suffit pour faire le tourment d'un esprit faible, et jusqu'à ce qu'on soit parvenu à dissiper ses craintes, ou jusqu'à ce que l'expérience lui ait fait reconnaître son erreur, le malade va consulter une foule de médecins, dans l'espoir d'obtenir une guérison. J'ai rencontré des cas dans lesquels le varicocèle siégeait au côté droit ; je l'ai rencontré, mais rarement, des doux côtés à la fois.
AniATOAIIE PATHOLOGIQUE DU VARJCOCKLE.— A la dissection, toutes les veines sont dilatées et ont subi un allongement tel, que la veine située sur le trajet du conduit déférent descend beaucoup plus basque le testicule luimême: de sorte que cet organe est situé au devant d'elle. Il résulte encore de cet allongement qu'une portion considérable du varicocèle descend au dessous du niveau du testicule. En même temps que ces vaisseaux se distendent et deviennent variqueux, leurs membranes s'épaississent pour leur permettre de supporter la surcharge de la colonne sanguine; ou plutôt cet épaississement est déterminé par la plus grande quantité de sang qui afflue dans leurs vasa vasorum.
DiAGSloSTic. — Le varicocèle peut être confondu avec la hernie. Il y a, entre les deux affections, une similitude de symptômes, qui devient, quelquefois, une cause de méprise.
De même que la hernie, le varicocèle s'accroît à partir de l'abdomen, et suit une marche descendante ; comme la hernie , il augmente de volume dans la station, et disparaît en grande partie dans l'attitude hoiizontale ; comme elle enfin, lorsque le varicocèle est volumineux, il augmente de volume par les efforts de la toux. Toutefois généralement ce dernier symptôme n'est pas très-manifesle.
Mais le varicocèle diffère de la hernie par l'état de sa surface, qui fait éprouver la sensation d'un amas de vers placés dans le scrotum, et dans les intervalles desquels les doigts peuvent s'insinuer et se toucher en quelque sorte à travers l'épaisseur de la tumeur; dans la hernie, au contraire, on perçoit au toucher une tumeur lisse et uniforme.
Le varicocèle ne s'accompagne ni de constipation, ni du gargouillement de la hernie intestinale.
Malgré les caractères différentiels de ces deux maladies , il m'est arrivé plus d'une fois de rencontier des malades atteints de varicocèle , et à qui on avait appliqué des bandages ; pratique qui, non seulement ne peut avoir aucun résultat avantageux, mais qui doit au contiaire, nécessairement, exercer une influence fâcheuse en s'opposant à la libre circulation du sang qui revient du testicule. Malgré les analogies apparentes que pourraient offrir, au premier aspect, quelques-uns des eymptOmes de» deux maladies , 11 est toujours
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facile à l'analomiste et au chirurgien d'établir entre elle un caractère distiuctif. Voici comment on l'obtient: Ou fait placer le malade dans une position horizontale, et on rj^lève le testicule jusqu'à ce que les veines soient dégorgées. — Alors le chirurgien, plaçant son doigt contre l'anneau inguinal, engage le ma-
sans que la santé ni aucune des fonctions en soient le moindrement altérées.
Néanmoins , il arrive quelquefois, très-rarement à la vérité, que levarirocèle détermine une vive douleur dans le testicule et dans les reins, et c'est pour des cas de cette nature qu'on a proposé de lier la veine spermatique, après
Ude h se lever: les veines sperniatiques se avoir fait une incision sur le trajetde ce vaisseau.
remplissent de nouveau, tandis que, parce moyen , toute descente de la hernie est prévenue. D'un autre côté, le sang arrivant encore au testicule par l'artère spermatique, et ne pouvaut retourner dans l'abdomen par les veines que comprime le doigt du chirurgien , on voit le varicocèle se remplir. Ce dernier effet est produit , lors même que le malade ne se lève pas, et pour peu que les doigs pressent le cordon au niveau du canal inguinal.
Traitement. — Le traitement du varicocèle doit avoir pour objet d'en prévenir l'accroissementet d'en éloigner les inconvéniens actuels.
1°I1 faut soutenir le scrotum au moyen d'un suspensoire, afin de diminuer la longuiur de la colonne sanguine en soulevant les testicules et en exerçant une compression sur les veines. Le meilleur tissu pour faire ce suspensoire est un réseau de soie.
2' Les parties doivent être tenues dans une température aussi fraîche que possible, afin de diminuer l'afflux du sang; dans ce but, le suspensoire doit être de soie et les vêtemens minces et légers.
3° Toute pression des vêtemens sur l'abdoment doit être évitée avecleplusgrandsoin,car c'estune cause nécessaire de lenteur dans le retour du saug, lenteur qui augmente nécessairement la disteusion des vaisseaux. Les bains entiers froids sont utiles en ce qu'ils donnent du ton et de la fermeté ù toute l'économie. Le malade devra, en outre, baigner la partie, matin et soir, dans de l'eau froide, Icnaiît en dissolution du nitrate de potasse et de l'hydro-chlorate d'ammoniaque.
Si les veines sont très-distcndues, il convien-
C'est une opération que je redoute au plus haut point , car elle expose la vie du malade, aussi me garderais-je bien de la recommander. Les opérations sur les veines, par suite de la grande susceptibilité de ces vaisseaux à s'enflammer , sont plus dangereuses que celles qui sont pratiquées sur les artères. Une Inflammation étendue peut être le résultat de leur ligature et se propager jusqu'au cœur. On a à craindre la suppuration de leur tunique interne que j'ai vue plusieurs fois entraîner la mort, dans les opérations sur les veines des membres.
L'excision d'une partie du scrotum amène une diminution des veines du cordon spermatique; cette opération peut être tentée sans danger, et peut txès bien réussir dans le cas de dilatation très-considérable et accompagnée de douleurs.
Bien qu'étant en général sans importance, le varicocèle exige quelquefois une opération. Dans le cas suivant, le malade supplia M. Key de faire l'amputation du testicule.
Observation ûû4°. — Th... , âgé de 18 ans,;;fut admis en juin 1826 à l'hôpital de Guy, dans le service de M. Key, pour une dilatation des veines spermatiques accompagnée d'une douleur très-vive. Environ 3 ans auparavant , au moment où il montait à cheval, l'animal se lança en avant. Il en résulta un froissement du testicule contre la selle, etuneforle contusion, suivie , pendant quelques minutes, d'une 4ouleur atroce [cxcruciante).
Au bout de 15 jours , toute douleur était entièrement dissipée , mais, à pai-tir de cette époque , le malade remarqua que le testicule gauche devenait plus mou que l'autre, et que quel-
dra de pi'escrire des vésicatojres sur le scrotum, ques douleurs se faisaient sentir de temps en
ou d'autres applications ir)itantes qui , en déterminant un épaississcment de cette enveloppe , l'amènent à cxei cer sur les veines une pression plus forte et plus constante.
Mais dans les cas de varicocèle tels qu'ils se présentent ordinairement, il est préférable de déclarer au malade que la tumeur n'a rien d'jnciuiétant, qu'elle n'exerce aucune influence fâcheuse sur les fondions génératrices, ce
temps dans le trajet du cordon ; il crut s'apercevoir aussi'que le tcsl'cule s'atrophiait peu à peu. Pendant 2 ans 1/2 cet état ne donna lieu qu'à des inconvéniens très-légers et supportables. Mais quelques mois avant son entrée à l'hôpital, la partie commença à se tuméfier et à devenir plus douloureuse lorsqu'il se livrait à un exercice actif.
Voici quel était, à l'époque de son entrée.
qui doit lui faire bannir toute crainte et toute l'état de la partie malade. Le scrotum pré ■ " ■ ■■ sente une tumeur noueuse, irrégulière, située
à la partie supérieure et postérieure du testicule, s'élevaut un peu vers le cordon, et faisant éprouver à la main la sensation d'un paquet de cordes liées entre elles. Le tesiicule est mou , moins gros que l'autre, douloureux à la pression ; la douleur est rapportée principalement à la région lombaire. Le gonflement veineux offre les caractères ordinaires du va-
inquiétude. Que ioulcfois, afin de prévenir l'augmentation de la tumeur, il doit : 1" faire usage d'un suspensoire en réseau de soie et d'ablutions froides; 2° m;iinlenir ses vêtemens peu serrés autour de l'abdomen. Le chirurgien doit encore, pour relever le moral du malade, lui dire que le varicocèle est si fréquent, que, probablement sur vingt personnes, il y en a aa moins une qui eu est atteinte , et cela
MALADIES DKS FN\ELOPPES DU TESTICULE.
îicocèle,se dilatant par les efl'orts clo la loux, prolongée, et une iTK'îclication fondante. On
et augmentant de volume dans l'atlilnde verli- avait proposé de traiter ce cas par l'em-
cale. ploi d'nne ligature appli(inéc sur la veine sper-
Sur les instances du mal?ide , l'amputation inatiquo, dans la pensée que ce moyen pour-
du testicule fut pratiquée après qu'on eut em- rail amener la (rucrlsou du varicocéle; mais
ployé sans succès des applications sédatives lo- la constilulion naturellement irritable du ma-
cales, les sangsues, la position horizontale lade fit rejeter celle opération.