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THAITÉ DES MALADIES DU TESTICULE

J'ai rapporté à l'occasion de la maladie fongoïde du testicule une partie' des détails du fait suivant (Voy. page Û51 et suiv.). Le malade, qui était un chirurgien , est mort depuis. Je dois à son fils la suite de l'histoire de sa maladie. J'ai examiné le corps en présence de MM, Callaway, Dixon, de Kennington, et Bryant.

Observation [\U5: — Vers le mois de décembre 1828 , M. H. éprouva une légère attaque de paralysie qui fut bientôt dissipée , mais qui fut suivie , pendant quelque temps , d'un afTaiblissement considérable. Le changement d'air et le repos procurèrent une amélioration dans cet état.

En février, ou au commencement de mars 1829, il reprit ses occupations, et les continua jusqu'en septembre. Pendant ce temps, il éprouva fréquemment de l'anorexie et des éructations ; les fonctions digestives se troublèrent, et l'irritation intestinale devint telle, qu'il avait rarement moins de deux et même trois évacuations par jour. 11 ressentait fréquemment, dans les reins, des élancemens douloureux, et l'abdomen était le siège d'une sensation de plénitude. Le pouls, pendant tout ce temps , fut rarement au-dessous de quatrevingt-seize pulsations. Dans le mois d'avril , il rendit un peu de pus par l'anus; mais ce symptôme ne reparut pas.

Le 16 septembre 1829 , M. H. s'aperçut toutà-coup d'un engorgement du testicule droit, accompagné d'une légère douleur dans le cordon. Le lendemain matin, la douleur s'étendit, devint très-intense dans lés reins, et nécessita l'emploi des ventouses et l'application des sangsues à l'hypogastre. Il continua encore à visiter ses malades jusqu'au 20 ; mais à cette époque il garda le lit d'après le conseil de Sir Astley Cooper.

On employa de nouveau les ventouses. Le malade était très-abattu. Tout l'abdomen était très-sensible ; la pression déterminait une grande douleur dans le côté droit. Dans cet état , le malade éprouva une sensation telle, qu'il lui sembla que quelque chose s'était échappé lout-à-coup à l'intérieur de l'abdomen, puis il se sentit soulagé de la violente douleur qu'il éprouvait. Mais la sensibilité du ventre s'accrut, et il se fit des évacuations intestinales abondantes, à la suite desquelles les symptômes subirent de nouveau une amélioration.

Les deux testicules étaient alors considérablement augmentés de volume ; le malade était excessivement épuisé ; son pouls était à 110 et

faible. M. Callaway fit, à la tunique vaginale, une ponction, qui donna issue à un liquide qui se coagula immédiatement. Le malade parut alors se rétablir peu h peu.

Le 26 octobre, quoique Irès-amaigri et alité il était délivré de toute sensation pénible; l'appétit était bon, la respiration libre, les selles l'égulières; les nuits étaient bonnes; le pouls s'élevait à 98 ou 100 pulsations; de temps en temps, quelques douleurs se faisaient sentir dans les testicules et les reins. Le malade se levait pendant le jour , et deux ou trois fois il se hasardait à quitter sa chambre et à dèscendre pour se réunir à sa famille.

Cet état continua jusqu'au 23 novembre époque à laquelle M. H. éprouva du dégoût et un malaise général. Deux ou trois jours après , il eut un paroxysme fébrile précédé d'un violent frisson, d'une vive céphalalgie, delà coloration du visage, et d'une augmentatiou générale de la chaleur. Le pouls s'éleva à 110. Cet accès dura de quatre à six heures, et fit place à une transpiration modérée ^ qui dans certains momens devint très-abondante. Le malade passa très-bien la nuit, et le lendemain, matin ses médecins le trouvèrent exempt de tout symptôme fâcheux. Son pouls était revenu à sa fréquence oïdinaire , de tiS à 100, Ce paroxysme revint chaque jour, et devint plus irrégulier.

Tel fut l'état du malade, à très-peu de variations près , si ce n'est que le pouls descendit rarement au-dessous de 104 pulsations, jusqu'au matin du 7 décembre, où il fut pris d'une légère attaque épileptiforme, au moment où un ami lui lisait le journal. Cette attaque s'accompagna d'un ronflement profond , et de bouffissure des joues , avec une très-légère déviation dans le côté droit de la bouche, comme chez une personne paralytique. Il sm-vint des mouvemens convulsifs dans les bras et dans les jambes. Le pouls s'affaiblit , mais ne s'accéléra pas. Quelques stimulans lui furent administrés. Un léger larmoiement survint et, dans l'espace de dix ou quinze minutes il recouvra sa sensibilité; mais il eut toute!» journée une légère incohéience dans ses idée:- La température de son corps s'était élevée • se joues étaient colorées; son pouls était petit et il parlait presque continuellement.

Le 8 décembre, il était complètement remis de son attaque, et il disait lui-même que Je jour précédent il avait entièrement perdu le sentiment de son existence.

Chaque jour, il se développait un accès de

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lièvre qui n'était point précédé d'un frisson Hussi «stinct que celui qu'où avait observé antérieuremeul. Ces accès s'accompagnaient d'un grand affaiblissement et d'une sensation d'épuisement et d'anéantissement telle qu'il devint nécessaire de recourir fréquemment ii l'emploi des stimulâns. Durant ces accès, le pouls, bien qu'augmenté dans sa fréquence, ne perdait rien de sa force ; les muscles des bras et des jambes étaient le siége^ de soubresauts fréqueas , que la pression faisait dispalaître.

Sous l'influence de ces paroxysmes répétés et de cet état d'épuisement, la santé générale déclina rapidement. Le malade se plaignait fréquemment d'une céphalalgie caractérisée par desélaucemens, pour laquelle des lotion,s évaporantes furent employées. Parfois , il restait pendant plusieurs heures dans un état de subdelirium. Pendant une de ces attaques de délire , il fut atteint de diplopie. Les personnes qui passaient au pied de son lit lui paraissaient manifestement doubles. Quand on approchait une bougie, il demandait pourquoi on en employait deux. Il se rappela lui-même v.e symptôme le jour suivant. Ces périodes de surexcitation étaient parfois suivies d'une abondante transpiration, et, de temps à autre, d'urines copieuses, dont l'émission était accompagnée d'une légère douleur; les selles étaient régulières et les sécrétions naturelles. M. H. continua à languir, en proie à de fréquens paroxysmes fébriles , tourmenté par un sentiment d'épuisement , et plongé dans le délire. Son pouls fut rarement au-dessous de 108, principalement pendant les six dernières semaines, jusqu'au 6 février, époque de sa riiort. Dans les trois semaines qui précédèrent sa mort, il n'eut guère de selles qu'au moyen des lavemens; et, au moment de la défécation. Il éprouvait un tel épuisement qu'on aurait cru qu'il ne pourrait pas sui'vivre à l'accomplissement de cette fonction.

Autopsie. — Le testicule gauche était considérablement tuméfié. A cette tuméfaction était réunie une hydrocèle de la tunique vaginale. Le testicule ayant été ouvert par sa partie inférieure, on le trouva rempli intérieurement par une matière molle , qui parut dépourvue de vaisseaux, et qui, dans plusiems points, était réduite à un état de demi-fluidité. Le cordon spermatique était intact ; mais les ganglions situés sur le trajet des vaisseaux spermatiques étaient légèrement engorgés, et présentaient intérieurement une couleur blanchâtre.

Le testicule droit était également tuméfié et affecté d'hydrocèle. Il contenait une matière blanche solide. Le cordon spermatique était sain; mais les ganglions offraient la même altération que ceux du côlt- opposé.

Les vesiéules séminales, la prostate et la partie inférieure des canaux déférens, à la partie postérieure de la vessie , étaient considérablement tuméfiées et distendues par une matièrs blanche de la wOtae nature que colle

qui était lenfermée dan» le testicule. Celte matière n'était pa^ organisée.

Les artères iliaque interne et hypogastrique des deux côlés étaient oblitérées , dans plusieurs points, par une substance hématoïde, qui adhérait étroitement à leurs tuniques, de manière à n'en pouvoir être séparée sans déchirure.

Le commencement du colon , à partir du cœcum, était le siège d'un rétrécissement avec épaississement des parois de l'intestin, et accompagné d'une ulcération circulaire de la muqueuse ; cette "Icération était de nature cancéreuse. Le rein gauche contenait une masse fongueuse, de couleur plus foncée que la matière renfermée dans le testicule. L'uretère était dilaté. Le rein droit était atrophié de manière à n'avoir que le tiers de son volume naturel. Son bassinet, et l'uretère, jusqu'à sa terminaison dans la vessie, étaient excessivement dilatés.

Les poumons étaient tuberculeux et ulcérés.

Bien que cette maladie fût, dans plusieurs points, décidément cancéreuse, elle présentait, l'éunis à un haut degré, les élémens de l'affection scrophuleuse , et ceux du cancer.

Observation liliQ'. — Extrait d'une lettre datée de Cambridge, le 3 mars IS^O, par John Okes. — « Le testicule que je vous ai envoyé en 1823 appartenait à M. E., boulanger de cette ville , âgé d'environ 25 ans , qui, d'après mes recommandations , était allé vous consulter sur l'opportunité de l'opération. Il avait essayé , dans le désir d'obtenir la résolution de son engorgement, divers moyens thérapeutiques, dont le principal éliiit le mercure. Mais ces moyens étant restés sans effet , vous fûtes d'avis qu'on ne devait pas différer l'opération. Celle ci fut pratiquée en mars 1823, et la guéi ison fut compliîte au bout de trois semaines , de sorte qu'il put reprendre ses occupations à cette époque. En novembre suivant, M. E. commença à ressentir, dans le bassin , une douleur qui se propageait, en avant, dans l'abdomen , du côté correspondant au testicule malade. En peu de jours, cette douleur acquit une telle intensité, qu'elle détermina des vomissemens et une fièvre intense. Ces symptômes cédèrent presque entièrement à deux copieuses saignées du bras , et à quelques purgatifs.

Mais environ quinze jours après les môme» accidens reparurent. J'explorai l'abdomen avec soin, et je parvins à découvrir dans le côté indiqué une tumeur assez volumineuse pour justifier les craintes que j'avais conçues sur l'existence d'une maladie de la même nature que celle qui avait affecté le testicule, maladie qui s'était probablement propagée ù quelque organe en relation avec le testicule, par exemple, aux ganglions lymphatiques. La tumeur de l'abdomen continua à se développer jusqu'en mai suivant, 182i, où, sur votre recommandalion, le malade fut mis, pendant quelques semaines, à l'usage de la teinture d'iode à hautes doses. }l ïic parut retirer auciui avantage de cette

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