TUMEUR SCROPHULEUSE DE LA MAMELLE
du pus , tout eu conservant une certaine soll- lier; l'usage des substances animales les plus
^[(S. faciles à digérer; le lait, les farineux, en un
Dans le traitement, on doit se proposer pour mot, un régime qui puisse nourrir sans provo-
but l'amélioratiou de la santé générale. On y quer de chaleur fébrile, et qui soit propre à
parviendra en prescrivant un climat chaud et ranimer les fonctions digeslives. sec; une température uniforme: les bains Les médicamens qu'on doit préférer sont le
d'eau de mer tiède; un exercice doux et régu- carbonate de fer et la rhubarbe» le calomel
coude j la douleur e'tait assez vive pour empêcher le sommeil. Toux, sans expectoralion ; pouls plein, mou •t fréquent ; visage colore.
Cette hypertrophie douloureuse de la mamelle droite existait depuis dix-huit mois environ ; on ne pouvait lui assigner aucune cause locale fonde'a; aucun coup, aucune autre violence eite'rieure, n'avaient e'ié portes sur la mamelle. Le développement morbide se fit d'une manière graduelle , et ce ne fut qu'au bout d'un mois que la partie devint douloureuse. La malade consulta alors un médecin , qui lui donna des soins pendant deux mois; le traitement se composa de deux saignées et de plusieurs purgatifs. Ensuite, elle séjourna, pendant trois mois, a l'hôpital St-Thomas, dans le service du docteur EUiotson. Là, elle fut saignée plusieurs fois, tant avec la lancette qu'avec les ventouses. Elle fut traitée, en outre, par les lotions froides et le carbonate de fer, mais sans en retirer aucun avantage.
Plus tard, elle entra à l'hôpital de Guy, où elle resta, pendant six mois, dans le service du docteur Morgan , qui ne prescrivit aucune saignée et eut recours h la compression. Elle fit deux séjours dans cet hôpital. La seconde fois, elle fut traitée par le docteur Key. Elle suivit aussi les consultations du docteur Callaway, dans le même établissement. Pendant son dernier séjour dans cet hôpital , on employa localement des emplâtres de belladone; M. Callaway lui prescrivit les opiacés , et enfin l'iodure de fer, avec l'infusion de cascarille. Il est à remarquer que la saignée a toujours été suivie d'une amélioration dans l'état de la respiration et dans celui des mamelles.
Le 17 novembre, le sein gauche était très-volumineux, mais il n'était le siège d'aucune douleur. Il avait douze pouces et demi de circonférence, et celui du côté droit, quinze pouces et un quart. D'après le "récit de la malade, ce dernier était beaucoup plus gros six mois auparavant. Depuis cette époque, il avait considérablement perdu de son volume,
Emily Jones a été réglée à treize ans pour la première fois, mais jamais sa menstruation n'a été régulière. Les époques sont ordinairement séparées les unes des autres par un intervalle de deux ou trois mois, et sont toujours précédées , accompagnées et suivies de douleurs. Il ne s'écoule alors qu'une très-petite quantité de sang , de couleur noire. Jamais elle n'a rendu de caillots sanguins, ni de fragmens membraneux. Dans le temps où elle devrait avoir ses règles, elle éprouve de la douleur a l'occiput. Les évacuations intestinales ont lieu habituellement d'une manière naturelle.
Le 38 , une saignée du bras , de 1 3 onces , eut un résultat favorable. M, Guthrie vit la malade et conseilla la teinture de lytta , deux fois par jour , à la dose de dix gouttes , mêlées à quantité égale d'huile de térébenthine. Le docteur Hoe la vit également peu de temps après , et recommanda la phlébolomie , l'application des sangsues et l'usage de l'iode , tant à l'intérieur qu'a l'extérieur. Suivant sa manière de voir, la saignée devait avoir pour résultat de dissiper la congestion sanguine a laquelle il attribuait l'augmentation anormale de volume , et l'iode avait pour but de stimuler l'action des absorbans.
Le3o, M. Lynn adopta l'avis de M. Guthrie. Un an avant cette époque, il avait recommandé le mariage. La malade éprouvait moins de douleurs et se trouvait mieux. On prescrivit le mélange suivant : Teinture de lytta, dix gouttes ; huile de tcrébenlbine , un demi-gros; eau et mucilage, quantité suffisante pour faire une potion , à prendre trois fois dans la jourm'e.
Le 7 décembre , le sein n'avait rien perdu de son volume normal, mais il était beaucoup moins douloureux. La malade accusait une vive douleur dans les reins, et dit qu'elle était atteinte de leucorrhée. La térébenthine n'avait causé ni maux de cœur, ni cuisson.
Le i3 , le sein parut un peu moins volumineux et était évidemment moins irritable. L'émission des urines avait été douloureuse. Il y avait même eu rétention, et l'on avait été obligé de recourir k l'emploi du cathéter, et d'administrer un lavement opiacé.
Le ^l^, M. Guthrie prescrivit des frictions avec la pommade suivante, qui produisit de bons effets: Acétate de morphine, deux grains ; axonge , deux gros. Faire des frictions, matin et soir, avec un gros de cette pommade.
Le i5, la mamelle était plus douloureuse et plus irritable. La malade était arrivée à une époque où ses règles auraient dû couler, si sa menstruation eût été régulière. Le passage des urines était devenu moins brûlant.
Le 21 ,1a malade faisait usage des bains de siège le soir. Elle prenait la mixture de Griffiths etle» pilules de Galbanum. L,es règles avaient paru la semaine précédente, mais seulement pendant une heure.
Le 24, amélioration très-marquée. Le sein droit avait perdu presque entièrement son irritabilité. Il avait , ainsi que celui du côté gauche , diminué singulièrement de volume. Ils n'avaient l'un et l'autre que neuf pouces de circonférence. La malade était plus gaie qu'au moment de son arrivée, et se livrait à l'espoir d'une guérison complète.
Le i/j janvier l834, elle était beaucoup moins bien depuis quelques jours. Elle était en proie au découragement. La HiameUa droite e'tait presqu'aussi douloureuse et presque aussi irritable qu'au 17 novemb»*
Kum evàtâ, avee là rhubarba; un grain de pi- .ma uicdccixi qui croie que uous poaséckons ub
Iules mercurielles uyi à deux ou trois graius remède contre celte maladie; tout ce qu'on
de quinine ; l'infusion de columbo avec la rhu- peut adiucUre, c'est que les moyens les plus
bai-be et la soude. Je ne pense pas qu'il y ait convenables consistent à soutenir les forces
■précèdent. Uae saignée du bras fut suivie de soulagemtat. Oa lui fit prendre de nouveau la teinture de iytta, avec l'huile de te'rébenthine. On presTivit, en outre, un demi-grain d'extrait de belladone, deux fois par jour, et des lotions avec l'ace'tate de morphine sur la mamelle, La malade e'iail très près d'une époque menstruelle.
Le 25, la malade se trouvait beaucoup mieux. Le volume des seins commençait de nouveau à décroître. En février, à la suite d'un accident, la malade se fractura une côle, ce qiii nécessita l'eiiiploi de la saigne'e , des purgatifs et d'un bandage roule autour de sa poitrine. On suspendit la teinture de Ivtla.
Le 18, on fit reprendre à la malade ses me'dicamens ordinaires, qu'elle ne voyait qu'avec répugnance, k cause de la douleur et de l'irritation qu'ils dèlerminaient, jusqu'au monieul où ils exerçiient leur influence.
Le i*^' mars , e'tat satisfaisant } mamelle indolente et diminuant de volume; même irre'gulaj-itè de la menstruation.
La malade voulut quitter l'hôpital et se borner à venir aux consultations. Mais on n'en entendit plus parler.
Observation J . Hyperti ophie et névralgie de la mamelle gauche. (The London med. and surg. Journal, I septembre iSJ/j, p 22?.J. — Elisabeth l'ollard, àyee Je dix-huit ans, noB mariée, pâl-- et d'un tempé'-aiii. at leuco-phlegiiialique , entra dans le service du docteur Whitc!, le ig juillet 1834. Elle avait joui d'u lie Ijonue sauté jusqu'au début de sa ni.iladie actuelle, qui existait depuis en\iron deux ans.
Cette affection se niauilesta , pourli première t'ois, |>ir une vi\e douleut et un> grande iriiiabilitc, a^'ant leur siëce sur le trajet de l.i colonne vtrléljrjle. Plus tard, d'autre^ parties du corps s ifficèrent de la même nianière, plus pariiculièreuient le sein gauche et la région spléuique, d'où la douleur se propageait souvent 1 long du hras, tantôt jusqu'au cou 'e, tantôt jusqu'au poignet.
Quatre mois avint son entrée à l'hôpital , sa mamelle gauche augmenta de volume, et devint tellement ^ouloure-use qu'elle ne pouvait pas supporter la plus légère pression. Cet étal dura deux mois, et tous les reiiièdes employés pendant ce temps reotèrent sans tffet. On employa les ventouses, les sangsues, les vésicaloires et enfin l'acupuncture, mais tous ces moyens turent inul.les.
La malade se présenta dans l'état suivant : toute la région occupée par la colonne vertébrale est tellement irritalde, que la plus légère pression j est insupportable et que la malade ne peut rester couchée sur celte partie. On n'observe aucune déformation apparente des os qui coniposent le rachis. La rectitude du tronc est parfaite. La mamelle gauch présente un volume plus considérable que l'autre, et est très-douloureuse. La malade est extrêmement nerveuse et sujette à des palpitations, à la suite des grands mouvemens. Sou appétit est irrégulii-r. Son sommeil est troublé par des lèves effrayans. Le pouls est petit et bat environ soixantehuit fois. Elle est su)ette à une affection paralytique fort curieuse , qui tantôt affecte le côté gaUche , pendant un jour ou deux, pour disparaître ensuite, et tantôt se présente sous la forme d'une paraplégie. Elle accuse, en outre, de U céphalalgie jccoiupaguée d'obscurité de la vue^ etcontre laquelle on a pratiqué avec succèji des lotions froides.
Interrogée sur l'é dt de sa menstruation, la malade a répondu d'abord, et b plusieurs reprises, qu'elle était p.irfiitement rcoléi is en la questionnant avec soin, on est parvenu à obtenir les renseigneniens
sul\an> : elle a été réglée , pour la première fois , h l'âge de i4 ans. L'écoulement se reproduit , en général, d'une manière régulière, quant à l'ei^oque de son apparition; le jdus ordinairement, il dure pendant trois ou quatre jours; mais quelquefois il cesse le deuiièuie ou le troisième , tandis que, d'autres lois, il se p.olonge jusqu'au sixième jour. Il est rare que la quantité de sang évacué soit la même aux différentes époques. Ce liquide est toujours d'un.- couleur pâle. Qu Iquefois il y a dysménorrhée D'après le récit de la malade , les .symp'diues i4u'elle éprouve ne s'exaspèrent point aux approches des époques meastruelles.
On prescrivit d'abord l'huile de térébeutliine avec la teinture de lytla, mais ces médicaïuens produisirent une violeute sirangurie, et, en conséquence, ils turent rejetés. Ou eut recours au carbonate de potasse, puis au carbonate de 1er, dont la malade prit deux drachmes par jour. Elle a suivi ce traiteinenl depuis le 23 aotil, et, en même temps, elle a fait, des frictions avee l'atétate de morphine sur la mamelle, mais sans en éprouver de soubigeiuent. Loin delà, elle trouve que son état a emjdié.
Le 6 septembre, il n'y avait aucune amélioration. On persista dans l'emploi du carbonate de fer, à la dose d'un gros et demi , trois fois ;ar jour.
M. White, en dirig anl l'attention de ses élèves sur ce cas, leur fit remarquer que , dans la névralgie des mamelles, il arrive Irès-souveot qu J les malades ne peuvent supporter une press on très-légère, tandis qu'une pression très-l'orte ne paraît déterminer aucune douleur. 11 ne j)ut assigner aucune cause à ce phénomèue, mais il regarda comme probahie qu'il dépen l de quelque état particulier des nerfs cutanés. 11 a observé des cas de paralysie, daqs lesquels on ne déterminait aucune douleur en serrant la peau entre les , mors d'une pince, ou en la piquant avec des épingles, et dans lesquels cependant les chatouillemecs de la plante du pied, avei le bout du doigt, déterminaient immédiatement des mouvemens convulsiti de tous le* muscles du membre.
Nous terminerons ce recueil de faits par l'olis»r^ii*i<>« suivante (Graves, ^c. eit.) , «ù l'oo v«rpa i'hy-