‹ Œuvres chirurgicales complètesChapitre 24 sur 214 · DU PREMIER OS CUNEIFORME · texte numérisé non relu

DU PREMIER OS CUNEIFORME

J'ai vu deux exemples de cette luxation ; l'un, que le premier os métatarsien. Chez ces deux

chez un malade qui me fit appeler quelques se- malades la réduction n'eut point lieu. Le pre-

maines après l'accident, l'autre, à l'hôpital de mier mai'chait avec très-peu de claudication ^

Guy. Dans les deux cas, les signes extérieurs et je crois qu'avec le temps toute difficulté dans

étaient les mêmes. L'os luxé faisait une saillie la marche a dû disparaître. L'accident avait eu

considérable en-dedans, était légèrement attiré pour cause une chute d'une grande hauteur,

en haut par l'action du muscle jambier anté- dans laquelle les ligamens qui unissent la pre-

rieur, et ne se trouvait plus sur la même ligne mier os cunéiforme avec le second et avec l'os

pied-Lot congénital, outre la saillie «e la tète de l'astragale au dos du pied, le calcaneum éprouve un mouvement de rotation sur son aie vertical, et se trouve ù moitié' luxe' sur l'astragale, tandis que dans la luxa' lion le calcaneum n'est aucunement déplace.

Celte luxation suppose un de'sordre consiJeralile , elle peut donner lieu aux accidens les plus graves. Monteggia a vu périr le dixième jour, au milieu de convulsions, un individu qui avait eu les deux derniers cune'itornies luxe's sur le dos du pied par suite d'une chute sur les pieds non suivie de plaie aux Ic'guraeus.

On doil avoir en vue dans la re'duction de celte luxation : i° de mettre les muscles du pied et de la jamLe dans le relâchement le plus complet possible ; 2'^ de maintenir fixes le talon, l'asUagale et la partie inférieure de la jamLe ; 3° d'exercer pendant un assez long temps^ sur la partie ante'rieure du pied, une liaclioa forte, en saisissant le pied entre quatre doigts place's sous la plante et le pouce place' sur le dos ; 4° d imprimer en même temps à la partie ante'rieure du pied une direction oppose'e à celle qu'il occupe ; j" enfin dams le cas d'insuccès , de recourir de lionne heure aux machines dont on se sert dans les diflerens pieds-hols.

Quant îi la première espèce de luxation ou h la ve'ritalile luxation du calcaneum, elle reconnaît pour signes :

1° Une saillie en dedans ou en dehors de la partie antérieure de cet os ; 2"= une disparition partielle de la tube'rosite postérieure, avec déviation du tendon d'AchiUe.

Cette luxation^ quelque grave qu'elle soit par le délabrement qu'elle suppose, ne nécessite point l'amputation comme le voulait Duverney; parmi les exemples que rapporte Sir A, Gooper , on voit des cas de cette luxation qui se sont terminés heureusement.

Nous terminerons celte note par l'histoire anatomico-nathologique d'un déplacement des os du pied d'une espèce particulière et qui tient à la fois des luxations de l'astragale, et des luxations de la seconde rangée du tarse sijr la première. -^ La pièce qui a servi à cette descriptipa a éle fepumJUe iiar l'un ^9 BOUS (M. Cbassaignac) sur un cadavre qui servait à son couj-à d'opérations.

L astragale répondait au tibia par la moitié postérieure soulemeatds sa poulie articulaire, toute la moitié Ititwenre ^ui etajt fecQuveyta ipar uo tissu §î)rem uès-rétjstant, offrait encore quelçfues yestiges du çartiv

scaphoîcle, avaient été rompus.Lcdeuxième ma- pied une lanière de cuir destinée à retenir l'os lade avait éprouvé celle luxation dans une chu- dans sa position, jusqu'à ce que les ligatnens te qu'il avait faite avec son cheval, et dans la- soient consolidés, quelle le pied s'était trouvé pris entre le cheval et le bord du trottoir. Je n'ai jamais vu la luxation des os du méta- Le traitement de cette luxation consisleà tarse. Elle est prévenue par leur union entre maintenir l'os en place à l'aide d'une bande eux, et par leur connexion sinueuse avec le imbibée d'un mélange d'eau et d'alcool : quand tarse; elle doit être extrêmement rare, si même l'inflammation a cédé, on doit fixer autour du elle arrive jamais.

lage d'encroûtement ; la petite coulisse placée eu arrière de la poulie astrsgalienne repondait à la surfacs articulaire du tibia ; d'un autre côle la lêle de l'astragale dans son articulation avec le scaphoïde était incomplètement luxe'e à la partie antérieure. Celte tête e'taii en outre surmontée en avant par une saillie de nouvelle formation qui formait avant la dissection un relief considérable à la face dorsale du pied. D'un autre côte', le pied pre'sentait une cambrure tellement conside'rable, que le calcane'um, malgré son obliquité', avait une direction presque perpendiculaire k celle du reste du pied qui e'tait devenue verticale. Or, en joignant cette circonstance à la sortie partielle de la tète de l'astragale, on voit qu'il y avait luxation de l'avant-pied sur la partie poste'rieure du pied.

Une des circonstances les plus curieuses de cette pièce anatomique, c'est le contact qui s'e'lait e'tabli entre le calcacéum et l'extréniité inférieure du péroné. Par suite de l'eitension forcée du pied, ces os en étaient venus à se toucher par deux points :

1° En arrière et un peu en dedans de la malléole, par une petite facette articulaire de nouvelle formation, complètement isolée et placée en arrière de la surface articulaire astragalienne du calcanéum ; 2* en dehors par le contact de la face externe du calcanéum qui venait répondre à la partie la plus culminante de la malléole externe ; il n'y avait point ici de surface articulaire de nouvelle formation. Le muscle pédieux, presque complètement atrophié, était rejeté en dehors de la saillie formée par la tète de l'astragale, ainsi que tous les tendons extenseurs; le nerf jambier antérieur, au moment de son passage sur le renflement formé par l'astragale , présentait un ganglion fusitorme très-dur. Cette pièce anatomique «yanl été recueillie rhei un sujet qui présentait un raccourcissement du membre pelvien par atrophie du fémur, la luxation pouvait bien avoir eu pour cause les efforts continus du malade pour rétablii- par une extension forcée l'inégalité de longueur des deux membres j telle était aussi l'opinion de M. Cruveilfcier, a l'examen de la pièce anatomique. Mais , quelle que soit la cause primitive de cetie déviation des os du pied, elle se rattache par beaucoup de points au sujet qui nous occupe. {Note des traii,)

DES

Page 1