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FRACTURES DU TIBIA

Souvent le tibia est fracturé dans l'intérieur de l'articulation du pied, ou un peu au-dessus d'elle. Ces fractures sont obliquement dirigées, soit en dedans, soit en dehors. La première de ces fractures commence au niveau du point où siège ordinairement la fracture du péroné, c'està-dire , à un ou deux pouces au-dessus de la malléole externe , et s'étend jusqu'à la partie interne de l'articulation. La seconde, partant de la même hauteur, s'étend en bas et en dehors jusque dans l'articulation.

La première se reconnaît à une crépitation dans l'articulation du pied, lorsqu'on imprime à celui-ci des mouvemens de rotation, de flexion ou d'extension ; il y a aussi Une légère inclinaison du pied en dehors. Si la fracture ne pénètre pas dans l'articulation, mais se trouve située obliquement au-dessus d'elle , le fragment inférieur fait une légère saillie au-dessus de la malléole interne.

Le traitement consiste dans l'usage des lotions évaporantes et du bandage à bandelettes ; on doit appliquer des attelles rembourrées et coudées , dans le but de tenir le pied incliné en dedans et de ramener le gros orteil dans sa direction naturelle sur la ligne de la rotule.

Les symptômes de la fracture oblique du tibia en bas et en dèhoi's, dans l'articulation, sont : 1" la crépitation comme pour la fracture obliqué eh dedans ; 2° l'inclinaison du pied en dedans , et 3° une saillie anormale de la malléole externe. ..: . I .

On doit faire ici usage des mêmes moyens que dans la fracture précédente.

Quant à la position , voici ce qu'elle doit être dans les deux cas :

La jambe, disposée de manière à ce que le genou soit fléchi et élevé, doit reposer sur le mollet et sur le talon. Les attelles soutiennent le pied de chaque côté, et la jambe est appuyée sur un coussin qui s'étend depuis le genou jus-

qu'au pied, et qui est fixé par des rubans de fil. J'ai remarqué que , dans ces deux espèces de fractures , il est très-avantageux que le malade ainsi que le membre soient couchés sur le côté externe; mais, en plaçant le membre sur le talon, le chirurgien a l'avantage de pouvoir observer la moindre déviation dans la direction du pied , par rapport à celle du membre. Celte position est aussi plus commode pour le malade.

Quelquefois la portion externe de l'extrémité inférieure du tibia est fracturée dans le point où cet os est uni au péroné ; ce genre de fracture est causé par un saut d'une hauteur trèsélevée. Dans ce cas, le tibia est déplacé en dedans , et le pied s'élève entre les deux malléoles. Le traitement est le même que pour la luxation du pied en dehors.

Les fractures obliques et compliquées , dans l'articulation du coude-pied, ont une terminaison généralement heureuse, quand on parvient à obtenir la réunion de la plaie ; ce qu'on obtient en recouvrant la déchirure de la peau avec de la charpie trempée dans le sang, et en laissant ce topique jusqu'à ce qu'il se sépare de lui-même. On doit appliquer le même appareil que dans la fracture simple; mais on est obligé de varier la position suivant le lieu qu'occupe la plaie. La suppuration elle-même, dans la plupart des cas, n'est point un obstacle au rétablissement des malades , à moins qu'ils ne soient très-avancés en âge.

Mais si une fracture dans l'articulation et avec plaie, est accompagnée de l'écrasement des os , ou d'une hémorrhagie provenant d'un vaisseau considérable, alors il convient d'amputer immédiatement , surtout lorsque le malade est obligé de travailler pour vivre ; car , après la guérison, surtout si la fracture était très-comininutive , le membre resterait d'un usage bien imparfait (1).

(l) L'observation suivante nous a paru digne d'inte'rêt.

Fracture des deux malléoles ; fracture verticale de V extrémité inférieure du tibia; luxation du pied 'en dedans et en arrière. {Gaz, méd., i832, p. 647.) — Le 11 août l83s , fut place' b la salle Ste-Marthe , i THôlel-Dieu , un homme d'une cinquantaine d'anne'es, d'une corpulence assez forte, à face large et Lourgeonne'e, ivrogne d'habitude, selon son propre aveu. Ce matin, e'tant sorti de très-bonne heure, il avait fait un faur pis et une chute, sans qu'il pût expliquer comment. De là , divers désordres de l'articulation du pied gauche. Le pied paraisssait raccourci en avant et alonge' en arrière; le bord acte'ricur de la surface articulaire infe'rieure du tibia faisait saillie en avant au-dessus du tarse, et tendait assez fortement la peau ; l'os semblait en même temps le'gèrement de'jeté en dedans , sa malléole , fracturée obliquement d'arrière en arant et de hautea bas, avait suivi l'astragale en arrière; «lie était donc se'pare'e du res,te de l'os par ua

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FRACTtJRES

DE

L'ARTICULATION SCAPULO-HUMERALS,

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Fractuee PS l/fVCeOMIOS. — Cette éj^ifxmÇf pJ9e 4ç )'onipplate j^squ'à I^ çlsviçi^ ç^or çeaj

os^eyse e&t fracluiée quelquefois. Dans eg cas , à leur pQint de réunion , uue Répression âije ^

eu comparant les deux épaules, po observe que l'îiffajsçeiRient de la partlie fractvtrée, Lsi di-

celle du côté de la fracture a perdu sa roudcur; staijce,qui sépare l'exlréBdilé sternale de la

une partie des attaches du muscle deltoïde clavicule du sommet de reparle, est moin;^

étant rompue, la tête de l'humérus s'enfonce grande que du côté gain. Si le chii'urgien élève

vers l'aisselle, autant que le permet le ligament le bras en le saisissant au-dessous du coude, dç

capsulaire. Ensuivant l'açromion, depuis l'c- manière à faire mouvoir le muscle âeltoïiÇlfi^

S-j iKiiliiî ;■*■ :>

intervalle de trois ou quatre lignes. Le péroné était fracture k peu prts dans la ni^naa di<rectionj en wrte que le corps de l'os avait suivi le tibia en n\aaH , mais la malléole avait reculé en arrière avçc l'^tragalç auquel elle demeurait étroitement wnie. Tous Ids essais de réduction occasiopaient une crépitalipn générale dans l'articulation j il était impossible de rendre la coaplation tout ù fait exacte, mais on y réu^sisaait h peu près et assez facilement d'ailleurs en fléchissant la jambe sur la cuisse, et eu faisan^t dans eetjie position les extensions convenables. Tendance aVL delirum t remens ; mobilité générale des arli^çulatlQnsj soiouver ment continuel de tous les muscles ; coBunencement de délire ; le blessé red<Hii9Qt À'$^|ipitl>Si^9y sroFsil voir un couteau dans chaque attelle. '

Le pied étant luxé en dehors et en arrière, on joignit 'a l'appareil ordinaire des fractures du péroné , un appareil supplémentaire, consistant en un coussin étendu ù la partie postérieure de la jambe, plié en double sous le calcanéum , pour faire porter à faux le tendou d'Achille, et soutenu par une attelle. Une Lande roulée à l;i partie inférieure de la jambe devait à la fois amener le (ibia en arrière et repousser lecalcanéum en avant. (Saignée, potion calmante.) L'appareil étant placé, la douleur diminua, mais non la tremblement, auquel se joignit un délire complet. Le lendemain [saignée de huit onces , lavemens avec laudanum). Rien ne réussit. On renouvela les saignées, et le lendemain on lut obligé de rétablir l'appareil dérangé par les .soubresauts du blessé. ,

Le 17 (/e laudanum eitj^iipprini(f ;, iiat^s^es a^jipophjses m^^^ ^él.j||^ ,diiaipuji,jjres^U#

Immédiatement, aprèi, .',"',., ,i ' ' ■...'... > , i , •-

FRACTURES DU l'ÉPXUMK. |7^

l'épaule reprend aussitôt sa forme naturelle, Le bras doit être «enlevé, autant que possible,

mais cette forme s'altère dès qu'où laisse re- contre la face inférieure de l'acromion fractu-

tombcr le bras. ré; et le coude, porté un peu en anièi-e, doit

La meilleure manière de reconnaître cette être fixé à la poitrine par une bande roulf'e. Il

lésion et de la distinguer d'une luxation, c'est fautconscivcr celte position pendant trois se-

d'élever le bras comme il vientd'étre dit. Après maincs , avec l'aLteation d'éviter le plus léger

avoir rétabli la forme de l'épaule, le chirurgien mouvement. Celle fracture est suivie d'un ap-

^pplique la main sur l'acromion et imprime au pareil inlammaloire très-peu intense, et le

bras des mouvemens de rotation; alors une travail d'ossification est peu prononcé dans les

crépitation est perçue distinctement au soro- fragmens.

met de l'épaule , et le long de la partie supé- Si l'on plaçait un coussin dans l'aisselle , les

ïieure de l'épine de l'omoplate. Le malade aus- fragmens seraient largement séparés l'un de

^itôt après l'accident, sent conqme si son bras l'autre, puisque l'effet de ce coussin serait de

allait se séparer du tronc et tomber ; l'épaule porter en dehors la tête de l'humérus. ., ;

lui fait éprouver une sensation de pesanteur Fracture pu col de l'omoplate.— L'acçi-

incommode , et il a à peine la force d'élever ce dent qui est le plus susceptible d'être pris pour

membre. une luxation de l'humérus, c'est la fracture de

Les fractures de l'acromion peuvent se réunir la portion la plus rétrécie du col de l'omoplate,

par un cal osseux ; mais le plus ordinairement vis-à-vis l'échancrure du bord supérieur de cet

l'union est ligamenteuse, h cause de la diffi- os. La cavité glénoïde, étant séparée de l'omo-

culte qu'on éprouve pour obtenir une coaptalion plaie, se porte, avec la tête de l'humérus, dans

exacte , et pour mainlenir le membre parfaite- l'aisselle ; l'épaule s'affaisse, il existe une exca-

ment au repos pendant le temps qui est requis vation au-dessous de l'acromion , par suite de

pour la consolidation. la dépression du deltoïde ; enfin, l'on peat sea?

Dans le traitement de cette fracture , la tête tir la tête de l'humérus dans l'aisselle. -j '>h

de l'humérus est l'attelle qui maintient l'acro- ' ■

mion en place; c'est pour atteindre ce but, que Observation 161*. —Une jeune dame fut jetée

le coude doit être soulevé et le bras tenu dans hors d'un cabi'ioletpar la chute du cheval, et le

une position fixe. Il faut, en outre, mettre le chirurgien qui fut appelé auprès d'elle dia-

deltoîde dans le l'elàchement, ce que l'on ob- gnostiqua une luxation de l'épaule. L'extension

tient en plaçant uii coussin entre le coude et le fit disparaître tous les signes de luxation , et le

côléduthiorax. Si le coude était appliqué contre bras fut maintenu par une bande. Le lende;

le trou.c,.i'ftçi:opùott serait écarté du scapulum. main matii», le çhiriirgien p^'app^ela eii cpusuir"

Le i8, le malade e'tait Lien, souffrant un peu, causant sensément ; seulement , l'appareil avec ses coussins ne tenait pas plus de vingt-quatre heures, et la réduction n'était pas exactement niainteaue. 11 s'en suivit que le tilii'a soi^levaut fortement la peau, cella-ci pâlit , puis se couvrit d'une escharre , qui cependant n'alla jamaik jusqu'à l'os. j • ; • . .- ; • '

Le 19, on s'aperçui d'unes ejcliar**; assez large au sacrum 5 le lendeiaai'ay .la délire recommença. (Sangsues aux oreilles ; /^K«/rt?iM7M,)Il y eut q.uélque rémission, mais preiqiie jamais de cessation compltjte. Cependant l'interne de la salle s'etant- aperçu que le bandage tet^qu'itëldit applique, ue re'ussissait pas à maintenir eu contact tous les fragmens, et codait d'ailleurs aui mouvemens convulsifs du malade, imagina de contenir l« tibia dans sa positioa en appuyant sur la partie ante'rieure de cet os à l'aide du compresseur de M. Dupuytreo. En effet, l'articuFation reprit sa forme naturelle; mais malheureusement, le lendeninin, quoiqu'on eût garni l'instrun^nt d'e'pais coussins, il apparut sur le plein de la compression des traces de gangrène. On ôta Iq coinpresseur et la réduction n'en resta pas moins exacte $ mais le malade etail trop affaibli. Le de'iire revint encore e4 fut suivi cette fois d'affaissement. La mort survint dans- Ijes^rtaierajout-s du mois. ■ '•'

autopsie. — Une large escbarre au sacrum, une sur le coude-pied, une h la partie ante'rieure du tibia, A l'examen de la pre'tendue luxation on trouva les fractures comme elles ont e'te' décrites ; mais de plus , une fracture verticale se'parant transversalement la moitié' ante'rieure de la surface articulaire tibiale, qui e'tait unie au corps de l'os, et la moitié poste'rieure de celle-ci, se'pare'e h un pouce de hauteur, appuyant encore sur l'astragale comme dans l'e'tat ordinaire, et porfe'e en arrière ainsi que cet os. Tous les ligamens de l'articulation e'taient intacts, excepte' là où la solution de continuité' des os avait inte'resse' les fibres qui s'y insèrent. La luxation en avaat n'était autre chose que le déplacement du fragment antérieur de la fracture; la luxation en dedans provenait de ce que rexlrémilé du tibia portée en avant n'avait trouvé de point d'appui que sur le point le plus élevé du tarse, qui est un peu plus en dedans que la poulie articulaire de l'astragale. "Tous les os du pied étaient dans l'état normal , à pai;t l'astragale dont la surface articulaire était viç^emment fVoissée à sa partie antérieure. . • •■

En général, il est très-rare que la luxation du pied en arrière, ail lieu sans fracture et par simple ç'chap. pementdes surfaces articulaires. Dans le plus grand nombre des cas, le péroné est rompu, et sa malléole reste «n arrière.

L'observation qu'on vient de lire est rare, non pas tant''a cause que les deux malléoles sont f e^ee; i^R arrière, que par cette fracture vertic,4le du tibja méconnue pendant la vie , et qui a paru étonner le mor fcsseur, après la mort. ,i. [Note des trad.)

f^iRACtORÈS lÎE l'ÉPAÙLÈ.

disait-il , la luxation s'était Fracture dD COL de L'HUMÉhtiS. — L'hu-

lation, parce (ïue,

reproduite. Jetrouvai la tête de l'humérus dans mérus est fracturé quelquefoisimmédiatement

l'aisselle , et l'épaule assez affaissée et aplatie au-dessous de ses tubérosités, au niveau de sou

pour offrir plusieurs des caractères dé la luxa- col.J'ai vu cette lésion chez des sujets âgés et chez

tion. Toutefois, si l'on élevait l'épaule, en soulevant le bras au-dessous du coude, en même temps qu'on poussait la tête de l'humérus hors de l'aisselle, la difformité disparaissait aussitôt; mais le bras retombait et l'épaule s'affaissait de nouveau, dès qu'on cessait de le soutenir ainsi. Alors, je fis exécuter au coude des mouvemens de rotation; en même temps, appliquant la main sur l'apophyse coracoïde et saisissant le sommet de l'épaule entre mes doigts , je sentis une crépitation manifeste. La nature de la lésion étant ainsi suffisamment éclaircie, je plaçai un coussin épais dans l'aisselle, et, attirant? l'épaule dans sa position naturelle, je l'y mainlins par un bandage à clavicule ; et, au bout de sept semaines, la réunion était obtenue sans difformité.

La difformité qui résulte de cette fracture est en raison de l'étendue de la dilacération d'un ligament qui s'étend de la face inférieure de l'épine de l'omoplate à la caYiié glénoïde , et qui n'est pas décrit dans la plupart des ouvrages d'anatomie. Si ce ligament est rompu , la cavité glénoïde et la tête de l'humérus s'affaissent profondément dans l'aisselle; maiss'il est intact , le déplacement est beaucoup moins considérable.

• Les signes diagnostiques de cette fracture sont les suivans : 1° la facilité avec laquelle les parties sont replacées ; 2° l'affaissement immédiat de la tôle de l'humérus dans l'aisselle, quand les efforts d'exfcnsion sont suspendus; 3^ La crépitation qui est sentie à l'extrémité de l'apophyse coracoïde, pendant les mouvemens de rotation du bras. Le meilleur procédé pour découvrir cette crépitation, consiste à placer la main sur lo sommet de l'épaule et à appuyer l'extrémité du doigt indicateur sur l'apophyse coracoïde pendant qu'on fait mouvoir le bras. Quoique cette apophyse ne soit le siège d'aucune lésion, cependant comme elle fait corps avec la cavité glénoïde avec laquelle elle a été séparée du reste de l'omoplate , la ciépitation se communique au doigt par son intermédiaire.

Le traitement de cette fracture est fondé sur deux principes : 1° porter la tôle de l'humérus en dehors; 2* élever la cavité glénoïde et le bras. La première indication est remplie par lin coussin épais placé dans l'aisselle, et qui peut y être maintenu par un bandage à clavicule ; la seconde , en plaçant le bras dans une écharpe très-courte , qui permet ?i la tête de l'humérus de soutenir la cavité glénoïde et le col du scapulum , jusqu'à ce que l'union soit obtenue.

Le temps nécessaire pour la consolidation est chez l'adulte, de dix ou douze semaines. Chez les sujets très-jeunes, les mouvemens sont rendus au membre plus promptement , mais sa force ne revient qu'an bout d'un temps très, oug.

des sujets très jeunes ; mais elle est très-rare chez l'adulte. Chez les jeunes sujets, la fracture a lieu au point de réunion de l'épiphyse avec le corps de l'os ; chez les vieillards, cet accident est dû au ramollissement dé celte portion de l'humérus.

Dans cette lésion, la tête de l'humérus reste en place ; mais le corps die l'os s'affaisse dans l'aisselle , où l'on peut seiitir son extrémité, et il entraîne le deltoïde de manière à faire perdre à l'épaule une grande partie de sa rondeur.

Observation 162% — Un enfant âgé de 10 ans fut apporté à l'hôpital de Guy. Il présentait les symptômes suivans : il ne pouvait écarter i'è coude du tronc , ni élever le bras , sans dé grandes douleurs , à moins qu'il ne le soulevât avec la rnain du côté sain. Le gonflement consécutif avait comblé l'excavation qui d'abord était résultée de l'affaissement du deltoïde. Latête de l'humérus étant fixée, on pouvait, en portant le bras verticalement de bas en haut, faire saillir l'extrémité supérieure du fragment inférieur sous le deltoïde, au point de la reconnaître au toucher et même à la vue. La crépitation était obtenue, non en imprimant des mouvemens de rotation au bras , mais en soulevantle corps de l'humérus et en le portant en dehors. La fracture avait été causée par une chute dans un fossé-à-scier , profond de huit pieds ; l'épaule avait supporté tout le poids de cette chute.

C'est surtout chez les sujets âgés que cet accident peut être pris pour une luxa tion ; car alors la souplesse de l'articulation en est beaucoup diminuée, et les changemens de posilion de l'os sont ob tenus plus difficilement.

Le meilleur procédé pour reconnaître cette fracture est le suivant : Si l'on embrasse la tête de l'humérus avec les doigts pour la fixer, si ensuite on fait tourner le bras en le saisissant au coude , on observera que la tête de l'os n'obéit point aux mouvemens imprimés au membre, ce qui doit être, puisqu'elle est séparée du corps de l'os par une fracture qui , dans ce cas , est extérieure au ligament capsulaire.

La réunion a lieu dans un intervalle de trois à six semaines , suivant l'âge du malade.

Pour le traitement, il faut appliquer une bande roulée depuis le coude jusqu'à l'épaule ; placer une attelle tant à la face interne du bras qu'à sa face externe ; et maintenir ces dernières parune autrebanderoulée; ensuite un coussin, placé dans l'aisselle, a pour effet de porter la tête de l'humérus en dehors; et, enfin on soutient mollement le bras avec une écharpe ; si le bras était trop soulevé, les fragmcns chevaucheraient, elle cal ne serait pas régulier.

Obseriiation 163* , ixcueiUie par M. James Mardi. — William Mills , âgé de 72 ans, tomba sur l'épaule par un temps dégelée très-intense;

FRACTURES DE l'ÉPAULE.

il entra h rhôpital,lrois jours après l'accident. Le bras et rt'paulc (Haicntle sicgc d'un gonflonient cousidcrable. Les téguincns ela ion l l'ougcs et douloureux. On ne pouvait sentir aucune crépitation; le gonflement empêchait de reconnaître la nature de la lésion, {sangsues , lotions évaporantes.) Le second jour, le gonflement ayant un peu cédé , on découvrit une fracture du col de l'humérus. La douleur et la tuméfaction devinrent plus intenses , et firent des progrès ; la peau s'enflamma et prit un aspect érysipélateux ; puis elle devint gangreneuse. La fièvre s'alluma ; il y eut

du délire, et le malade mourut le dixième jour,

yJutopsic. — La peau et le tissu cellulaire, h la partie interne de l'épaule, au niveau de la clavicule , étaient considérablement épaissis, et avaient l'aspect d'une escharre. Lorsqu'on divisa le muscle deltoïde , il s'écoula de l'incision une grande quantité de pus sanguinolent , mêlé de sérosité. Le ligament capsulaire était déchiré dans une grande étendue; l'humérus était fracturé à son col ;il y avait aussi une fracture oblique de la tète de cet os ; un petit fragment osseuï s'était séparé du col.

(i) M. Morley, de Ultoxeter, a communiqué à Sir A. Cooper, uu cas de fracture complique'e de la tête de l'humérus , dans lequel l'extrémité supérieure de l'os fut réséquée au moyen de la scie. La réduction fut opérée et le malade guérit avec un raccourcissement peu marqué. Cette opération a été suivie de succès dans plus d'un cas analogue. Ainsi, M. White, chirurgien de l'hôpital de Westminster, a communiqué k Sir A. Cooper un cas dans lequel la resection de la tête du fémur fut suivie de guéi-ison. Le fémur s'était luxé par suite de la destruction du reLord de la cavité cotyloïde. [Note des trad.)

FRACTURES DU COUOE.

Fracture «e l'humérus au-dessus des co:vDYLES. — Les condyles de l'humérus peuvent être séparés du corps de l'os par une fracture oblique, siégeant Immédiatement au-dessus de l'articulation ; cette lésion peut être facilement confondue avec une luxation du radius et du cubitus en arrière, car l'aspect des parties est tout-à-fait le même.

Observation 164' , recueillie par M. D, B. Major. — William Law, âgé de 9 ans, fut admis à l'hôpital de Guy, le 3 juillet 1822, pour une fracture des condyles de l'humérus au-dessus de -'articulation du coude ; cet enfant avait été jeté hors 'd'une voiture , et était tombé sur le coude. Au moment de son entrée, le bras était légèrement fléchi ; le radius et le cubitus paraissaient faire une saillie considérable en arrière; au-dessus de cette saillie existait une exe avation, en sorte que les parties présentaient l'aspect d'une luxation.

Par l'extension de l'avant bras , on faisait disparaître tous les symptômes de luxation; mais ils se reproduisaient aussitôt qu'on cessait l'extension. M. Key étant arrivé sur ces entrefaites, reconnut une fracture de l'humérus audessus des condyles. On appliqua des attelles dont l'emploi fut continué jusqu'au 13 juillet; à cette époque , les attelles fuirent retirées de temps à autre , et on commença l'emploi des mouvemens passifs à l'avant- bras.

Comme on le voit , cette fracture présente au premier aspectlcs symptômes de la luxation de l'avant-bras en arrière, et les deux lésions se distinguent, l'une de l'autre, en ce que dans le cas de fracture, l'extension faite sur l'avantbrasfait disparaître tous les signes de la luxation qui so reproduisent aussitôt que l'extension est cessée. En général , on reconnaît la fracture à la crépitation qui estperçue au-dessus de l'articulation dans les mou\eraeûs de rotation de l'avaut-bras sur le bras.

Cette fracture peut arriver à toutes les époques de la vie, mais elle est beaucoup plus fréquente chez les enfans que chez les sujets avancés en âge.

Voici en quoi consiste le traitement : l'avantbras étant fléchi , on le tire en avant afin d'opérer la réduction ; une fois fléchi, on l'entoure d'une bande. Une attelle coudée est placée de manière à ce que sa partie supérieure corresponde à la partie postérieure du bras , tandis que sa partie inférieure est située sous l'avantbras ; une attelle est placée au-devant du bras. On arrose l'appareil avec la lotion évaporante ; enfin le membre est soutenu par une écharpe. Au bout de quinze jours , si le sujet est jeune , de trois semainfes , s'il est adulte , on peut commencer, toutefois avec précaution, les mouvemens passifs, afin de prévenir l' a nkylose. Mais après le traitement le mieux dirigé , les mouvemens restent quelquefois extrêmement gênés ; et , si l'accident a été méconnu ou mal traité, la difformité et la perle des mouvemens peuvent être portées très-loin.

Fracture des deux condyles de l'humérus. — L'observation suivante est un exemple de cette fracture :

Observation 165*, communiquée par M. Thomas /yfttiy. — Mistriss Ilewettfit, le 21 septembre 1822, une chute de voiture : il en résulta une fracture compliquée à la partie inférieure du bras gauche. Les deux condyles étaient séparés l'un de l'autre dans le sens longitudinal. La cavité olécrùne était brisée comminutiverncnt ; trois fragmens osseux en furent extraits peu de temps après l'accident. Il y avait, en outre, une fracture transversale à deux pouces et demi au-dessus des condyles. On employa les lotions évaporantes pendant les deux premières semaines, et la maladie marcha favorablement. La malade a recouvré en grande

ERACTCJRES DU COUDE.

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