‹ Œuvres chirurgicales complètesChapitre 65 sur 214 · partie les mouvemens de flexion et d'extension de l'avant-bras · texte numérisé non relu

partie les mouvemens de flexion et d'extension de l'avant-bras

Fracture dc comdyle isiterive i>e l'humérus, — Souvent le condyle interne de l'humérus est sépare de l'autre condyle et du corps de l'os par une fracture oblique. Les syinplômcs de celte fracture sont les suivans :

l°Lc cubitus paraît luxé^ à cause de la saillie que cet os et le condyle fracturé font derrière l'humérus daus l'extension de l'avanl-bras,

2° Le cubitus reprend sa position naturelle lorsqu'on place l'avant-bras dans la flexion.

3" Si l'on applique la main sur les condyles de l'humérus , tandis qu'on fléchit et qu'on étend alternativement l'avant-bras, on perçoit une crépitation qui correspond au condyle interne.

A" Quand on opère l'extension de l'avant-bras, l'extrémité inférieure de l'humérus fait au-devant du cubitus, une saillie facile à sentir à la partie antérieure de l'articulation.

Chez une jeune fille traitée par M. Steel, qtti, dans une chute sur le coude , s'était fracture l'olécràne et le condyle interne de l'humérus, la partie anguleuse du fragment avait presque percé la peau. Le iierf cubital avait été lésé, ainsi qu'on pouvait en juger à l'insensibilité du petit doigt et de là moitié du doigt annulaire.

Cet accident est ordinairemetit produit par Une chute sur la saillie du coude ; il arrive ordinairement dans la jeunesse, avant l'ossificatiou complète del'épiphyse qui forme le condyle interne de l'humérus. Je l'ai vti cependant survenir, mais plus rarement, dans un âgé avancé. Ou confond souvent cette fracture avec une luxation.

Le traitement consiste à appliquer une bande roulée autour du coude, pour maintenir le contact régulier des fragmens; à l'arroser fréquemment avec un mélange d'eau et d'alcool ; h fléchir l'avant-bras à angle droit , et à soutenir le membre avec tme échaj-pe. On commence les mouvemens passifs au bout de trois semaines , chez les enfans,et au bout d'un mois, chez l'adulte.

Fracture bu côIvdyle éxterise de l'humérus. — Cette lésion se connaît aux signes suivans : tumeur au niveau dtl condyle externe, et douleur l\ la pression; douleur dans les mouvemens d'extensionet de flexion du coudé; crépitation déterminée par les mouvemens de rotation de la main et du radius. Si le fragment est volumineux, il est attiré un peu en arrière , et entraîne le radius avec lui. Nous avons , dans la collection de l'hôpital St-Thom;is, deux pièces anatomiques sur lesquelles s'observe celte fracture; dans les deux cas, l'union est ligamenteuse , sur l'une des pièces la fracture est oblique, l'os est un peu tuméfié, mais quoique l'accident ait évidemment eu lieu long-temps avant la mort, on ne trouve aucune trace de cal. Dans le second cas, la fractui-e était transversale, et siégeait dans l'intérieur du ligament

capsulain; , on n'y rencontre non plus aucun vesligi; d'union osseuse.

Il est donc évident, que ce principe d'une union ligamenteuse s'étend à toute portion d'os séparée dans l'intérieur d'un ligament capsulaire; la vitalité de la portion d'os intra-articulaire n'étant entretenue que parles vaisseaux qui lui arrivent par le ligament.

Cet accident s'observe ordinairement chez les eufans; il est causé par une chute sur le coude; c'est là au moins ce qui résulte de mon expérience.

Le traitement consiste dans les moyens sMvans : unebande roulée autour du coude, ainsi qu'au-dessus et au-dessous de l'articulation, une attelle coudée propre à recevoir le coude et à soutenir l'avant-bras , et qui peut , chez les jeunes sujets , être faite en carton épais , courbé de manière à s'adapter à la forme du coude. Au bout de trois semaines, on peut commencer à imprimer des mouvemens avec toutes les précautions convenables.

L'issue de la maladie dépend du siège de la fracture. Si l'os est fracturé très-obliquement, on en obtiendra la consolidation par un traitement suivi avec persévérance; car, âlors^ une grande partie de la fracture est extérieure au ligament capsulaire ; mais si toute la fracture est intra-capsulaire, elle ne se X'éunira point par un véritable cal, qUels que soient les moyens employés, si j'en juge d'après iiiâ propre expérience.

fracture de l'apophyse COKOiSOÎDE bo

cuBrrus. — J'ai observé un cas de cette espèce chez un homme qui était venu à Londres réclamer les conseils des chirurgiens de cette ville.

Observation 166'. —L'accident avait été produit par une chute faite sur la main pendant la course ; après s'être relevé , le malade s'aper^ut qu'il nepouvaît plus fléchir l'avant-bras. ni l'étendre complètement. Le chirurgien qui fiit appelé , remarqua que le cubitus faisait une saillie considérable en arrière , mais que cette saillie disparaissait aussitôt qu'on fléchissait le membre. En conséquence, il appliqua une attelle et soutint le membre dans une échai-pe. A l'époque où>e vis le malade , plusieurs mois après l'accident , on retrouvait les mêmes signes qu'avait décrits le chirui^ieu qui vit le premier le malade : le cubitus faisait saillie en aiTière dans l'extension de l'avantbras, et cette difformité disparaissait quand on mettait le membre dans la flexion , ce qui se faisait sans beaucoup de difficulté. Les chirurgiens consul tans furent d'avis que l'apophyse c'oronoïde était séparée du cubitus, ce qui permettait à cet os de glisser en arrière du condyle interne de l'huméi-us, lorsqu'on mettait l'avant-bras dans l'extension.

Un cadavre apporté à la salle de dissection de l'hôpital St-Thomas, m'a présenté un exemple de celte lésion ; la pièce anatomique est conservée dans la collection de cet hôpital. L'apophyse coroûoîde , qui avait été complètement

fracLuvée dans l'articulation , ne s'était réunie que par une substance ligamenteuse, qui la rendait mobile sur le cubitus , et permettait à cet os de glisser eu arrière des condyles de l'iiuuiérus dans les mouvemens d'extension.

Quant au ti-aitement , je doute qu'aucun procédé puisse réussir complètement , puisque l'apophyse corouoïde comme la tète du fémur , a perdu les moyens suHisans pour une nutrition osseuse. La vitalité n'y estentretenue que par les vaisseaux contenus dans les portions du ligament capsulaire qui se réfléchissent sur l'extrémité de l'os ; or ces vaisseaux ne sont pas suflQsans pour subvenir à la formation du cal. Aussi, la surface du fragment n'offre-t-elle aucune trace d'un travail nouveau. IVéanmoins, afin que la substance ligamenteuse soit aussi coui'te que possible, il convient de maintenir exactement l' avant-bras dans la flexion et dans le repos le plus parfait , pendant trois semaines après l'accideut.

, i^Fbactcre simple de l'oléckaive. — Cette fracture n'est pas rare et les symptômes en sont si évidens , qu'une erreur de diagnostic à ce sujet, se conçoit à peine. Une douleur se fait sentir à la partie postérieui'e du coude ; il se forme promptement, en ce point, une tuméfaction molle, au milieu de laquelle le doigt du chirurgien s'enfonce dans l'espace inter-articulaire ; on peut sentir l'olécrâne isolé , à un pouce et demi et même à deux pouces au-dessus de la portion du cubitus d'où il a été séparé. Ce fragment osseux ainsi attiré en haut , se laisse facilement déplacer dans le sens latéral , mais ne peut qu'avec peine être attiré en bas ; si le membre est fléchi, l'écartement qui existe enti-e le cubitus et l'olécrâne devient beaucoup plus considérable. Le malade peut à, peine étendre l'avant bras , ses efforts sont accompagnés de beaucoup de douleur ; il le fléchit au contraire avec facilité, et le membre, quand il est abandonné à lui-même , tend à se placer dans la demi-flexion. Pendant plusieurs jours apx'ès l'accident, le coude offre beaucoup de tuméfaction ; cette partie est le siège d'une ecchymose considéi-able, et il se fait dans l'articulation un épanchement de liquide. L'intensité de ces symptômes est en rapport avec le degx'é de violence avec lequel a agi la cause de l'accident. Les mouvemens de rotation du radius sur le cubitus sont conservés. Aucune crépitation n'est appréciable , à moins que l'écartement n'ait que peu d'étendue.

C'est ordinairement à la partie moyenne de l'olécrâne qu'on rencontre la fracture , qui , le plus souvent est transversale ; cependant je l'ai vue assez oblique. , pour que les fragmens offrissent un bord très -tranchant. On observe quelques rudimens d'un travail d'ossification, sur la portion d'olécràne qui reste imic au cubitus , tandis qu'on en trouve à peine des vestiges sur la portion isolée. Le tissu spongieux de l'olécrâne fracturé se remplit de matière osseuse, et est quelquefois rendu poli parle froltemenU L'humérus et le radius ne subis-

Page 1