LUXATION SUR LE PUBIS
De tontes les luxations de la cuisse , celle-ci est la plus facile à reconnaître. Elle se produit lorsqu'en marchant on pose le pied dans quelque excavation inaperçue du sol : le corpsétant rejeté en arrière, la tête du fémur est chassée en avantsurlepubis. UnhommCjqui avaitobscrvé celte luxation sur lui-même, m'a dit qu'elle lui était arrivée tandis qu'il traversait dans l'obscul'ité une cour pavée ; il ne savaitpas qu'une des pierres a\ait été enlevée; son pied s'enfonça tout à coup dans le trou qu'elle avait laissé , et il tomba en arrière. Lorsqu'on examina le membre, on trouva la tête du fémur sur l'os pubis.
Dana cette espèce de luxation , le membre luxé est d'im pouce plus court que l'autre; le genou elle pied sont tournés en dehors , et ne peuvent être retournés en dedans; mais il y a une légère flexion en avant et en dehors. Dana une luxation qui était restée non réduite pen-
dant long-temps , le mouvement du genou en arrière et en avant avait lieu dans une étendue d'un pied. Mais le signe pathognomoniquo de celle luxation , c'est que l'on peut sentir distinctement la tête du fémur sur le pubis au-dessus du ligament de Pouparl, en dehors de l'artère et de la veine fémorale. Elle se présente en cet endroit sous la forme d'une tumeur solide et arrondie qui offre une mobilité manifeste dans les mouvemens de flexion de la cuisse.
Quoique cette luxation soit en apparence d'un diagnostic facile , je l'ai vu méconnaître dans trois cas jusqu'à une époque trop éloignée pour que la réduction pût être tentée. Un de ces cas nous a fourni une pièce qui est à l'hôpital Saint-Thomas. Le second s'est présenté chez un habitant de la campagne, chez lequel ou ne la reconnut que quelques semaines
nprfs l'accident. Il fut nlors soumis h une ex- df^liors; mai;) la circonstance la pins propre ù
tension qui n'eut aucini lésnltiit» et il vint à d'. voiler la nature de la lésion, c'est que la léte
Londres me consulter. Je le fliUournai de tonte du fémur pouvait Otrc distinctement reconnue
autre tentative, et lui-même d'ailleurs était au-dessous des tégumcns, dans la région infrui-
pcuportéà s'y soumettre. Le troisième eut lieu nalo où l'on pouvait constater sa forme, et sen-
chez un malade de l'hôpital de Guy, qui futad- lirscs mouvcmens, quand on faisait mouvoir
mis pour un ulcère de la jamLc , et chez lequel le fémur,
on trouva une luxation sur le pubis qui datait Le malade fut étendu sur une tahle, couchô
de quelques années.
J'ai disséqué une de ces luxations; elle Offre des altérations ù peu près semblables à celles de la luxation sur le trou ovale : La cavité articulaire primitive est en partie remplie par une matière osseuse , et en partie occupée par le grand trochanter ; ces deux parties sont considérablement déformées; le ligament capsulaire est largement déchiré; le ligament rond est rompu; la tôle du fémur avait dilacéré le ligament dePoupart, et s'était logée entre lui et le pubis; la tète et le col de l'os sont situés au-dessous des muscles iliaque et psoas, dont les tendons , en se dirigeant vers leurs insertions , étaient soulevés par le col , et fortement tendus; le nerf crural passait sur la partie antérieure du col du fémur au-dessus des muscles iliaque et psoas ; la lête et le col de l'os sont aplatis et considérablement déformés; une cavité anormale s'est formée pour le col du fémur sur le pubis au-dessus duquel la tête est située. La nouvellecavité s'étend de chaque côté au tour du col de l'os, de manière à le fixer latéralement sur le pubis. Le ligament de Poupart est appliqué sur sa pai'tie antérieure. A la partie interne du col , passent l'artère et la veine , de telle sorte que la tète de l'os est située entre la gaine des vaisseaux cruraux et l'épine iliaque antérieure et inférieure.
Cette luxation peut être confondue par ua observateur inattenlif avec la fracture du col du fémur; mais la situation de la tète de l'oa sur le pubis en fait connaître la nature.
Pour la réduction de cette luxation, le malade doit être couché sur une table et placé sur le côté ; un lac doit être passé entre les parties génitales et la partie iiiterne de la cuisse, et fixé dans un anneau situé ua peu au devant de la ligne du corps. Le moufle est fixé au-dessus du genou de la même manière que pour la luxation en haut, et l'extension se fait d'avant en arrière et de haut eu bas par rapport à l'axe du corps. Lorsque l'extension a été continuée pendant quelque temps, un lac doit être placé au-dessous de la partie supérieure de la cuisse, et l'un des aides appuyant une main sur le bassin, soulève la tête de l'os au-dessus du pubis au moyen du lac , et la porte sur le rebord de la cavité colyloïde.
Observation°&', communiquée par M. J.-A. Gait$kilL — « A.-B. fut admis à l'hôpital de Guy, dans le service de M. Forster, pour une luxation de la cuisse sur le pubis.
La longueur du membre était un peu diminuée; !e pied et le cenou étaient toui'nés ea
sur Je côté sain, les poulies furent fixées à la cuisse de la manièreordinairc, et l'extension fut commencée suivant une ligne droite , dans lo but d'élever la tète de l'os vers la cavité colyloïde , mais ce fut sans succès. Piéfléchissant alors un moment sur le mécanisme dos os , et sur leurs nouveaux rapports , je changeai la sens de l'extension , et je la dirigeai un peu en arrière et eu bas, puis passant une serviette audessus de mes épaules , et sous la cuisse da malade , je la soulevai en me redressant. La jambe étant maintenue h angle droit avec la cuisse , comme au commencement de l'opération, j'invitai l'un des aides à saisir le coudepied, et à l'élever , en même temps que le genou était abaissé. Par ce moyen la cuisse fut tournée en dedans , et en très-peu de temps la tête du fémur glissa avec bruit dans sa cavité.»
Observation 37=, Communiquée par M. Frederick TyrreH.—a Charles Pugh, âgé deSS ans, tonnelier,, de taille moyenne, fut frappé sur la partie postérieure de la hanche droite, par la roue d'une voiture qui le renversa, il fut transporté à l'hôpital Saint-Thomas , et je fus appelé environ trois heures après l'accident. Je trouvai une luxation du fémur droit sur le pubis. La tête du fémur pouvait être distinctement sentie au-dessous du ligament de Poupart , immédiatement en dehors des vaisseaux fémoraux. Le pied et le genou étaient tournés en dehors , et le membre offi'ait peu d'altération sous le l'apport de sa longueur-. La cuisse n'était pas fléciiiesur l'abdomen; elle était presque immobile, et n'admettait que des mouvemens bornés d'adduction et d'abduction. Le membre pouvait être tourné en dehors, maispas du tout en dedans. Le malade fut couché sur le côté gauche, une large bande fut passée entre les cuisses, et étant nouée sur la crête illaque du côté droit, fat attachée solidement à un anneau fixé dans le mur. Une bande mouillée ayant été placée au-dessus du genou, on agrafa sur cette dernière un bracelet de cuir dont les lanières furent attachées au crochet du moufle ; à l'aide de ce dernier, on exerça une extension graduelle en tirant la cuisse un peu en arrière et en bas. Lorsque celte extension eut été maintenue pendant un court espace de temps , je fis appliquer, autour de la partie supérieure de la cuisse, près du périnée, une ceinture à l'aide de laquelle on élevala tête do l'os , et au bout de quelques minutes, la réduction s'opéra avec facilité. Le malade n'avait point été saigné et n'avait pris aucun médicament ; il éprouva peu de douleur après la réduciion , et fut capable de marcher sans douleur et sans inconvénient cinq ou six ;jours
LUXITIONS.
après. Le leudemajn de l'accident , il pouvait saya pas de marcher aTant l'époque que je Viens mouvoir son membre dans toutes les direc- d'indiquer.» ...vi^..:
lions, librement et sans douleur, mais il a'es-