‹ Œuvres chirurgicales complètesChapitre 6 sur 214 · LUXATION EN ARRIÈRE, OU DANS L'ÉCHANCRURE SCIATIQUE · texte numérisé non relu

LUXATION EN ARRIÈRE, OU DANS L'ÉCHANCRURE SCIATIQUE

Dans la position naturelle du bassin , Vu- Quand la tcte du fémur est portée sur cette chancrure sciatique est située derrièrela cavité échancrure, elle est placée en arrière et en cotyloïde et un peu au-dessus de son niveau, haut, par rapport à la cavitd cotyloîdo , c'est

on n'y retfoUTC point la flexion du tronc en avant , à laquelle sir A, Cooper donne beaucoup d'importance couime signe diaguostique; d'un autre côte, une fracture comminutive du fémur opposé ne permit pas de reconnaître si le membre luxé était alongé ou non. Celte dernière circonstance pouvait rendre moins facile le diagnostic qui du reste était asseï évident.

Observation A.— Luxation du fémur surle trou ovale. Observationpublièe parle doct. O.-B. Bellingham, Hugh Murray, âgé de 55 ans, travaillait dans une sablonnière, lorsqu'un des côtés de cette cavité s'éboula sur lui ctl'ensevelitjusqu'aucou.Suirant son récit, il fut renversé en avant. Le docteur Bellingham le vitlelendemaia de bonne heure, et reconnut une fracture comminutive du corps du fémur gauche, et une luxation du fémur droit sur le trou ovale. Les signes de la luxation étaient les suivans : le genou et le pied étaient très-écartés des mêmes parties du côté opposé ; les orteils étaient tournés en dehors ; la jambe était fléchie ; à l'endroit ordinairement occupé par le grand trochanter, existait une dépression; on pouvait sentir la tète de l'os luxé k la partie supérieure et interne de la cuisse; le malade rapportait dans cet endroit la douleur qn'il éprouvait; le tronc n'était point fléchi sur la cuisse d'une manière appréciable , et, comme l'autre fémur était fracturé, il était difficile de décider si le membre luxé était alongé. Le malade étant couché sur le dos, le bassin fut fixé au moyen d'une ceinture placée entre les parties génitales et la cuisse, et confiée à un aide vigoureux. L'extension fut exercée sur le coude pied, qui fut attiré sur celui du côté sain; en ce moment, la tête du fé« mur rentra dans sa cavité avec un bruit très-distinct. Avant de procéder h. la réduction, on avait administra au malade une solution de tartre stibié qui n'avait produit aucune nausée. Toute l'opération ne dura qua quelques minutes; immédiatement après, le malade demanda sa pipe, et parut aussi gai que s'il ne lui fûtriea arrive. The Lancet , mai il^, i834.

On lit dans le même journal anglais (5 avril i834) , les deux faits suivans qui méritent d'être cités & cause de quelques-unes des circonstances qu'ils ont offertes.

Observation B. — • Luxation du fémur sur le trou ovale ; réduction par des moyens pai-ticuliers, — Ua Lomme de 35 ans , entra à l'hôpital dans le service de M. Andrews. Il avait clé jeté hors d'un chariot , mais ne pouvait rendre compte de la manière dont il était tombé.

Une des jambes était considérablement écartée de l'autre | tout effort pour rapprocher les deux membres causait une vive douleur. Le pied n'était tourné ni en dehors ni en dedans, et reposait sur le talon ; la hanche était manifestement applatie ; le membre de ce côté était plus long que l'autre de près de deux pouces. On fit pendant plus d'une heure et demie des essais inutiles de réduction. On fut obligé de suspendre l'ope'ration parce quel'un dos crochets du moufle s'était redressé. On avait eu beaucoup de peine à fixer le bassin. Les tentatives furent remises au lendemain. Le bassin étant maintenu par des lacs, on renouvela les efforts pendant un temps considérable, sans succès. Enfin, la tête du fémur commençait à quitter sa position anormale, lorsque l'autre crochet du moufle se brisa ; à l'instant même elle retourna au point d'où on l'a» vait délogée.

La position du malade fut changée; on le plaça dans l'attitude assise, enfourchant entra ses cuisses un montant de lit, et l'extension fut reprise pendant très-long-temps. Lorque la tête du fémur fut suffisamment dégagée , on coupa la corde du moufle et l'on porta subitement la cuisse e n travers de celle du côté sain ; par ce mouvement la tête do l'os glissa dans sa cavité. L'opération dura une heure et trois quarts.

Observation C.-^ Luxation sur le trou ovale, — L'accident arriva de la manière suivante : Le malade était debout, les cuisses très-écartées , occupé k passer une corde autour d'un sac de drèche, qui devait être éleva a 1 étage supérieur d'un magasin, lorsqu'un autre sac qui était déjàk cette hauteur, s'échappa de la corde qui le retenait et tomba sur les reins de cet homme.

La luxation était évidente, La réduction fut obtenue facilement. Le malade étant assis comme dans la cas précèdent, on plaça autour de la cuisse luxée le lac auquel le moufle devait être adapté , et au moment où on le tendait , la tète du fémur glissa tout-h-coup dans sa cavité.

Cette observation est intéressante sous le rapport de l'étiologie. La manière dont l'accident avait eu lieu était bien propre à éclairer le diagnostic. On y voit aussi que la facilité avec laquelle s'opère la réduction est «oavent en raison directe de l'intensité de la cause qui a produit la luxation.

La luxation du fémur en bas et en avant est susceptible, comme la plupart des autres luxations, de réduction spontanée. Les faits de cette espèce méritent toute l'attention des praticiens ;ils font voir quel rôle important joue la contraction musculaire dans les difficultés do la réduction, et avec quelle facilité celleci s'opère quand les muscles sont surpris.

Obseivation D. — Luxation du fémur en avant et en las, — Réduction spontanée. — Un ouvrier, âgé de 24 ans, tomba d'une hauteur de quinze pieds, et se laxa le fémur droit sur le trou ovale. On ne se disposa à tenter h rc'duçlion que Je lendemain, Le pjalade fut placé sur le côté droit, nisis trouvant sa posi-

i% WXktlQ^iS.

pourfpiol, bien que Vappeîle celle luxation. Dans celte luxation, la tête du îemur est luxation en arrière, il faut se rappeler que c'est place'e sur le muscle pyramidal , entre le reune luxation en arrière et un peu en haut (1). bord osseux qui forme la partie superiem-e clo

tion tropgêaante, il fit un effort pour se retourner sur le côté gauche. Lorsqu'il voulut soulever la cuissa droite pour opérer ce mouvement, il éprouva suLitement une douleur très-vive qui lui fit lâcher prise; au. même instant la tête du fe'mur rentra Lrusquement et avec un Lruit distinct dans sa cavité. Cette réduction fut suivie d'un soulagement immédiat j la nuit fut tranquille; la guc'risou ne tarda pas i être complète, Rusl's Magazin , t. 23.

Nous rapporteroni ici un cas de "luxation du fémur ta has et en dedans, oLserve ea 1747, epoqu» k laquelle les connaissances chirurgicales sur lej luxations de celte espèce étaient peu avancées en Angleterre , ainsi qu'on en jugera par cette oLservation. Les chirurgiens de "Worcester Toyant que les effort» de six aides étaient impuissanspour ohlenir uo aloogement graduel et mesuré, eurent recours \ une forc« d« secousse désignée par eux sous le nom de force de percussion, vis percussion! s, et qui coniislail dau» un eflort brusque et simultané de tous les aides et des chirurgiens. On conçoit facilement tous le» danger» d'un pareil mode de réduction, qui, danscette circonstance, fut couronné d'an plein succès.

Observation E . — William Jones, Loucher, grand et roLuste, fut apporté à l'infirmerie de "Worcester le Ï7 août 1 747- Qnelques heures auparavant il montait un cheval fougueux qui s'emporta. Comme il s'efforçait da l'arrêter, au moment ou il traversait au galop un pont de pierre, l'animal se cabra et se renversa en arrière sut celui qui le montait. Celui-ci resta étourdi de la ckute; mais le cheval se releva rapidement et continua sa course, entraînant après lui le cavalier dont le pied était engagé dans l'étrier. Le cheval s'arrêta \ très-peu de distance ; mais le blessé ne pouvait plus remuer la cuisse. A l'esamen du membre , un chirurgien reconnut le déplacement du fémur et la saillie de la tète de l'os dans la région de l'aine. ( La nouveauté du cas attira tous les médecins elles chirurgiens !» l'Iiôpitaî.)

Les orteils et le genou étaient tournés en dehors; le membre malade était plus long que l'autre ; l'articulation de la hanche ne permettait aucun mouvement, et la tête du fémur était sensible à la vue et aa toucher dans la région de l'aine. On coucha le malade sur une table large et forte « fixée au plancher et Biatelassée. Un drap fut passé entre ses cuisses , dirigé en arrière et en avant vers ses épaules et réfléchi ïur le plancher où les deux bouts en furent fixés d'une manière assez solide pour résister ^ l'extension. Une «ervielte longue et forte fut attachée solidement au-dessus du coude-pied ; on en confia les «xtréraités k trois hommes vigoureux. "Une autre serviette fut attachée au-dessus du genou, et confiée également ^ trois aidas. Un chirurgien se tint préparé b repousser la tête de l'os dans sa cavité ; un autre se plaça auprèi du genou, et un troisième au pied, afin d'imprimer lu membre un mouvement de rotation en dedans. Les efforts des six aides ne firent pas exécuter le plu» léger mouvement à la tète du fémur. On eut recours alors b la vis percussionis de la manière suivante : Les aides mirent leurs serviettes dans un certain dégré de relâchement , ils se tinrent d'aplomb sur lo toi, les bras tendus et le corps légèrement penché ett avant, et on leur prescrivitde tirer ^lar un coup violent et rapide en se reportant en arrière de toute leur force a un signal cenveuu. Lorsque tout fut disposé, le signal fut, donné: les aides opérèrent leur extension forte et soudaine ; les chirurgiens agirent simultanément avec dextérité, et au même instanS on entendit un craquement très-fort qui fit croire M'un des médecins .'spectateurs de l'opération, que la table se brisait. Mais le malade s'écria d'une voix tonnante; il' s in, it's in, it's in (elle est dedans ). Effectivement la cuisse avait recouvré »a conformation, sa longueur et sa mobilité naturelle. La guérison fut complète. Essajs and observations phjsicnl and lilterary , t. s, p. 348. (Note des trad.J

(l)Un coup d'œil rapide jeté sur ce qu'a élé en France, jusqu'à ces derniers temps, l'histoire de la luxation dans l'échancrure sciatique, fera sentir foute l'importance de ce chapitre qui est véritablement neuf. Nous devons dire toutefois qu'il existait déjà quelques élémens pour ce travail, et, parmi eux, nous n'oublierons pas une très-bonne description anatomico-pathologique de cette luxationdonnée par Billard, d'Angers. Quant au traitement, aux causes, aux signes, eu un mot, à toute la pathologie de celte luxation, ce qu'on en a écrit avant sir A. Cooper est purement conjectural et évidemment inexact.

J.-L. Petit {Maladies des os] regarde la luxation dans l'échancrure sciatique comme impossible.

Suivant Boyer (Traité des mal. chirur., t. [\, p. 86"), la luxation en bas et en arrière ne peut avoir lieu ^ue consécutivement ; elle succède à une luxation en haut et eu dehors. «Ainsi, ajoutc-t-il, ce déplacement secondaire de la tête du fémur est moins une espèce particulière de luxation de cet os, qu'une variété de la luxation en haut et en dehors. Au reste , si la luxation en bas et en arrière se présentait , on la reconnaîtrait facilement aux signes suivans : La cuisse serait plus courte, ou plus longue , ou de la même longueur que l'autre, suivant que la Icte du fémur se trouverait au-dessus, au-dessous ou au niveau de la cavité cotylo'ide , etc. « On voit que Boyer ne connaissait point cette luxation.

M. Richerand (iVo.ç. c////-.) a émis une opinion analogue, et pense , comme Eoyer, que cette luxation no peut être que consécutive h celle en haut et en dehors.

Delpech [Tr. dis maladicsrep, c/;("r. §3) admet quecodéplaccment ne peut avoir lieu primitivement ; mais 11 nie formellement qu'il puisse s'opérer conscculivcment !» une luxation en haut et en dehors; enfin, parmi les symptômes qu'il énumère , il dit que la cuisse est fortement fléchie sur le tronc et que le grand trochanter est situi! plus en arrière. (Pa"e llû).

Aucune de ces opinions n'a élé émise d".iprès l'observation directe. Ainsi Boyer parla d'alongeracnt, et il y a raccourcissement. Delpech indique une flpiioo très-considérabie de la cuisse jur le tronc, et cette

r(!chancrure sclatlquo et los Ugamens sacro- si'. Quand le malade est debout , le gros orteil

sciatiquos, derrière la cavité cotyloulc, et un louche le sol, mais le talon en est àclistancc;

peu au-dessus du niveau de l'axe de celle ca- le gouou est moins projeté on avant que dans la

Tité. luxalioii en liautj il est porto un peu au-de-

Cetle luxation est la plus difficile 1° à dia- Taul de l'autre et logùrement fléchi. Les mougnosllquer, parce que la longueur du membre vcmens de flexion et de rotation , sont presque est très-peu diminuée , et que sa position, eu comphHemcnt impossibles, égard au genou et au pied, n'est pas, h beau- H existe dans la collection de l'hôpital Saintcoup près, aussi altérée que dans la luxation en Thomas, un exemple remarquable de cette haut; 2° à réduire, parce que la tête du fémur luxation que j'ai l'enconlré sur un sujet desest placée profondément derrière la cavité co- tiné aux dissections. La cavité articulaire prityloïde, et qu'il faut, par conséquent, l'élever milive est entièrement remplie par une subau-dessus du rebord de celte cavité, en môme stance ligamenteuse. Les connexions du ligatemps qu'on l'ai lire dans sa direction. ment capsulaii-e avec cette cavité sont rompues

On reconnaît cette luxation aux sigues sul- en avant et en arrière, mais elles existent ea

vans : lemcmbre est raccourci quelquefois d'un haut et en bas. Le ligament rond est déchir»5 ,

pouce, mais le plus ordinairement d'un demi et une portion de ce ligament, d'un pouce de

pouce. Le grand trochanter est situé en arrière, longueur, adhère encore à la tète de l'os. Celle-

maisilrestoencorepresqu'àangledroitavccl'os ci repose derrière la cavité cotyloîde , sur le

iliaque, et offre une légère inclinaison vei's la muscle pyramidal , au bord de l'échancrure ,

cavité cotyloîde. La tête du fémur est tellement au-dessus des ligamens sacro-sciatiques. Le

enfoncée dans l't chancrure sciatique , qu'on pyramidal est atrophié , mais on ne voit aucun

ne peut la sentir que chez les personnes mai- rudiment de cavité articulaire de nouvelle

grès, et seulement en faisant exécuter au fé- formation. Autour de la tcte du fémur s'est

mur un mouvement de rotation en avant, au- formé un nouveau ligament capsulaire ; ce-

tant que le permet la fixité actuelle du mem- hii-ci n'adhère point au cartilage articulaira

bre. Le genou et le pied sont tournés en de- de la tête osseuse qu'il entoure, mais, étant

dans, mais moins que dans la luxation en haut, ouvert , il pourrait être renversé sur le col du

et les oiteils appuient sur rarliculation meta- fémur, de manière à en laisser la tête complé-

tarso-phalangienne du gros orteil du pied oppo- toment à découvert. En dedans de ce nouveau

fleiion eiiste i un degré modéré. Qu^nt à la situation du grand trochanter, elle n'a point été indiqués d'uue manière a.ssez précise. Cette éminence se trouv, à la térité uu peu en arrière de k cavité cotyloîde, mais elb est dans un plan antérieur à celui de la tète du fémur, et se rapproclie beaucoup du rebord de la cavit<t.

LuJcation du fémur en arrière et en bas, par Billard, d' Angers. {Arch. génér. de méd., tome 3, page53()) . Jacques Gendrun, âgé de ^5 ans, fit une chute de I20 pieds do haut, le long d'un rocher fort inégal ^ sa surface. Le blessé ne survécut quedeui heures k cet accident. L'examea du cadavre, fait en préseoca du professeur Béclard, offre l'état suivant :

Le membre droitj raccourci d'un demi-pouce, est fléchi en dedans et en avant; la fleiion de la cuisss »ur le tronc est modérée ; la jnnibe est aussi légèrement fléchie sur la cuisse; la pointe du pied est portéa en dedans. Il résulte de cette disposition du membre que le genou droit chevauche sur le genou gaucho. On remai-que en dehors et un peu en avant du pli de l'aiue, une fumeur saillante, formée évidumineBl par le trochanter qui est plus éloigné de la crête iliaque que dans l'état naturel; il n'y a pas de dépression lensible dans la région inguinale; la flexion de la cuisse sur le tronc empêche cette dépression d'être manifeste. Le trochanter n'est pus précisément en arrière , mais bien plutôt en avant; derrière la tumeur formé» par cette éminence, existe une saillie très-dure, déforme arrondie, produite par la tête du fémur. La fesse, légèrement déprimée en haut et en dedans, est saillante eu dehors et en has; on observe une large ecchy-. mose sur presque toute l'étendue de la hanche luxée. L'articulation disséquée, on trouve: 1» au-dessous de la peau , une grande quantité de sang noir et infiltré entre les muscles grand et moyen fessiers , jusqu'aux environs des surfaces articulaires, 2» Les fibres musculaires du grand fessier déchirées transversalement dans les deux tiers postérieurs de la largeur du muscle, au niveau du sommet du grand trochanter; 1« moyen fessier en partie déchiré à son insertion à cette éminence ; le petit fessier dans le relâchement par le rapprochement de ses deux points d'attache, et resté intact; 3° la cavité cotyloîde, au fond de laquelle adhèr« e ligament rond, en partie fermée par les muscles iliaque et psons, dont les fibres contournées et très-tenues se rendent au petit trochanter; les muscles pectine, obturateur externe, et premier adducteur, dans lo même état de tension. !^' La tête du fémur située au-devant de l'échancrure ischialique, appliquée au côié externe de l'épine sciatique et par conséquent en arrière et en dehors de la cavité cotyloîde. La tète du fémur, en se déplaçant en ce sens, a passé au-dessous des tendons réunis des muscles pyramidal et obtura, leur interne qui croisent obliquement le col de l'os en passant au-dessus de lui. Ces deux muscles se trourent ainsi très-tendus, et fortement pressés entre la tête du fémur et le côté externe de la cavité cotyloîde; les deux muscles jumeaux sont complétemeut déchirés, tandis que le qunrré dans une extension forcée, est apphqué sur laface postérieure du col du fémur devenue antérieure. D'après cette disposition, on voit que cet os était contourné de telle sorte, que la face externe de sou corps était devenue antérieure, ainsi que le condyie externe. Le raccourcissement était le résultat nécessaire de la flexion de la cuisse. Le raccourcisseimnt peut être plus ou moins considérable , suivant que les tendons du pQ'ramidal et de l'obturateur interne qui détriment le col, sont rompus ou non. (Noie destraducf.)

ligament capsulaire,' qui est formé aux dépens du tissu cellulaire environnant, se trouve le ligament rond déchiré.Legrandtrochanter est situé un peu en arrière de la cavité cotyloïde,mais incliné vers elle relativement à la tête de l'os.

Cette espèce de luxation est produite par une violence extérieure qui agit au moment où le tronc est fléchi sur la cuisse, ou quand la cuisse est fléchie à angle droit sur l'abdomen : si alors le genou est poussé eu dedans, la tête du fémur est portée derrière la cavité cotyloîde.

La réduction de cette luxation est en général extiêmement difficile. Voici le procédé le plus favorable : le malade étant élendu sur la table, et couché sur le côté, une ceinture est placée entre les parties génitales et la partie interne de la cuisse, pour fixer le bassin. Ensuite on applique une bande mouillée autour du genou, et sur cette bande le bracelet de cuir. Une serviette est portée sous la partie supérieure de la cuisse. Le fémur doit être alors tiré en croisant la partie moyenne de la cuisse opposée, à égale distance du pubis et du genou. L'extension doit être pratiquée à l'aide du moufle. Pendant qu'elle est exercée, un aide tire d'une main la serviette placée à la partie supérieure de la cuisse, pendant que

doute à quelque erreur anatomique qu'il faub attribuer l'opinion que dans la luxation en bas et en arrière la tète du fémur est également reçue dans l'échancrure sciatique ; car cette échancrure, dans la position naturelle du bassin, est située au-dessus d'une ligne qui passerait par le milieu de la cavité cotyloîde. Aussi le membre devient-il non plus long, mais plus court, quand le fémur est luxé dans l'échancrure sciatique.

Observation 31', communiquée par M. John Rogers. — Luxation du fémur droit dans l'éc/iancrure sciatique. —William Dawson, âgé de 34 ans, s'étant pris de querelle le 15 août 1818, fut terrassé et foulé aux pieds. En se débattant et en faisant des efforts pour se relever, il s'aperçut Ique l'état de sa cuisse droite ne lui permettait pas de se tenir debout. On le transporta dans une étable, où il resta jusqu'au lendemain matin. Le docteur Fiogers le vit alors ; i) était étendu sur un matelas, la hanche et la cuisse du côté droit étaient prodigieusement tuméfiées et douloureuses. Le genou et le pied du même côté étaientfortemcnttournésendedans, tandis que la longueur du membre était à peine altérée.

de l'autre il appuie sur le rebord du bassin , et L'énorme tuméfaction de toute la cuisse et des soulève ainsi la tête du fémur au-dessus du parties molles qui entourent le bassin, empèsourcil de la cavité cotyloîde, en même temps chèrent de constater la natine de la lésion; que cet os est attiré vers la même cavité. J'ai vu cependant le docteur Rogers soupçonnait retirer de grands avantages de l'emploi d'une fortement l'existence de quelque luxation inserviette longue pliée en rond : celle-ci était solite de la tête du fémur. Il prescrivit des portée au-dessous de la partie supérieure de saignées générales et locales, des cataplasmes l'os, et soutenue autour du cou d'un des aides, émolliens et des puigatifs. Le malade garda qui pesant de ses deux mains sur le bassin , se ^^ repos pendant onze joui's , au bout desquels redressait et soulevait la cuisse. la tuméfaction commença à céder. Cependant Quoique ce procédé soit celui qui permet la nature de la maladie n'était point encore la réduction la plus facile, cependant j'en manifeste. Les docteurs Nunn et Travis, qui ai vu employer un autre, que je cite, parce vii-ent le malade , furent d'accord avec le doc-

qu'il fait voir avec quelle force les muscles qui luttent contre les poulies peuvent ramener eux-mêmes la tête de l'os dans sa cavité, quand elle est retirée hors de l'excavation où elle s'était logée.

Observation 30% — Un homme Sgé de 25 ans , fut admis à l'hôpital de Guy pour une luxation de la cuisse en arrière. La longueur du membre luxé différait à peine de celle du membre sain ; elle n'était pas diminuée de plus d'un demi-pouce. Une dépression existait dans l'aine ; le trochanter était situé un peu en arrière de la cavité cotyloîde , mais incliné vers elle; le genou et le pied étaient tournés en dedans, et la tête du fémurpouvait, dans ce cas, être sentie derrière la cavité cotyloîde. L'extension fut faite à l'aide des poulies , suivant l'axe du corps; en même temps le grand trochanter était poussé en avant avec la main ; au bout de deux minutes, l'os rentra dans sa cavité avec un bruit très-distinct.

J'ai déjà dit que je n'ai point vu d'exemple de luxation en bas et en arrière; et je crois pouvoir affirmer que si nn tel cas s'offre jamais , cela doit Cire excessivement rare. C'est sans

teur Fiogers sur l'existence d'une luxation; mais aucun auteur n'ayant, à leur connaissance, cité d'exemple de cette lésion sans altération dans la longueur du membre , excepté sir A. Cooper , ils remirent leur pi'ochaine réunion au 30 août, quinze jours après l'accident, afin de consulter son ouvrage dans l'intervalle. Ce jour -là, le gonflement avait entièrement disparu et l'on put suivre d'une manière satisfaisante le fémur jusqu'à sa tète qut était logée dans l'échancrure sciatique. Après dix ou douze minutes d'une extension graduée, la réduction de l'os s'opéra avec une facilité surprenante. Avant de commencer l'opération, on avait fait une saignée du bras de trente onces , jusqu'à syncope ; et tandis qu'on fixait les poulies, on avait administré quatre grains d'émétiquc par intervalles pour produire un état de nausées. Après l'opération on fit prendre un grain d'opium; on fit des lotions sédatives; et, après quinze jours de soins, le malade fut capable de marcher avec des béquilles.Ilnetardapas à être guéri parfaitement.

Observation 32', recueillie par M. J. Chapman. — «John Cockburii, sujet très-musculeux,

âgé de 33 ans , portant un sac de sable , le 2a juin 1819 , plaça tout à coup le pied gauche dans un tiou; le genou fut tourné en dedans, en môme temps que le corps fut entraîné dans une chute rapide en avant. Le jour de l'accident, deux chirurgiens tentèrent en vain de réduire la luxation à l'aide des poulies. Le 27 Juin , une troisième tentative fut faite avec le môme résultat, quoiqu'elle cîit été prolongée pendant près d'une heure. Le malade entra à l'hôpital de Guy, le 31 juillet. Le fémur du côté gauche était luxé en arrière dans l'échancrure sciatique; le membre était un peu raccourci; le genou et le pied étaient tournés en dedans, et les orteils appuyaient sur l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil du côté sain ; le grand trochanler était vis-à-vis la cavité cotyloïde, dont on pouvait manifestement sentir le rebord. Le corps étant fixé, la cuisse pouvait être fléchie au point de toucher presque l'abdomen. Après une saignée de deux livres, et l'administration de deux grains d'émétique répétés par inlei'valle jusqu'à production de nausées, l'extension fut pratiquée à l'aide des poulies , dans la direction de l'axe du corps, et la partie supérieure de la cuisse fut soulevée tandis que le genou était abaissé. L'extension fut prolongée sans interruption, pendant au moins une heure et demie. Pendant ce laps de temps , le malade prit deux autres grains de tarti'e stibié qui déterminèrent de violentes nausées ; cependant les tentatives de réduction furent infructueuses. Le 3 août, dix jours après raccident,sir A. Cooper obtint la réduction de la manière suivante : il fit saigner le malade jusqu'à commencement de syncope. On plaça une table entre deux anneaux ; on y coucha le malade étendu sur le côté droit; une ceinture fut passée entre le scrotum et la cuisse, portée par-dessus le bassin , et fixée à l'anneau situé derx'ière le malade , par ce moyen le bassin fut fixé aussi bien que possible. Une bande mouillée fut placée autour de la partie inférieure de la cuisse, immédiatement au-dessus du genou, et un bracelet de cuir fut bouclé sur elle; le moufle fut fixé à cette dernière et à l'anneau situé au devant du malade. Le tronc fut fléchi à angle droit sur la cuisse luxée qui croisait la partie supérieure de celle du côté opposé. Alors l'extension fut commencée à l'aide des poulies et graduellement accrue jusqu'à ce qu'elle fût portée aussi loin que le malade put la supporter. En ce moment, un aide monta sur la table , et , passant uu lac au-dessous de la partie supérieure de la cuisse, il la souleva de manière à rendre possible la rotation de la tête du fémur, mouvement au moyen duquel on devait la faire rentrer dans sa cavité. M. South qui tenait la jambe , fut chargé d'imprimer au membre un mouvement de rotation en dehors , et , au bout de treize minutes , on entendit l'os rentrer d'une manière brusque et avec bruit dans la cavité cotyloïde.»

Je crois que, dans ce cas, je n'aurais pas pu réussir h réduire le membre, si je n'avais pris garde à deux circonstances : lo Je remarquai

que le bassin glissait dans la ceinture destinée à le maintenir, de telle sorte que la cuisse ne l'cstait point à angle droit avec le tronc. Je fus obligé, pour conserver cette position pendant l'extension, de faire pencher le corps en avant. 2° L'extension aurait pu être continuée indéfiniment, et cependant le membre ne se serait jamais réduit, sans le mouvement de rotation imprimé à la tète du fémur, vers la cavité cotyloïde.

Observation 33% recueillie par M. Wickham. — John Norgott, âgé de ÛO ans, fut apporté à l'hôpital de Winchester , le 27 décembre 1817, pour une luxation de la hanche. Douze jours auparavant, il avait fait une chute de cheval, dans laquelle l'animal s'était abattu sur lui , de telle sorte qu'une de ses jambes se trouvait sous le cheval, tandis que son corps était dans une position demi-fléchie , appuyé contre un tertre. C'était un homme de taille ordinaire , mais très-musclé. La jambe , du côté malade, n'était pas beaucoup plus courto que l'autre, et ne s'avançait que peu au-dovant de celle-ci. L'immobilité était ici le caractère le plus prononcé de la luxation, car la tête du fémur était rejetée dans l'échancrure sciatique. Le mode de réduction fut simple. Le docteur Mayo fit étendre le membre avec le moufle, jusqu'à ce que la tête du fémur fût attirée au bord de la cavité cotyloïde, sur lequel elle fut soulevée au moyen d'une serviette qui passait autour de la cuisse du malade et sur le cou d'un aide. Le malade ne fut retenu à l'hôpital que trois ou quatre semaines, et le.û février il fut renvoyé guéri.

Observatiov Zh', communiquée par M. Worls, élève à l'hôpital Saint - Thonuis. — « James Hodgson , marin , âgé de 38 ans , homme fort et musculeux , fut admis à l'hôpital Saint-Thomas, le mardi 18 février, pour une lésion de la hanche gauche. Son pied était élevé au-dessus du sol, sur une caisse, lorsqu'une autre caisse tomba sur sa cuisse, frappant le genou en dedans ; il tomba et fut apporté immédiatement à [l'hôpital. M. Worts jugea qu'il y avait une luxation de la hanche, et que la tète de l'os était rejetée dans l'échancrure sciatique. Cependant les opinions furent partagées sur ce sujet; et comme il existait une tension considérable qui empêchait de sentir la tête de l'os, il prescrivit une lotion évapoi-ante. La rotation du pied en dedans et le raccourcissement du membre ne laissaient pas de doute sur la nature de la maladie, quoique, dans ce cas, la flexion fût plus facile qu'on n'avait lieu de s'y attendre. Le docleur Chandler vit le malade le samedi 12 ; à raison du gonflement, il prescrivit quelques sangsues et l'usage continu de la lotion évaporante. Le docteur Cline diagnostiqua une luxation dans l'échancrure sciatique. Le lundi matin, lU , le gonflement avait beaucoup diminué. M. Worts crut sentir la tète du fémur

tOXATIONS.

en imprimant au membre uu mouvement de quand les forces du malade sont brisées par

rotation. Sir A. Cooper vit le malade le même l'état de nausée que produit l'emétique et par

jour dans la soirée, et diagiiosliqua ésale- la saignée, ils n'agissent point avec la même

ment une luxation dans l'écliancrure sciati- violence que dans les premières heures après

que. La tète du fémur clait plus facilement l'accident, seutie. Une saignée de seize onces diminua

la douleur, et le samedi suivant, le docteur Observation Z5',extî\iite de l'ouvrage de M. Ch.

Ghandler jugea que le gonflement avait suf- iT. Todd, intitulé: Exposé d^ une dissection de la

fisamment cédé pour autoriser les tentatives hanche après une luxation récente , avec des ob"

de réduction. M. Worts , en conséquence , acrvations sur les luxations du fémur en haut et

pratiqua vei-s deux hem-es et demie une sai- en arr/ére.— Dansl'étédel818,unjeunehomma

gnée de seize onces, qui ne produisit aucun roîouste ayant voulu sauter par la fenêtre de sa

effet sensible, puis une nouvelle saignée de chambre à coucher au second étage d'une mai-

vingt-sept ouces , à trois heui'es dix minutes, son élevée , tomba sur un terrain battu. Son

Pendant que le sang coulait, le malade prit crâne fut fracturé et sa cuisse gauche luxée ea

un grain de tartre stibié. Cette dose fut ré- haut et en arrière. La luxation fut réduite faei-

pétée cinq fois , de cinq en cinq minutes; el , lement ; cependant un épanchement sanguia

au moment où la syncope était imminente , il considérable s'étant fait dans la cavité eucé-

fut porté ri la salle des opérations. Les banda- phalique, le malade resta dans un état coma-

ges et les poulies furent appliqués au bassin teux pendant vingt-quatre heures, et mourut»

et au genou, et, ci'oisant la cuisse luxée sur le lendemain on en fit l'autopsie, et l'on trouva

celle du côté opposé , on entretint l'extension les altérations suivantes dans la hanche et dans

pendant dix à douze minutes. Alors on les parties voisines.

l'augmenta graduellement, en essayant en En soulevant le grand fessier, on trouva une

même temps de soulever la tête du fémur , et large cavité remplie de sang coagulé entre ce

en tournant le genou en dehors : cela dura muscle et la partie postérieure du moyen fes-

quinze minutes. En ce moment, la lête du fé- sicr : c'était le lien qu'avait occupé l'extrémité

mur cessa d'être perceptible. L'os était replacé; luxée du fémur. Les moyen et petit fessiers n'of-

mais personne n'avait pu juger à quel mo- fraientaucune altération. Les muscles pyrami-

ment la réduction s'était effectuée. Le ma- dal, jumeau, obturateur et carré étaient com-

lade lui-même n'avait éprouvé aucune sen- plétement déchirés transversalement. Quelques

sation particulière qui pût le lui indiquer, fibres du pectine étaient aussi rompues. Les

Le soir, un grain et demi d'opium lui pro- muscles iliaque, psoas et adducteurs étaient

cura du sommeil. Le lendemain matin, il intacts. Le ligament orbiculaire n'était con-

ne restait plus qu'un peu de douleur, et la serve qu'à la partie supérieure et antérieure. Il

cuisse pouvait être portée dans toutes les di- étaitifregulièrement dilacéi'é danstoutleresto

rections.» de sou étendue. Le ligament rond était arrachd

M. Worts exprime sa surprise de ce que la de la dépression qui est située sur la tête du

tête de l'os rentra dans la cavité sans produire fémur ; son attache dans la cavité cotyloîde,

le bruit accoutumé ; mais quand les muscles était intacte. Les os n'avaient souffert aucune

ont été contractés pendant quelque temps , et lésion»

Page 1