Dans la Presse, que dirigeait M. de Girardin
3. ■ Guigues (de Champvans), ami et protégé de Lamartine. Il représentait alors le département de l'Ain à l'Assemblée Constituante.
Mettez, si cela esl nécessaire, cela ilans les journaux. Si ce n'esl pas nécessaire, non. Bornez-vous à faire rouir dans la Chambre et à faire savoir à l'oreille des journalistes ce refus de moi, pour qu'ils en disent un mol d'eux mêmes.
Quant à la présidence do la République, tâchez de faire démentir mille et mille fois mon refus à peu près en ces termes :
« Il est faux que M. de Lamartine refuse les suffrage ■> qui lui seraient spontanément offerts pour la présidence de la République. Ce qui est vrai, c'est ce qu'il a écrit à ce! égard aux Débats : « Je ne brigue pas, je ne désire pas la prési- « dence. Je n'ai pas l'insolence de me croire nécessaire, je « n'ai pas la confiance de me croire utile à ce poste. Je pré- « fère y voir appeler tout autre citoyen intelligent, courageux, « modéré. Mais, si la voix du pays m'v appelait, j'accepte- « rais sans hésiter, comme j'ai accepté au cri du peuple en « février. »
Je fais du reste peu attention à ce qui se dit ou se fait en ce moment. Le vent soufflera d'où il voudra, le g décembre, au soir. Puisse-t-il souffler contre moi! Les hommes font pitié en masse; heureusement qu'on les aime en détail.
Ici tout va bien. Le club discrédité se bat tous les soirs en mon nom. Tout tombe de ce côté en faiblesse et en scandale. La France vomit le rouge. Sauvons maintenant la République de M. Thiers et de ses amis qui deviennent bien insolents !
Hélas ! que je les ai vus bas il y a sept mois! Je les couvrais, ils nie bénissaient, et ils m'outragent.
Adieu. Écrivez.
J'ai vendu trois mille pièces de vin, et je n'ai pas un sol. Je laisse ici presque tout ce que j'ai obtenu comptant. Je suis démoralisé du gousset. Cela me retarde, et un rhumatisme aussi avec de la lièvre.
Je pense, dans quinze jours, vous revoir.
Nulle nécessité ici pour moi à votre voyage comme nul inconvénient.
"\ ous montez, et je vous fais échelle. Justement parlant. c'est justice.
A MONSIEUR DE CHAMPVANS 205
Essentiel. Posl-scriplum.
Tenez pour non avenu dans la lettre précédente tout ce qui concerne la présidence de l'Assemblée. Rien dans les journaux à cet égard. Mais faites bien entendre à l'Assemblée que je n'accepterai jamais la présidence de l'Assemblée.
Ne laissez pas confondre ce refus avec celui qu'on m'attribue de la présidence de la République.
Insérez le morceau que je vous écris sur la présidence de la République tel quel. Il exprime net ma pensée. Je préfère Cavaignac à Bonaparte, mais si on se porte sur moi, j'accepte.
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