‹ Œuvres choisiesChapitre 12 sur 124 · Lettre à Virieu, du k novembre iSio · texte numérisé non relu

Lettre à Virieu, du k novembre iSio

3. Lettre au marquis de la Grange, du 20 juin i84i. — Cf. lettre à Dargaud, du ii octobre i8ii : « La politique me parait aller sans aucune intellisence. »

draienl ceni mille gouvernements1. » Dès ls',-2. son parti est pris. Le 11 février, pour la dernière fois, il soutient le ministère : « Ce sont uns adieux, déclare-t-ilen confidence à sa ^i-ni- Mme deCessiat2. La semaine prochaine, je commencerai à parler en homme de grande opposition. On me fait toutes les (Uns imaginables ce malin pour me retenir à la vieille majorité : je n'en veux plus. » Le 6 septembre, il écrit avec une véritable allégresse : «Je commence de ce jour ma vraie carrière politique. J'étais jusqu'ici comme ces vaisseaux qui louvoient jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à une certaine latitude et qui ne partent véritablement orientés que de ce point. Je vais faire de la grande opposition, ressusciter les jours de 4815 à 1830, avec cette différence que si l'opposition m'écoute, elle sera affirmative et gouvernementale, au lieu d'être négative, critique et démolisseuse... Renverser le pouvoir est un pauvre métier; le conquérir et y rétablir ses idées, voilà l'œuvre '■'. »

Le discours du 27 janvier 4843 est l'exposé éloquent, nerveux, indigné, de tous les griefs de Lamartine contre ce gouvernement d'étourderie et de paresse, qu'effarouche toute réforme libérale, qui a mis le pays à deux doigts de la guerre, et qui a laissé petit à petit glisser le pouvoir des mains des ministres dans celles du roi*. Ces paroles venaient à leur heure : l'effet en fut considérable. « Je ne croyais pas la désaffection si profonde, écrit Lamartine quelques jours plus tard6, et je m'en effraye. » Et, pour la première fois, il semble apercevoir l'avenir auquel conduit cette politique : « Je ne me le dissimule pas: les révolutions paraissent devenir inévitables sous les conséquences des fautes commises6. »

De cette position ainsi conquise, que va-t-il faire? En apparence, peu de chose. Rien n'est plus décevant que de suivre jour par jour, pendant les quatorze années qui séparent l'entrée de Lamartine au Parlement de la Révolution de 4848, les vicissitudes de son influence politique, la série de ses espérances et de ses désillusions. A chaque instant on le croit, et il se croit, parvenu au succès, à la popularité, au pouvoir, — et les années passent, les ministères se succèdent,

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