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SUR L'ADRESSE

Ciiambri. des députés. — Séance fin 27 janvier lR't3.

On appelle « adresse », dans les monarchies constitutionnelles, la réponse que les assemblées législatives font au début de chaque session au discours de la couronne. Sous la Restauration, la discussion de l'adresse donna Bouvent lieu à de grands débats sur la politique générale du gouvernement. ' "est à cette occasion que Lamartine prononça, 13, l'important discours qu'on va lire. 11 avait jusqu'alors loyalement soutenu presque tous les ministères, dans l'espoir d'amener le gouvernement à une conception plus libérale de si mission et à une politique plus démocratique. Au bout de huit années d'infructueux efforts, il passe délibérément à l'opposition et en l'ait à la tribune la déclaration solennelle.

Messieurs,

L'honorable orateur1 qui a ouvert celte discussion par un discours si brillant cl si solide disait tout à l'heure que le vice

1. Gustave de Rcaumont, députe de la Sarthe. Il appartenait à l'opposijion dite « dynastique ».

. I \l-l.l - III

il pas dans le système, qu'il étail dans lo ministère luimémi

Je diffère entièremenl en ceci de I honorable préopinant, el

je 'li- Le vice", s mes yeux, n'est pas dans le ministre ; il

le minist* i c u tuel, ni dans celui qui I •> pré

lans ceux (lui set ni destinés i lui si

ili-i . le vice eal plus haut; la difficulté de la situation, la

ii. (lu péril de 1| lonl ailleurs; elles sont dans le

•h loùl entii i / u (re.)

;•! u de mots vous «lit asses que je ne mme

j'en avais l'habitude, combattre simplement ici quelques

s i aphes de I ad nise aujoui d

lions.

Non, je viens la combattre t « « • 1 1 enti I • - la com battre dans son esprit et dans ses termes , je viens la comballae ■ I m- tous • epté i «'lui qui

timents, comme tonte notre intcll I t iule notre lo^

celui, dis-je,qui iss ci< 1 1 d< uleur el l'ait! tchement da | li dj nastie qui iu malheur qui ni

trappes en elle »n.)

Cela dit, permettex-moi d'entrer • fon I dans la dis même de l'adi

Il m'est pénible, Messieurs, de dire ce que j<' viens dire .1 la Chambre et .1 mon pays II m'est pénible de ne plus

comme je I ai toujours fait, question pai qui stion ; mais je me surs aperçu trop tard que cette manière di les intérêts de mon pays pouvait avoir quelques inconvi n car le gouvernement se fait ainsi de li longanimité il consciences un eni - nouvelles ' mi, il

faut le dire, quand les fautes du gouvernement, quand les déviations deviennent un système, l'oi : lii un

parti ' Exclamations et approbation >) gauchi

Voilà ce qui m'amène aujourd'hui .1 cette tribune. ! i que les honorables amis de qui je me sépare se rassurent. Je ne viens porter sur d'autres bancs >l autres dispositions que celles qu'ils m'ont connues au milieu d'eux.

I l'O • l'liili|i|»'. i i.nt m. >rt le i '• juillet

u .1. i idi al

J'y porte les mômes sentiments d'attachement raisonné" au gouvernement, à la dynastie qu'ils veulent sauver et fonder. Nous avons deux pensées, mais nous n'avons pas deux patries. Nous crovons devoir la servir autrement, voilà toute la dillérence. El j'ose en appeler ici à vos souvenirs: n'ai-je pas fait toujours au milieu de vous la réserve éclatante des principes que je vais défendre ailleurs?

Messieurs, je regrette les murmures que j'entends, (/lu rentre : On ne murmure pas.) J'ai cru entendre des murmures. (Non, non!) Messieurs, ma vie tout entière y répondra. (Au rentre: Vos intentions ne sont pas contestées.) D'ailleurs si je me trompe, n"ai-je pas le droit de dire à mes anciens amîs : Pardonnez-moi, car je me trompe en conscience? Si je me trompe, je ne perds que moi, je ne fais tort qu'à moi, je n'en ferai aucun à mon pavs. Et qu'importe après tout l'erreur d'un esprit sincère et dévoué à ce qu'il croit être le bien? Le vaisseau de l'Etat est-il donc une barque si frôle et si vacillante, que le poids d'un homme qui se déplace puisse lui faire perdre l'équilibre et la submerger? (Très bien! très bien!) Non, c'est un bâtiment solide et vaste qui porte dans ses lianes des intérêts immenses, et qui ne s'aperçoit pas, comme le croit notre orgueil, du déplacement de quelques misérables indixidualilés. (Bravos unanimes.)

Je dis que je combats l'adresse tout entière dans son esprit. Pourquoi ? Parce qu'elle renferme un certain sentiment de bien-être politique, un certain sentiment de congratulation au pays et à la couronne, auquel il m'est consciencieusement interdit de m'associcr. (Approbation nr/aurhe.)

Je le dis et je le prouve sur-le-champ, car ce dissentiment de mon intelligent a\ec les paroles de votre projet d'adresse résulte de la pensée de ma vie politique tout entière. Je dis que cela résulte de la manière dont moi et chacun de nous ici avions entendu la marche générale du gouvernement depuis la révolution de Juillet jusqu'à ce jour. Je m'explique.

Ne croyez pas, Messieurs, et je réponds ici à des pensées qui ne s'expriment pas tout haut, mais dont j'ai entendu souvent expression ici comme ailleurs; ne croyez pas que la révolution de Juillet ait été une surprise pour moi. La révolution de Juillet, qui a pu affliger mes sentiments comme homme.

5UB I IDRES

jamais étonné ma raison ni troublé mon intelligi J'ai compris tout de suite, sous le feu même <l ce que | ivais compris dans mes jeunes années : i esl que le monde politique el moral, suspendu entre deux principes, entr< le gouvernement d'autorité el le gouvernement de liberté, entre le principe qui absorbe les trônes, les arisl lies el les dynastù ■ I uns le -■ ul grand intérêt national, el le principe qui absorbe tous le intérêts permanents du

pays dans I intéi êl «les ti ôncs <■( des

aristocraties de loul geni >mpris que le monde -

décidé entre ces deux principes, el qu'il avait cboisi le meilleur. ( acclamations <t gauche. — Run quelques bancs.)

Eh bien! je me suis dit: Voilà un gouvernement n l'explosion <l une idée libérale, qui <l<>ii être un gouvernement sérieusemenl constitutionnel el sérieusement populaire, ou

qui ne sera rien, [ui jera destiné à tombei un jour. Voilà

un gouvernement <| < iî .1 son mandai écrit sur le drapeau même de la révolution populaire dont il est sorti. Il lui faut un principe; ce principe, c'est celui d'un croissante

démocratie1. Il Bera le gouvernement il'1- masses, le gouvermenl de l'intelligence, le gouvernement du travail, ou il ne sera rien I I n tel gouvernement, on peiM l<- servir. Il est plus beau de se dévouer aux idées qu'aux dynasties aux extrémités. )

Il veut la paix parce que la raison des peuples la veut. Il \ a des ombrages, sans doute, contre nous en Europe; mais raient en cxigi en humi-

liations, il a, pour les intimider ou les dissoudre, cet élan même d'une révolution qu'il comprime à peine, une réi (I un million <l hommes, et enfin la toute-puissance des. idées libérales, quand elles ne (bntpas propagande révolutionnaire, quand elles n'écrivcnl pas <m leurs drapeaux : Conqu mais: Défense du sol el de la liberté chez soil (Très bien! très liien .')

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