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INTRODUCTION XIII

par lesquelles il agit », lui apparaît plus séduisant ; en revanche, le poète « ne remue que ce qui est impérissable dans la nature et dans le cœur humain », son sort est « plus divin »*. Quant à lui, il se sent assez d'audacieuse énergie pour enlever et ceindre la double couronne : « Le beau serait de réunir les deux destinées : nul homme ne l'a fait ; mais il n'y a cependant aucune incompatibilité entre l'action et la pensée dans une intelligence complète. » Avant tout programme politique défini, c'est avec ce rêve que Lamartine entre à la Chambre, litre à la fois orateur et poète, là est son ambition ; de longtemps il n'en aura d'autre.

Quant à ses convictions, que plus tard, grâce au recul des temps, il analysera avec beaucoup de clarté, on comprend qu'elles aient pu paraître quoique peu vasues et contradictoires : « Quand je m'examine bien, déclare-t-il au début de ses Mémoires politiques,... je trouve que je suis... monarchiste de raison, libéral de tendance, anti-anarchiste de passion, bourbonien légitime de justice et d'honnêteté, républicain d'occasion et d'idéal : au fond, philosophe plus sceptique que fanatique de formes politiques, trouvant tout bon de ce que le temps et les circonstances imposent momentanément aux peuples, même l'intermittence des gouvernements nécessaires 2. » Au moment où nous en somme-, la brochure Sur la Politique rationnelle (1831), toute la partie politique du Voyage en Orient le posent comme un homme de propres, prêt à ne repousser aucune de- transformations nécessaires à la vie moderne ; mais, en même temps, il se pique de fidélité aux Bourbons: il a fait à cette fidélité le sacrifice de sa situation diplomatique. A quel parti voudra-t-il s'affilier?

Ce n'est pas aux gouvernementaux. Entre l'intelligence exclusivement pratique d'unThiers. d'uni Guizot, d'un .Mole, et sa pensée sans cesse tournée vers l'avenir, entre leur empirisme prudent et ses vives intuitions, il ne saurait y avoir que disconvenances et contrastes. Leur politique au jour le jour, leurs expédients de bourgeois timorés, lui paraissent un nonsens. Les républicains, d'autre part, s'étonnent de ne pas le voir venir à eux. Mais, pendant des années, pour la grande majorité du pays, république sera synonyme d'anarchie, et Lamartine a horreur des violences et du désordre. Les troubles qui ont mar-

i. Voyage en Orient, t. I, p. xofi. a. Mémoires politiques, I, i.

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que le ministère LafQtte, les émeutes de 1834 et de 1833 pent encore l'opinion quand il revient en France; bientôt api il assiste avec dégoûl aux insurrections d'avril : nen

nais, pensanl certainement faire un adepte, lui confie !•• ma] du» ril des Parolea d'un Croyant ■■ Lamartine, loin d'approuver^ s'inquiète el s'indigne C'est, dit-il, l'Évangile de l'insui lion, Babeuf divinisi i ma politique ce que la Saint-Bar*

thélemy esl à la religion

Quanl aux légitimistes, <!'■ <i'n '•' rapprocherait plus farilcmenl une communauté d'éducation el d'habitudes, Irur incompréhension de la vie moderne le rebute. Son jugement sur les Bourbons, dès 1830, esl d'un homme que la fidélité n'empêche pas d'être clairvoyant : « <»|i : que la Restauration bien comprise par eux était un beau rêve ' il- étaient la planche du vaisseau pour passer de la mer au rivage, le ponl sur l'abîme pour descendre du passé à l'avenir. Ilsonl prél le faire sauter el nous précipiter avec eux... (La civilisation moderne) prendra d'autres guides, il n'\ a pas <!»• doute; elle ne peut pas revenir à ceux qui lui ont in>i- fois prouvé qu'ils étaient aveugles de naissance. » El il blâme également ceux des royalistes qui croiraient pouvoir tenter une restauration impossible, et ceux qui, comme Bon ami Virieu, croient résoudre le problème en restant immobiles el n

Y avait-il, entre <ri'< trois partis, une place .t prend] Lamartine le crut. Le 9 janvier 1834, au lendemain de son entrée à la Chambre, il indique à son père, «'n une phi son a plan d'organisation future d'un nouveau parti de n lisme avancé èl impartial qui ne prendra son appui que dans la conscience du pays ». Le 13 mars, dans un discours prononcée la tribune de la Chambre*, il cherche .i définir ce parti « qui ue s'occupe que <!•' ce qui peut être utile ou nuisible à la société », el pour lequel il crée !<• nom de pai li soci Deux ans plus lard, dans une lettre qui esl une véritable

i. Cf. lettre à Virieu do 18 .i\ril i83fl i Je « roi- que l'horreur éprouvée le pays en ayant le pied ^ur la boue républicaine Le rejette de |>lu» en plus dans l'ornière actuelli

i. Lettre ■> N irieu, du g mai

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