LA POLITIQUE. - L'ÉLOQUENCE PARLEMENTAIRE
Le courrier de France lui avail apporté en plein Liban, le 9 avril 1833, la nouvelle de -'<n élection comme député de Bergues1. Il entre à la Chambre an début de 1*:;'.. Dne autre existence commence pour lui.
Q faut se méGer beaucoup des Mémoires, où Lamartim peint comme ayant de tout temps gouhaité l'action politique1 •I dédaigné la poésie. Mais ce qu'on ne saurai! nier, c'esl le puissant attrait qui. à partir de 4830, le sollicite à la vie publique. Il n'a jamais été un pur artiste, un pur rêveur: occupations de diplomate ou de vigneron-gentilhomme, Le soin de ses affaires et de sa famille ont toujours fail contrepoids en lui à la poésie. Mais, au Lendemain de La Révolution, il donné, nous L'avons vu3, sa démission d'ambassadeur : le voyage en Orient, qu'il entreprend sur ces entrefaites, n'est qu'une diversion, ou une transition : la politique seule peut, eu réalité, l'arracher à l'oisiveté.
Il l'aborde avec les sentiments d'un hommequi entredans le inonde moral : je veux «lire à qui le bien à faire parait rieuT à n'importe quelle gloire artistique. Le besoin d'agir dit en lui de juur en jour, et il faut entendre par là bien moin- L'égoïste désir de gouverner les foules que le besoin ii'ux de se confondre avec, elles et d'abjurer, en quelque sorte, les privilèges que pourrait lui valoir son génie. Débordant de sève el d'ardeur, malgré les inguérissables t/iessures de son cœur, il voit, enfin, dans la earrière politique, el particulièrement dans l'éloquence, un emploi nouveau de ses force*-. Une comparaison s'ébauche en lui entre l'orateur et le poète : le sort de l'orateur, qui « participe à la fois de la gloire de l'écrivain et de la puissance de- masses sur lesquelles et
i. L'élection datait du - janvier. — C'est à partir de i^3~ qu'il représenta Màcon.
i. Voir notamment le début de ses .l/i moires politiques (I,i) : « Ce fut là... la vocation secrète et constante de ma vie dés l'âge où la nature, plus forte que le préjugé, parle dans l'homme. »
\ . Poésie. Introduction, p. xliv.