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INTRODUCTION XV

profession de foi : « Toutes mes espérances, déclare-t-il, sont dans un symbole politique nouveau, symbole que les vieilles gnorances, les vieilles rancunes, les vieilles haines se refuseront longtemps à comprendre, parce qu'elles se refusent à l'accepter, mais qui se formulera en dépit d'elles et auquel chaque crise nouvelle amènera de nouveaux adhérents1. »

Lue politique formulée en de pareils termes ne saurait être affaire de calcul et de marchandages : pour Lamartine, elle est toute affaire de sentiment. Le programme de ce nouveau parti sera une sorte de christianisme approprié aux besoins de la vie présente. Comme Bûchez (sans qu'on puisse savoir au juste quel lien établir entre leurs idées), Lamartine estime que le christianisme bien compris, avec ses préceptes de justice et d'amour, son mépris des intérêts matériels, peut et doit servir de base à la politique moderne2. De l'idée chrétienne on peut tirer en effet — non sans quelque sophisme — le respect de la liberté sous toutes ses formes, la tolérance, la bienfaisance sociale. Lamartine y joint, article essentiel de son credo politique, le respect de la propriété. Il réprouve avec la dernière énergie tout ce qui sentie communisme, synonyme pour lui d'immoralité et d'anarchie. Seulement il veut que la propriété étende ses bienfaits du riche au pauvre et devienne, jusque dans les plus humbles familles, source de moralisation et de bons sentiments 3.

Les principes une fois admis, il faut s'y conformer toujours et leur obéir en tout, quelles que puissent être les conséquences. Lamartine est sur ce point d'une intransigeance absolue. La « foi généreuse dans un principe » 4. voilà — force ou faiblesse — l'âme de tous ses discours, l'inspiration de

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