‹ Œuvres choisies d'Alexis PironChapitre 116 sur 235 · ACTE III, SCÈNE IV. 2i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV. 2i

^iii , pour premier trophée, à cette horrible fête ,

De Gustave égorgé verra porter la tête.

^)ue ces restes saiiglans, nos cris, notre fureur,

Soient au Néron dn nord des sources de terreur !

RODOLPHE

Ixéprimez, Léonor, une audace inutile.

Du vainqueur à jamais le pouvoir est tranquille;

Et du vaincu la tète exposée en ces lieux

N'y doit épouvanter que les séditieux.

léonor.

Ciel vengeur! se peut-il que ta justice endure D'un semblable vaincu le nialbeur et l'injure? De ceux qu'on assassine est ce donc là le nom? Téméraire I en nommant le gendre de Stéton! Respecte d'un héros l'auguste caractère, Surtout en adressant la parole à sa mère.

RODOLPHE

Vous? sa mère.

ADÉLAÏDE

Il manquait cette horreur à mon sort ! Vous avez prononcé l'arrêt de votre mort.

RODOLPHE. [plaire,

IN on, madame. Le roi ne cherchant qu'à vous Je réponds de ses jours dès qu'elle vous est chère. Elle vivra. Souffrez seulement qu'on ait soin D'écarter de l'autel un semblable témoin ; JEt que, pour contenir la douleur qui l'égaré, ', D'avec vous aujourd'hui mon devoir la sépare.

ADELAÏDE

ÎNous séparer, cruel ! et qui t'en a chargé?

RODOLPHE

Pour mon maître, pour vous, je m'y crois obligé.

iil6 GUSTAVE-WASA.

Gardes !

ADÉLAÏDE

Qu'oses-tu faire? Est-ce là ma puissance?

RODOLPHE. [sance.

Tous servir, ce n'est pas vous manquer d'obéis-

LÉO.NOn.

Adieu , madame , adieu. Ce triste éloignement D'un trépas désiré hâtera le moment.

Le tyran nrotlrirait une grâce inutile.

ADELAÏDE

Entre mes bras encore il vous reste un asile. Animés de l'excès des plus vives douleurs, Ces faibles bras sauront vous disputer aux leurs. Eh ! quoi, vous UiC laissez désolée et confuse? A mes embrassemens ma mère se refuse!

LÉONOR

Que me reprochez- vous? Hé bien , je les reçois , Madame; honorez-m'en pour la dernière fois. Mais prenez dans les miens un peu de ma con- Ne vous oubliez pas jusqu'à la résistance, [stance. Qu'espérer des eSbrts d'une tendre amitié ? Est-il ici pour nous ni respect ni pitié? Et le sexe et le rang y sont sans privilèges. Le sort nous abandonne à des mains sacrilèges. Les désarmerez-vous par d'inutiles cris?

A tant d'indignités opposons le mépris.

Que le vôtre en ce jour plus qne jamais éclate; Confondez hardiment l'espoir dont on se flatte. Redoutant vos sujets prêts à se révolter, Christierne à vos jours n'oserait attenter. A qui donc ose ici vous traiter en esclave? Expiiquez-vous en reine, en veuve de Gustave.

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