SCÈNE PIIEMIÈRE
CHRISTIERINE , RODOLPHE.
CHRISTIERNK.
Je prétends faire ainsi remonter ma vengeance Aux sources du mépris qui bravait ma puissance ; Léonor, dont lorgueil osa la balancer, Expiera ce mépris, ou le fera cesser; De ses derniers discours rétractera l'audace, Ou sentira l'effet de ma juste menace.
Est-elle, par ta bouche, instruite de son sort?
RODOLPHE
Elle a devant les yeux l'appareil de sa mort ; Et j'attendais qu'il fît tout l'efFet qu'il doit faire, Pour vous la ramener plus prête à vous complaire.
CnmSTIERNE.
Et, dis-moi ; d'un bonheur qu'il n'accepta jamais De quel œil Frédéric a-t-il vu les apprêts?
ROUOLPHE.
Je le fais observer ; sans pénétrer encore S'il C('>de, ou s'il résiste au feu qui le dévore. Son départ, à la nuit, d'abord était marqué; Mais presque sur le-champ l'ordre s'est révoqué. Animé d'autres soins , et plein de confiance, Maintenant il vous cherche avec impatience; Et moi, d'un entrelien que vous ne cherchez pas J'ai voulu , mais en vaia, vous sauver l'embarras : Sur mes pas, devant vous, il est prêt à se rendre. Tôt ou tard il faut bien se résoudre à l'entendre.
Et du peuple quels sont cependant les discours?
BODOLPHE.
De la mort de Gustave il veut douter toujours. Sans perdre un seul instant, rendons-la manifeste; Ou ce doute aujourd'hui peut vous être funeste.
CHRISTIERNE.
J'ignore quelle idée encçageait Casimir A m'éloigner de celle où tu viens m'aflfermir. Oui, pour éteindre un feu que l'erreur perpétue, Présentons aux mutins leur idole abattue; Dans la place publique, où fut lu son arrêt. Qu'à l'instant le proscrit paraisse tel qu'il est. Va le prendre des mriins de son brave adversaire; Et de là devant moi fais paraître sa mère. Yoici le prince. Va , cher Rodolphe ; et reviens Interrompre au plutôt de fâcheux entretiens.