ACTE IV, SCENK II
In coup infructueux joindrait la mère au fils. La princesse m'implore, et nous la redemande. Pour l'intérêt commun soulVrez que je la rende , Seigneur ; et qu'une fois vous ayant désarmé Je serve ce que j'aime, et puisse en être aimé.
CHRISTIERNE.
Prince, on ose abuser de votre ministère. Le rival de Gustave en doit craindre la mère. Le passé, ce me semble, à tousdeux nous l'apprend; Va c'est une imprudence en vous qui me surprend.
fbédéric.
La générosité jamais n'est imprudence.
CHKISTIERNE.
Elle n'ouvre que trop la porte à la licence.
FRÉDÉRIC
^Jais si l'on obéit; si l'on vous satisfait ?
CHRîSTIERNE.
Leur séparation produira cet effet.
frébÉric.
I\Ies soins l'auront produit.
CHRISTIERNE.
Quoi! cette âme hautaine ..
FRÉDÉRIC
Obtenant Léonor, serait moins inhumaine.
CHRISTIERNE.
Vous avez sa parole ?
FRÉDÉRIC
Elle n'a rien promis :
ilaisjecrois m'en pouvoir tout promettre àce prix.
CHRISTIERNE.
J'îince, elle y compte en vain : c'est moi qui vous l'annonce.
3b8 GUbTAVE-WASA.
frédébic.
Quoi ! je lui porterais celte triste réponse ?
CIIRISTIERNE.
Triste ou non ; j'ai parlé. Ce décret vous suffit.
FRÉDÉRIC
J'aurais cru mériter que l'on me satisfît.
CHRISTIERNE.
A son retour du temple, on lui pourra complaire.
FRÉDÉRIC
Il s'agit d'une grâce, et non pas d'un salaire.
CHR1STIER.\E.
J'en crois faire une aussi, quand je laisse espérer.
FRÉDÉRIC
Mais 'a princesse craint; il faut la rassurer.
CHRISTIERNE.
Sa crainte nous répond de son obéissance. Léonor lui rendrait bientôt son arrogance. De leurs derniers adieux on sait l'emportement. Souvent l'amour d'ailleurs se flatte aveuglément. Le vôtre, un peu crédule, et prompt à vous séduire, A peut-être entendu plus qu'on n'a voulu dire. Yous espérez beaucoup. Ne pourrait-on savoir Les discours échappés d'où vous naît cet espoir
frÉdÉïïtc.
Non, seigneur : je vous crois ; je l'ai mal entendue. Tant de gloire en effet peut ne m'êlre pasdue ; Je le veux. Mais en dois-je aimer moins l'équité ? Et ne consultant qu'elle, être moins écouté? Sommes-nous plus en droit d'opprimer l'innocence? Ah I ne pouvoir ni'aimer, ce n'est pas une offense A mériter les maux qu'elle endure à mes yeux : Et j'en ai trop été le prétexte odieux.