SCÈNE IV
CHRISTIERNE, LÉONOR , SOPHIE.
CHRISTIERNE.
Votre juge offensé n'est pas inexorable.
Dans vos premiers transports vous étiez excusable;
Peut-être dans les miens me suis-je trop permis;
En les désavouant cessons d'être ennemis: Mais sachez profiter de ma bonté facile , Et ne vous parez pas d'un orgueil inutile, Qui pourrait vouscouvrirdeblânie en vous perdant. On signale à sa lionte un courage imprudent. Le vôtre ne serait qu'une aveugle faiblesse. Car exposant des jours si cliers à la princesse, A'^ous exposez les siens, songez-y, Lèonor. Sauvez-là. Sauvez vous 11 en est temps encor. Promettez-moi près d'elle une heureuse entremise. A mes intentions rendez-la plus soumise. En un mot, réparez ce que vous avez fait. A ce prix je pardonne; et je suis satisfait.
LÉO.NOR
IV'espère pas, tyran, que mou orgueil se lasse. Le tien se satisfait à me parler de grâce, Et le mien à vouloir n'en mériter jamais. Puissent mes soins te nuire autant quejetehais! Va, j'ai de 1^. princesse affermi le courage. Pour moi je respiraisïaprès un long orage. Lesapprêts de ma mort fixaient tout mon espoir. Pourquoi se changent ils en l'horreur de te voir ? Que nous proposes tu ? quelle ollre oses-tu faire ? Quels traités? Nous pleurons; moi Gustave et son
père; Elle, un trône usurpé, son père et son époux. Ce n'est qu'à des vengeurs à traiter avec nous: Et du traité ta mort serait le premier gage.
CHRISTIERNE.
Toujours la même audace et le même langage! Et pourquoi toutes deux imputer à ma main Les attentats d'un autre, et les coups du destin?