‹ Œuvres choisies d'Alexis PironChapitre 133 sur 235 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

CHRISTIERNE, GUSTAVE, RODOLPHE.

LÉONOR, SOPHIE, gardes.

i CHRISTIERNE.

Tiens, regai'de ces fers.

Est-ce là donc un prix digne de tes reproches? [cheS Suis-je accnsable encor du meurtre de tes pro-

a3G GUSTAVE-WASA.

Qu'il périsse; et qu'enfin ce coup nous rende amis. Qu'on l'immole. Frappez.

LKONOR, retenant le bras du garde.

Arrête !

CHISTIER.NE.

Ah! c'est ton fils,

GUSTAVE

Oui Je le suis. Jefais cet aveu sans contrainte. Pour d'autres que pour moi j'eus recours à la feinte : Mais mon propre péril me défend^d'en user; Et je le sens trop peu pour daigner t'abuser.

i.Éo.NOR, einbrnssatit Gustave.

O sang d'un cher épouxl fiisd'un malheureux père! Dans quel état le ciel te rend-il à ta mère?

GUSTAVE

Madame, excitez moins un tendre sentiment Qui de notre malheur vient d'être l'instrument. La seule piété nous ravit la victoire.

Sur le poi rit de vous rendre un fils couvert de gloire, J'ai craint de vous laisser pour otage en ces heux; Et voulant vous sauvei, je péris à vos yeux, Daignez, pour prix d'un soin si funeste et si tendre, ( Si pourtant le devoir a des prix à prétendre ) Daignez ou retenir, ou me cacher vos pleurs; Dérobons un triomphe à nos persécuteurs. Gustave, à peine ému de sa propre misère, Oserait-il s'ollrir pour exemple à sa mère? Que perdez-vous, madame? un fils déjà pleuré. Mais moi qui vois la mort d'un visage assuré, Que de regrets mortels au moment où j'expire I ,1e perds, avec la vie, une mère un empire. D'incroyables travaux le fruit presque certain,

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