SYLVANDRE , THÉMIRE
SYLVANDRE
Mais aussi le silence, au lieu d'être farouche, A l'air, en certains cas, d'une tendre faveur.
THÉMIRE
Un mot sorti de ma bouche Vous aurait percé le cœur.
SYLVANDRE
Quittez cet affreux badinage.
Un jeu pareil , en vérité , Sied mal en cette extrémité.
Ménagez mon faible courage; Et n'affectez pas davantage Un excès de malignité ,
Qui tiendrait enfin »le l'oulrage.
TllÉMlHF-,
Ferez-vous encor «les lois ?
Ou , libre d'un soin frivole , Et plus sage une autre fois , Laisserez-vous à mon choix Le silence et la parole?
SVLVANDRE.
Ah I je n'ai pas deviné L'offre qu'on allait vous faire.
THÉMIRE
Encor moins imaginé
Les raisons qui m'ont fait taire.
SYLVANDRE
De ce silence obstine Serait-il une autre cause Que le plaisir malin de m'avoir chagriné?
THEMIRE.
Je l'y comptais pour quelque chose.
Mais, je veux bien en convenir ; A l'amusant j'ai joint le nécessaire.
Le dessein d'engager Hylas à m'obtenir Est mon vrai but en cette affaire.
SYLVAINDRE.
Vous lui souhaiteriez l'aveu de votre père ?
thémike.
Oui : je désire fort qu'il puisse y parvenir-
SYLVANDRE
Vous dont l'amitié sincère Ne devait jamais finir ?
THÉMIRE
Moi-même.