‹ Œuvres choisies d'Alexis PironChapitre 159 sur 235 · SYLVANDRE , THÉMIRE · texte numérisé non relu

SYLVANDRE , THÉMIRE

SYLVANDRE

Mais aussi le silence, au lieu d'être farouche, A l'air, en certains cas, d'une tendre faveur.

THÉMIRE

Un mot sorti de ma bouche Vous aurait percé le cœur.

SYLVANDRE

Quittez cet affreux badinage.

Un jeu pareil , en vérité , Sied mal en cette extrémité.

Ménagez mon faible courage; Et n'affectez pas davantage Un excès de malignité ,

Qui tiendrait enfin »le l'oulrage.

TllÉMlHF-,

Ferez-vous encor «les lois ?

Ou , libre d'un soin frivole , Et plus sage une autre fois , Laisserez-vous à mon choix Le silence et la parole?

SVLVANDRE.

Ah I je n'ai pas deviné L'offre qu'on allait vous faire.

THÉMIRE

Encor moins imaginé

Les raisons qui m'ont fait taire.

SYLVANDRE

De ce silence obstine Serait-il une autre cause Que le plaisir malin de m'avoir chagriné?

THEMIRE.

Je l'y comptais pour quelque chose.

Mais, je veux bien en convenir ; A l'amusant j'ai joint le nécessaire.

Le dessein d'engager Hylas à m'obtenir Est mon vrai but en cette affaire.

SYLVAINDRE.

Vous lui souhaiteriez l'aveu de votre père ?

thémike.

Oui : je désire fort qu'il puisse y parvenir-

SYLVANDRE

Vous dont l'amitié sincère Ne devait jamais finir ?

THÉMIRE

Moi-même.

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