HYLAS, SYLVANDRE, THÉMIRE
nvLAS, à Thé mire.
J'avais quitté la place, espérant que Sylvandre, La voulant quitter aussi , \ous laisserait seulette ici :
Mais je risquerais tout à vouloir plus attendre. Votre père aujourd'hui songe à vous marier. JNe devinez -vous rien, à mon air humble et tendre? Bergère, je vous aime, et je viens vous l'apprendre. Cela vous fàche-t-il? iSon. Je vais parier. Au plaisir que toujours vous a fait ma présence ,
Que si j'ai pour moi Polémon, Il n'aura pas besoin d'un rigoureux sermon Pour vous insinuer un peu de complaisance. Vous ne me répondez rien? Bon I Comme un aveu je prends votre silence; Et vais chez lui , marchander, d" ce pas, Une brebis si douce, et si pleine d'a])pas. L'or en de tels marchés emporte la balance : Et le bonhomme en fait cas.
Comptez sur mon opulence.
SYLVANDRE, Vanêtant.
Mais votre procédé tient de la violence.
Ne voyez-vous pas bien , Hylas, Que Thémire a l'esprit occupé d'autre chose; Qu'elle n'est point à ce qu'on lui propose, Et qu'elle ne vous entends pas ?
Pour cette affaire, ou pour quelque autre, Prenez mieux votre temps; c'est moi qui vonsle dis.
h CENE iV. 2
HVLAS.
Mon petit pastoureau, pour donner des avis,
Vous même prenez mieux le vôtre.
Thémire est-elle sourde, aveugle, hors de sens?
Ou moi-même suis-je en délire?
Thémire me connaît : je connais bien Thémire : Elle m'écoute ; et je l'entends.
Tenez même, elle vient de rire.
On a du revenu peut-être en sens commun ; Sur un bon titre je me fonde :
Dans toutes les langues du monde, Se taire et consentir n'est qu'un.
Que l'heureux succès coufonde Quiconque me le niera.
Aujourd'hui l'envie eu gronde; Demain elle en crèvera.