SCÈNE XIV
( kaitt. ) Ceci, tout de nouveau , commence à m'intcrdire.
nVLAS.
Votre père jaraais'n'a voulu s'en dédire. DORis , à part.
Et je ne sais plus qu'en penser.
HVLAS.
]\i moi , sinon qu'au jeu l'on veut m'intércsser ;
Mais je prends le parti d'en rire.
DORIS, à part.
Ma flamme, ingénieuse à prendre de l'espoir, S'est laissée, à coup sûr, follement décevoir
Sur une apparence frivole.
HYLAS
L'espérance n'était point folle :
Il était permis d'en avoir.
Un homme est honnête homme, et n'a que sa pa- DORis , à part. [ rôle.
Dans le peu qu'il a dit, ce n'est qu'ambiguïté...
HYLAS
Il joue un assez vilain rôle.
DORis, à part.
Que mystère et subtilité.
HYLAS
Oui , vous voyez comme on me leune.
Pour en choisir un autre il me demande une heure
Belle finesse, en vérité!
BORIS, à part.
Mais toutefois quelle apparence Qu'il songe à me tromper, en s'offrant à courir?
Quelle serait son espérance?
Et quand il en aurait, quelle est ma défiance?
Suffit-il d aspirer ici pour conquérir ?
D'une victoire impossil>le
Dois-je avoir la moindre peur?
Ai-je oublié que ma sœur
A b course est invincible:*
nVLAS.
Invincible! oh que non! ne vous en flattez point.
Le berger n'est pas sot au point D'accepter le défi , sans en savoir plus qu'elle. DORis, récoulant enfin.
Que dites-vous?
nYLAS.
Que l'infidèle
N'est pas une tête à l'évent; Qu'àla course, où l'on croit que votre sœur excelle Dès long-temps, eu secret, il s'est rendu savant;
Et que dans l'erreur il vous laisse
Par malice, ou par politesse Mais moi qui l'ai surpris à s'éprouver soavei^t,
Je vous Tavoûrai sans finesse, La flèche vole avec moins de vitesse ; Et j'oserais pour lui gager contre le vent.
DORIS
Ah ! que vous redoublez ma crainte I Ciel ! quel est le projet qu'il aura médité; Sa démarche est-elle une feinte ?
Est-elle une infidélité ?
HYLAS
Si peu de chose vous tourmente !
C'est faire injure à vos appas.
Mettons la chose au pis : là, seriez-vous conteni Si je vous présente Hylas