‹ Œuvres choisies d'Alexis PironChapitre 178 sur 235 · SYLVANDRE, HYLAS , THÉMIRE, DORIS · texte numérisé non relu

SYLVANDRE, HYLAS , THÉMIRE, DORIS

svLVANDRE, à Tliêmire.

J'étais vengé , sans votre père; SansPolémon, c'en était fait.

Du lâche qui triomphe au bout de la carrière Mon javelot lancé punissait le forfait.

^lais en ces lieux il doit se rendre ; Il n'a, tant que je vis, que de vains droits sur vous. Qu'il vienne ! je l'attends. Rien nepeutledéfcndre; J'en jure par les pleurs que vous daignez répandre ; Le perfide à vos pieds va tomber sous mes coups. tbémire.

Ah! modérez cette fureur extrême.

SYLVANDRE

Thémire exhorterait .Sylvandre à la céder?

THÉMIRE

Je vous ai dit que je vous aime. HYLAS, à part.

Oui-dà ? J'étais bien dupe !

SYLVANDRE

Eh ! c'est pour cela même Que nul autre que moi ne doit vous posséder.

thémike.

J'ai dit aussi que rien ne pourrait me résoudre

A couronner d'autres amours; Que l'on verrait plutôt les rochers se dissoudre; Pénée iutenompre son cours;

SCÈNK XVI. 47

]Nos monts sacres, réduits en poudre ,

Dans ce délicieux vallon ,

Livrer passage à l'Aquilon ;

Et le laurier frappé du foudre

Sur le front ivème d'Apollon.

C'étaitvous direassez qu'au pointoù nous en rommcs, ^Uiand j'aurais conlie moi mes parons et le sort ,

Je saurais faire un noble effort ,

Et contre les dieux et les hommes

Trouver le secours de la mort.

SV'LVANDRE.

Ah! ce discours ne fait que redoubler ma rage. C'est'mon sang, c'est le sien qui doit vous être offert.

La mort doit n'être le partage Que du malheureux qui veus perd ,

Ou du cruel qui vous outrage.

DORIS

Suspendez les eirets de ce juste courroux. Sylvandre! auparavant laissez agir nos larmes. Ma sœur et moi , par de si tendres armes , Peut-être le fléchirons-nous.

nVLAS.

Pour des bagatelles pareilles, Faut-il en effet...

( apercevant Célémante. )

Paix! ne lui témoignez rien.

( à part. ) Voyons ce qu'il va dire. Ils feraient pourtant bien De se donner un peu tous deux sur les oreilles.

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