‹ Œuvres choisies d'Alexis PironChapitre 19 sur 235 · ACTE I , SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENE VI

DAMIS

'l;i foi! tu n'es pas sage. Eh quoi! tu te révoltes V la veille, que dis-je?au moment des récoltes! Car enfm rassemblons; (puisqu'il faut avec toi Descendre à des détails si peu dignes de moi) llassemblons eu un point de précision sûre L'état de ma fortune et présente et future. De tes gages déjà le paiement est certain. Ce soir une partie ; et l'autre après demain. Je réussis. J'épouse une femme savante.

Vois le bel avenir qui de là se présente! Vois naître tour à tour, de nos feux triomphans , Des pièces de théâtre et de rares enfansl Les aiglons généreux, et dignes de leurs races, A peine encore éclos , voleront sur nos traces. Ayons-en trois. Léguons le comique au premier; Le tragique au second; le lyrique au dernier. Par £ux seuls, en tous lieux, la scène est occupée. Qu'à l'envi cependant, donnant dans l'épopée, Et mon épouse et moi nous ne lâchions par an, Moi , qu'un demi-poëme ; elle , que son roman : Vers nous, de tous côtés , nous attirons la foule. Voilà dans la maison l'or et l'argent qui roule ; Et notre esprit qui met , grâce à notre union , Le théâtre et la presse à contribution.

MONDOR

En bonne opinion vous êtes un rare homme ; Et, sur cet oreiller, vous dormez d'un bon somme, Mais un coup de sifflet peut vous réveiller. DAMis, lui faisant prendre enfin le papier.

Pars.

L'embarras où je suis mérite un peu d'égards.

78 LA MftTROMAME.

Une pièce affichée • une .nutie dans la tète ; Une où je joue ; une autre , ;i lire toute prête : Voilà de quoi , sans doute, avoir l'esprit tendu.

MONDOR

Dites un héritage et bien du temps de perdu.

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