A L'AMOUR
La nature en vain te seconde, En vain tout charme dans ta conr :
Revoie aux cieux , riant Amour î Ton règne n'est plus de ce monde.
En vain pour pénétrer nos âmes, Le plaisir aiguisa tes traits ; Elles se ferment à jamais A tes délicieuses flammes.
O temps heureux ou de la vie Toi seul tu faisais la douceur !
Temps heureux où le don d'un cœur En faisait deux dignes d'envie !
Alors une noble indolence, Méprisant la cupidité, Mettait aux pieds d'une beauté Les vains désirs de l'opulence.
A ta puissance légitime Tout dressait alors des autels ; Et c'était parmi les mortels A qui servirait de victime.
Les Destins, jaloux de ta gloire, En ont autrement ordonné ; Et de ce temps si fortuné Ne nous laissent que la mémoire.