STANCES, ODES
Flore, adieu, je prends la fuite ; Que ton règne était charmant !
Que ce temps a passé vite !
Qu'il reviendra lentement I
Ainsi parle à son amante.
Le tendre et léger Zéphyr :
Flore, abattue et mourante.
Le baise , et pousse un soupir.
Tiens , dit-elle au dieu volage , Pour te souvenir de moi , Du moins emporte ce gage De ta flamme et de ma foi.
Le présent fut agréable :
Ce gage était une fleur ,
Du beau couple enfant aimable,
Dernier fruit de leur ardeur.
L'enfant n'a vu qu'une aurore, Et déjà penche affaibli :
Gage, amour, tout s'évapore ; Le soir Flore est dans l'oubli.
Belle Daphné, la tendresse Veut un plus ferme lien :
Que le don de la déesse IN'e ressemblait-t-il au tien !
Ou plutôt (car l'iramortelle , Tôt ou lard, eût dû trembler) Que ne te ressemblait-elle!
Zéphyr m'eût pu ressembler.