‹ Œuvres choisies d'Alexis PironChapitre 210 sur 235 · DAGOBERT · texte numérisé non relu

DAGOBERT

CONTE

A tire d'aile un diable fendait l'air.

L 11 saint l'adjure et l'arrête. Eh ! de grâce !

^e m'arausez! dit le suppôt d'enfer.

Où vas-tu donc ? — Près d'un roi qui trépasse, Mais qui peut faire un bon ferme propos. »

Au diable adonc le saint donna campos , Puis ardemment il se mit en prières Pour que celte âme esquivât les chaudières Du faux glouton , qui reparaît bientôt, JNon pas aiégre et gai comme tantôt , Mais traînant l'aîle , et la queue , et la hanche , Penaud , maté , tout évêque d'Avranche.

De quoi le saint lui cria tout ravi : « Ah ! ah 1 le prince a dit son peccavi : — Non, dit le diable, et j'avais belle chance j De mon côté jà penchait la balance :

Dedans était maint beau cas réservé , Un cœur de sang et de pleurs abreuvé.

Foi violée, abattis de provinces, Incestes, rapts; tels autres jeux de princes : Je triomphais, lorsque, de l'autre part, Mon ange adverse a mis, pour le pendard, Une abbaye et soixante dix moines.

Gras , rebondis , ventrus comme chanoines ; Un contre-poids pareil à celui-là £ut emporté le double de fredaines.

i5.i POEMES

Bredouille ainsi le diable s'en alla.

Bénis soient Dieu , legs , moines et bedaines'.

LES DEUX ;TOx\]NEAUX,

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