CONTES ÉPIGRAMMATIQUES
Un financier près de sa fm Demandait pardon de sa vie :
Allez , dit père Passedn , Je vous la promets impunie Pourvu qu'à notre compagnie Léguiez vos biens par testament.
Le notaire entre en ce moment :
Le legs se fait ; du misérable Les biens allèrent au couvent, Le corps en terre, et l'âme au diable.
Chez un seigneur un moine étant, Le diable s'offrit à sa vue , Et dit . Je t'étrangle à l'instant , Ou tu feras l'un des trois : tue , Fornique, ou t'enivre; opte. Il but.
En buvant madame lui plut.
Le mari , qui faisait un somme , S'éveille, et voit le couple en rut, Veut Tenûler ; mais le saint homme Prend un chenet, frappe et l'assomme.
C'est où l'attendait Belzébut.
Chez un évèque on était douze à table ,
Entre un curé qu'on laisse là debout ,
Clonfus, piqué, donnant tout bas au diable
Les conviés , et le prélat surtout ;
(^>aand celui-ci , pour le pousser à bout,
Lui dit : curé , que dit-on pour nouvelles ?
En savez-vous ? Oui , Monseigneur : et quelles ?
Ma truie hier mit bas treize petits.
( )h ! c'est trop d'un, dirent nos gens assis ;
(.a mère en tout n'a que douze mamelles :
Qui nourrira le treizième ? 31a foi,
Répond le drôle aux douze heureux apôtres,
Qu'il s'accommode I il fera c^mme moi ,
Il verra , seul à jeun , dîner les autres.
Chez un curé , Margot se présentant Pour y servir, demandait triple gage.
Le curé dit : quel prix exorbitant !
Vous êtes donc bonne à plus d'un ouvrage? Margot répond : j'entends peu le ménage ; Mais à plaisir je mange , dors, et bois , Et n'aime à faire œuvre de mes dix doigts. Et dépensière oisive , et mal habile , Tu veux gagner toi seule autant que trois ? Oh I disons tout, monsieur , je suis stérile.