PORTRAIT DU DIABLE
11 a la peau d'ua rôt qui brûle ,
Le front cornu , Le nez fait comme une virgule ,
Le pied crochu , Le fuseau dont fdait Hercule,
Noir et tortu ; Et pour comble de lidicule,
La cjueue au eu.
Air : Ju|>in (lu grand malin.
Ce petit air badin , Ce transport soudain Marque un mauvais dessein.
Tout ce train i\Ie lasse à la fin :
De dessus mon sein Retirez cette main.
Que fait l'autre à mes pieds!
Vous essayez De passer le genou :
Ete&vous fou ?
Voulez vous bien finir ,
Et vous tenir 1 Il arrivera , monsieur , Un malheur.
Ahl c'est trop s'oublier!
Je vais crier • - Tout me manque à la fois;
Et force, et voix...
En entrant, ave z-vous Tiré du moins sur nous Les verroux?
Sur l'air': Des gris vêtus .
De Chrysogon ' Chantons l'organe.
Quel heureux poumon , Quand il condamne Voltaire, piron, EtCrébillon!
Pour le jargon ,
Voltaire est bon , .
3lais n'est, dit-il, au fond qu'un plag.aue : Piron , Pradon , Tous les deux font la pau-e ;
Pour Crébillon , Ce n'est qu'un prête-nom.
Là-dessus le café chamaille ; On raisonne, et Chrysogon braille :
Tout fuit à la force du ton.
De Chrysogon Chantons l'organe Et le poumon!
i BoinJin.
Que sert la voix truii Salonion Couverte des cris d'un âne?
Ainsi, faible ou non , Cédez , sinon Sa poitrine , comme un canon.
Vous décharge du galbanon.
De Chrysogon Chantons l'organe Et le poumon.
Sur l'air iln Caliin-calia.
Dans ma jeunesse , Cythère fut la cour Où je fis mon séjour :
Sur l'échelle d'Amour .le montais nuit et jour, Et remonlais sans cesse.
Aujourd'hui ce n'est plus cela.
Sérieux et grave , Du régime esclave , Je lis Boerhave , Descends dans ma cave , Et remonte cahin-caha, Et remonte cahin-caha.
Air à boire.
AiLOur , adieu pour la dernière fois.
Que Bacchus avec toi partage la victoire : La moitié de ma vie a coulé sous tes lois ; J'en passerai le reste à boire.
Tu voudrais m'arrêter en vain ; Narjue d'Iris et de ses charmes ; Ton funeste flambeau s'est éteint dans mes larmes; Qne celui de mes jours s'éteigne dans le vin.