‹ Œuvres choisies d'Alexis PironChapitre 230 sur 235 · PORTRAIT DU DIABLE · texte numérisé non relu

PORTRAIT DU DIABLE

11 a la peau d'ua rôt qui brûle ,

Le front cornu , Le nez fait comme une virgule ,

Le pied crochu , Le fuseau dont fdait Hercule,

Noir et tortu ; Et pour comble de lidicule,

La cjueue au eu.

Air : Ju|>in (lu grand malin.

Ce petit air badin , Ce transport soudain Marque un mauvais dessein.

Tout ce train i\Ie lasse à la fin :

De dessus mon sein Retirez cette main.

Que fait l'autre à mes pieds!

Vous essayez De passer le genou :

Ete&vous fou ?

Voulez vous bien finir ,

Et vous tenir 1 Il arrivera , monsieur , Un malheur.

Ahl c'est trop s'oublier!

Je vais crier • - Tout me manque à la fois;

Et force, et voix...

En entrant, ave z-vous Tiré du moins sur nous Les verroux?

Sur l'air': Des gris vêtus .

De Chrysogon ' Chantons l'organe.

Quel heureux poumon , Quand il condamne Voltaire, piron, EtCrébillon!

Pour le jargon ,

Voltaire est bon , .

3lais n'est, dit-il, au fond qu'un plag.aue : Piron , Pradon , Tous les deux font la pau-e ;

Pour Crébillon , Ce n'est qu'un prête-nom.

Là-dessus le café chamaille ; On raisonne, et Chrysogon braille :

Tout fuit à la force du ton.

De Chrysogon Chantons l'organe Et le poumon!

i BoinJin.

Que sert la voix truii Salonion Couverte des cris d'un âne?

Ainsi, faible ou non , Cédez , sinon Sa poitrine , comme un canon.

Vous décharge du galbanon.

De Chrysogon Chantons l'organe Et le poumon.

Sur l'air iln Caliin-calia.

Dans ma jeunesse , Cythère fut la cour Où je fis mon séjour :

Sur l'échelle d'Amour .le montais nuit et jour, Et remonlais sans cesse.

Aujourd'hui ce n'est plus cela.

Sérieux et grave , Du régime esclave , Je lis Boerhave , Descends dans ma cave , Et remonte cahin-caha, Et remonte cahin-caha.

Air à boire.

AiLOur , adieu pour la dernière fois.

Que Bacchus avec toi partage la victoire : La moitié de ma vie a coulé sous tes lois ; J'en passerai le reste à boire.

Tu voudrais m'arrêter en vain ; Narjue d'Iris et de ses charmes ; Ton funeste flambeau s'est éteint dans mes larmes; Qne celui de mes jours s'éteigne dans le vin.

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